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Ken Georgetti écrit au Premier ministre concernant l'amiante chrysotile et la Convention de Rotterdam

Affiché le lundi, 20 juin 2011

Monsieur le Premier ministre,

Pendant la cinquième session de la Conférence des parties à la Convention de Rotterdam, les 143 pays qui ont ratifié la Convention détermineront si l’amiante chrysotile sera inscrit à la liste des substances dangereuses dressée en vertu de la Convention.

Les conclusions scientifiques sont claires. Le Comité d’examen des produits chimiques, comité d’experts de la Convention de Rotterdam qui comprend 31 scientifiques de différents pays incluant le Canada, a recommandé unanimement à maintes reprises que l’amiante chrysotile soit inscrit à la liste des substances nécessitant un consentement préalable donné en connaissance de cause. Des conseillers principaux de Santé Canada ont fait écho à la recommandation. L’amiante compte parmi les substances dangereuses reconnues dans la législation canadienne. L’évacuation de l’édifice de l’ouest du Parlement pour des raisons de sécurité afin que l’amiante (amosite et chrysotile) en soit retiré, l’enlèvement de l’amiante dans votre résidence du 24, promenade Sussex et les décès attribuables à des mésothéliomes, au cancer du poumon et à l’amiantose causés par l’amiante dont le nombre augmente chaque année au Canada devraient clairement nous rappeler les dangers de l’amiante chrysotile.

Malgré les conclusions scientifiques et le nombre des décès survenus sur son territoire, il y a plus de sept ans que le Canada s’oppose avec une poignée d’autres pays à l’assujettissement de l’amiante chrysotile à la Convention de Rotterdam à la seule fin de protéger l’industrie de l’amiante au détriment de la protection de la santé dans le monde entier. Puisque nous reconnaissons les dangers de l’amiante chrysotile au Canada et que nous exportons le chrysotile à des pays en développement, comment pouvons-nous nier le droit de ces pays de connaître les dangers de l’amiante chrysotile ? La position de votre gouvernement est une gênante entorse aux valeurs du Canada.

Le gouvernement du Canada doit reconnaître les preuves présentées par les spécialistes et suivre leur conseil en voyant à ce que l’amiante chrysotile soit assujetti à la Convention de Rotterdam. De plus, le gouvernement devrait appuyer l’interdiction de toute production d’amiante, aider à la transition des travailleurs et travailleuses intéressés et cesser d’apporter une aide financière à une industrie toxique qui tue en moyenne quatre-vingt-dix mille personnes par année.

Au nom des millions de personnes habitant des pays en développement qui ne possèdent pas les connaissances nécessaires pour traiter de façon sécuritaire ce cancérogène mortel, nous vous implorons de voir à ce que l’amiante soit inscrit à la liste des substances nécessitant un consentement préalable donné en connaissance de cause et de revenir sur la honteuse position du Canada au sujet de l’amiante.

Agréez, Monsieur le Premier ministre, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Kenneth V. Georgetti
Président
Congrès du travail du Canada