Affiché le jeudi, 13 août 2009
Guadalajara, Mexique les 9 et 10 août 2009
L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) a défini dans une grande mesure les relations entre les pays d’Amérique du Nord depuis quinze années. L’ALENA a été adopté parce qu’il promettait de créer des emplois et de meilleurs emplois dans la région et de réduire l’émigration du Mexique aux États-Unis et au Canada. Les flux de commerce et d’investissement ont bel et bien augmenté mais l’ALENA n’a pas donné à une augmentation nette des emplois, et les emplois qu’il a créés étaient souvent moins stables et comportaient des salaires plus bas et moins d’avantages sociaux que ceux qui ont été éliminés. L’augmentation du commerce a par contre profité énormément aux élites patronales des trois pays. L’inégalité des revenus a augmenté dans toute la région. Nous croyons que les dispositions de l’ALENA sur la libéralisation et les droits des investisseurs ont contribué grandement à l’obtention de ces résultats.
Les difficiles conditions sociales et économiques ont été aggravées par l’actuelle crise économique, précipitée par les politiques néolibérales et la déréglementation de la finance internationale. Qui plus est, la récession mondiale risque d’être longue et pénible. Toutefois, la crise actuelle donne l’occasion de remettre en cause les doctrines, les arrangements et les institutions économiques courants et de collaborer à accroître la prospérité commune en mettant en œuvre une stratégie de développement économique et social. Il faut s’attaquer aux problèmes par une procédure ouverte à laquelle participent les travailleurs et travailleuses et les syndicats.
Nos gouvernements devront prendre des mesures pour s’attaquer à la crise économique, par exemple en adoptant des stimulants financiers répondant à des priorités nationales, y compris celles de rebâtir notre infrastructure et d’opter pour des sources d’énergie propres et renouvelables, de recommencer à réglementer le secteur financier, de réformer les lois sur le travail, de renforcer les services publics, de réduire l’inégalité et de régler la crise du logement qui s’éternise. De plus, nous devons coordonner les politiques économiques internationales de façon concertée. À cette fin, les États-Unis, le Canada et le Mexique peuvent jouer un important rôle sur les plans régional et mondial.
Nous croyons que la population de l’Amérique du Nord a la possibilité de renforcer ses liens communs et de participer à une prospérité économique partagée par un grand nombre de personnes. Le comblement des lacunes de l’ALENA n’est qu’une partie du défi que nous devons relever. Nous devons en outre collaborer dans un certain nombre de dossiers pressants comprenant la réforme du droit du travail, la migration ainsi que le développement et la promotion de la primauté du droit.
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Déclaration syndicale trinationale à l’occasion du Sommet des leaders de l’ALENA