Affiché le vendredi, 1 mai 2009
Il y a 90 ans, le 1er mai, les gens de métier de la métallurgie et de la construction de Winnipeg en ont eu assez.
Ils en ont eu assez d'essayer de joindre les deux bouts avec un salaire inadéquat ravagé par l'inflation massive qui a suivi la Première Guerre mondiale.
Ils en ont eu assez de voir leurs demandes légitimes ignorées.
Ils en ont eu assez qu'on leur manque de respect.
Ils ont donc débrayé, pour être bientôt rejoints par d'autres travailleuses et travailleurs, syndiqués et non syndiqués. C'est à ce moment que le Congrès du travail et des métiers de Winnipeg, se faisant le porte-parole de l'ensemble des travailleuses et travailleurs de la ville, a déclaré la première grève générale du Canada.
Déjà, le 15 mai, à peu près toute la population active de Winnipeg était en grève.
La grève a duré six semaines et elle a montré au pays et au reste du monde que le pouvoir appartient aux travailleuses et travailleurs qui agissent d'un même mouvement solidaire.
Elle a montré qu'en agissant ensemble, c'est possible d'exiger et d'obtenir le respect.
C'est dans la violence, grâce aux forces de l'ordre et aux fiers à bras embauchés par l'élite richissime de la ville, que la grève a pris fin et que ses leaders ont été mis sous les verrous.
Toutefois, les tribunaux ont eu beau condamner des leaders comme J.S. Woodsworth à des peines d'emprisonnement, ils n'ont pas réussi à mettre leurs idéaux derrière les barreaux et à les empêcher de circuler.
Notre mouvement syndical moderne a donc vu le jour à Winnipeg. Tous les travailleurs et travailleuses qui jouissent des avantages de la syndicalisation de nos jours ont une dette envers ces braves consoeurs et confrères - les travailleuses et travailleurs de Winnipeg.
Jamais nous ne pourrons oublier les sacrifices de ceux et celles qui nous ont précédés dans le mouvement syndical canadien.
Jamais nous ne pourrons oublier que les droits syndicaux ne nous ont pas été donnés - nous avons dû nous battre âprement pour les obtenir.
Jamais nous ne pourrons oublier que la cause qu'ont défendue les travailleuses et travailleurs de la grève générale de Winnipeg, c'est la même que celle que nous défendons aujourd'hui, la raison qui fait que nous nous syndiquons.
Faire la grève n'est pas une décision que les syndicats prennent à la légère ou dont ils sous-estiment les conséquences.
Par contre, le droit des travailleuses et travailleurs de refuser de fournir l'effort du travail est un droit humain fondamental.
Nous nous battons pour que le droit de grève soit reconnu au Canada et à travers le monde.
Et en ce jour, nous rendons hommage aux braves travailleuses et travailleurs qui ont montré à Winnipeg et au reste du Canada que le droit de grève est plus fort que les matraques des policiers, qu'il est plus puissant que la violence, qu'il ne peut pas nous être retiré en adoptant des lois, en emprisonnant nos leaders ou en menaçant les travailleuses et travailleurs.
C'est la leçon à tirer de la grève générale de Winnipeg et c'est une leçon que le mouvement syndical n'oubliera jamais.
Cliquez ici pour lire ce que les syndicats internationaux disent sur le 1er mai.

C’était un 1er mai, il y a 90 ans