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Répression antisyndicale à Bahreïn

Affiché le jeudi, 1 septembre 2011

Le Congrès du travail du Canada se joint à la Confédération syndicale internationale pour exiger la libération immédiate des leaders syndicaux qui doivent comparaître devant un tribunal militaire la semaine prochaine et la réintégration de tous les travailleurs et travailleuses licenciés illégalement.

Les autorités de Bahreïn intensifient la répression exercée à l’encontre du mouvement syndical du pays, en procédant à de nouveaux licenciements et suspensions de travailleurs et travailleuses en raison de leur participation réelle ou soupçonnée aux actions syndicales et politiques plus tôt cette année. Cette année, quelque 2 600 travailleurs et travailleuses tant du secteur public que privé ont été licenciés, et 361 autres ont été suspendus. Les fonctionnaires sont particulièrement visés, notamment dans le secteur de la santé, de l’éducation et dans les services municipaux.

Pour plus de renseignements, veuillez lire la lettre en annexe envoyée à l’ambassadrice de Bahreïn à Washington.

Son Excellence Madame Houda Ezra Ebrahim Nonoo
Ambassadrice du Royaume de Bahreïn
Ambassade du Royaume de Bahreïn
3502 International Drive NW
Washington, DC 20008
États-Unis

Madame l’ambassadrice,

Le Congrès du travail du Canada, qui représente 3,2 millions de travailleurs et travailleuses canadiens, exige la libération immédiate de la vice-présidente de l’Association des enseignants de Bahreïn, Jalila al Salman, et de la responsable de la Société des infirmières de Bahreïn, Roula al-Saffar, qui doivent comparaître devant un tribunal militaire la semaine prochaine bien que toutes deux soient civiles. Il est fort peu probable qu’elles aient droit à un jugement équitable sur les chefs d’accusation douteux liés aux protestations de cette année. Elles n’ont été libérées sous caution que récemment à la suite d’un emprisonnement pendant plusieurs mois, durant lequel elles auraient été soumises à des tortures et à des traitements dégradants durant leur détention.

Les autorités de Bahreïn intensifient la répression exercée à l’encontre du mouvement syndical du pays, en procédant à de nouveaux licenciements et suspensions de travailleurs et travailleuses en raison de leur participation réelle ou soupçonnée aux actions syndicales et politiques plus tôt cette année. Les fonctionnaires sont particulièrement visés, notamment dans le secteur de la santé, de l’éducation et dans les services municipaux, dans la mesure où les autorités cherchent à nettoyer le secteur public en visant les travailleurs et travailleuses exprimant des opinions politiques que le gouvernement n’approuve pas.

Les licenciements ont, en effet, augmenté depuis juin et les fonctionnaires qui font l’objet de licenciements déclarent avoir été contraints de comparaître devant un conseil disciplinaire sans aucune possibilité d’organiser une défense quelle qu’elle soit. Il va de soi que les résultats de ces auditions sont prédéterminés. Le ministre du Travail de Bahreïn, Jamil Humaidan, a décliné toute responsabilité en ce qui concerne le secteur public, donnant effectivement le feu vert aux licenciements en cours.

Cette année, quelque 2 600 travailleurs et travailleuses tant du secteur public que privé ont été licenciés, et 361 autres ont été suspendus. En dépit des nombreuses promesses affirmant le contraire, le gouvernement n’a pas réintégré les travailleurs et travailleuses licenciés illégalement. Selon la Fédération générale des syndicats de Bahreïn (GFBTU), seuls 134 travailleurs et travailleuses ont été réintégrés à ce jour. Un grand nombre de ces travailleurs avaient été contraints d’accepter des conditions inacceptables, et en effet illégales, afin de récupérer leur emploi – notamment en acceptant de ne pas prendre part à de futures activités politiques, en renonçant au droit de participer à des actions en justice contre le gouvernement et en acceptant de ne plus adhérer à leur syndicat.

Six membres du Conseil exécutif de la GFBTU sont toujours licenciés ainsi que 44 membres du Conseil exécutif de syndicats affiliés à la GFBTU.

Les syndicalistes emprisonnés doivent être libérés sans délai, et tous les travailleurs et travailleuses licenciés illégalement doivent être réintégrés. Au lieu de maintenir leur approche destructive et répressive, les autorités devraient entamer un dialogue constructif avec la GFBTU afin de régler des questions pressantes, notamment la création d’emplois, les relations de travail et un plus vaste programme de réelles réformes.

Je vous prie d’accepter, Madame l’ambassadrice, l’expression de mes sentiments distingués.

Le président,

 

Kenneth V. Georgetti

c. c. Sharan Burrow, CSI
Dirigeant et dirigeantes, adjoint et adjointe