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Égypte – Droits syndicaux

Affiché le jeudi, 8 septembre 2011

Le Congrès du travail du Canada a écrit au Premier ministre égyptien Essam Sharaf pour lui faire part de son inquiétude concernant le non-respect persistant des droits syndicaux en Égypte. Bien que des changements importants soient désormais en train de se produire, le mouvement syndical mondial reste, cependant, profondément inquiet face au maintien de deux lois qui restreignent sévèrement les libertés syndicales, à savoir la loi syndicale nº 35/1976 et le décret nº 34/2011, qui criminalise les grèves.

Veuillez voir la lettre ci-dessous.

M. Essam Sharaf Courriel : pm@cabinet.gov.eg
Premier ministre Fax: +202-2795-8048
Magless El Shaàb Street
Al Kasr El Einy
Le Caire, Égypte

Objet : Égypte – Droits syndicaux

Monsieur le Premier ministre,

Je vous écris au nom des 3,2 millions de membres du Congrès du travail du Canada (CTC) pour vous faire part de notre inquiétude concernant le non-respect persistant des droits syndicaux en Égypte. Depuis des années, les travailleurs ont lutté pour l'instauration du travail décent dans un pays où les bas salaires et les conditions de travail déplorables étaient la norme. L’absence quasi-totale de syndicats indépendants a rendu tout changement extrêmement difficile, laissant des millions de travailleurs et travailleuses pratiquement sans espoir d’une vie meilleure.

Des changements importants sont désormais en train de se produire. Au début du mois, le gouvernement provisoire a dissous le conseil exécutif de la Fédération égyptienne des syndicats (ETUF), mettant effectivement fin à l’hégémonie du syndicat officiel et créant par là-même une ouverture pour la formation et l’activité de syndicats indépendants. Récemment, le gouvernement provisoire a aussi institué un nouveau salaire minimum de 700 LE, effectif à partir d’octobre 2011, qui s’appliquera à une majorité d’employeurs dans pratiquement tous les secteurs. Ce sont là des mesures bienvenues.

Nous restons, cependant, profondément inquiets face au maintien de deux lois qui restreignent sévèrement les libertés syndicales, à savoir la loi syndicale nº 35/1976 et le décret nº 34/2011, qui criminalise les grèves. Je crois comprendre que le ministre du Travail a récemment fait circuler un nouveau projet de loi sur la liberté d’association. Nous vous exhortons à vous assurer que cette loi est pleinement conforme aux Conventions 87 et 98 de l’Organisation internationale du travail et est le fruit d’une consultation exhaustive avec les partenaires sociaux – y compris, bien entendu, les syndicats indépendants.

Les travailleurs et travailleuses d’Égypte ont attendu bien trop longtemps de voir leurs droits fondamentaux réalisés dans la loi comme dans la pratique. Nous espérons sincèrement qu’ils n’auront pas à attendre beaucoup plus longtemps.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de mes sentiments distingués.

Le président,
Kenneth V. Georgetti