Affiché le mercredi, 4 août 2010
par Ken Georgetti
Les premiers ministres provinciaux et territoriaux se réuniront à Winnipeg du 4 au 6 août et les Canadiens et Canadiennes veulent qu’ils s’engagent à améliorer le Régime de pensions du Canada et le Régime de rentes du Québec.
Il y a bel et bien une crise des pensions au Canada. La plupart des gens n’épargnent pas suffisamment pour vivre leur retraite à l’aise. 61,5 % des travailleurs et travailleuses (11 millions de personnes) ne sont pas assujettis à un régime de retraite offert par l’employeur et le tiers des travailleurs et travailleuses canadiens de 24 à 64 ans n’ont pas du tout d’épargne-retraite personnelle. Une légère majoration des cotisations au RPC assurerait des milliers de dollars de prestations de plus par année aux travailleurs et travailleuses retraités de demain.
Depuis un an, des milliers de Canadiens et de Canadiennes se sont efforcés de convaincre les chefs politiques que le meilleur moyen d’aider les travailleurs et les travailleuses actuels à épargner suffisamment en vue de leur retraite est de majorer ce que tous les bénéficiaires tirent du RPC. La campagne porte fruit. En mai, les maires et les conseillers et conseillères municipaux ont adopté, pendant le congrès de la Fédération canadienne des municipalités, une résolution appelant à l’amélioration du RPC. La majorité des ministres des Finances du Canada réunis dans l’Île-du-Prince-Édouard en juin ont indiqué qu’ils étaient favorables à l’amélioration du RPC.
Le RPC est un régime sûr, stable et efficace. Il couvre 93 % des travailleurs et travailleuses canadiens, prévoit des droits à pension transférables d’un emploi à l’autre et d’une province à l’autre et permet de suivre l’inflation. Le RPC est financé par les travailleurs et travailleuses et leurs employeurs et il est administré de façon indépendante ne coûtant rien au gouvernement.
Le Congrès du travail du Canada propose de doubler les prestations du RPC d’après le nombre d’années pendant lesquelles le travailleur ou la travailleuse a versé des cotisations accrues. Par exemple, selon le plan du mouvement syndical, le travailleur ou la travailleuse de 28 ans qui paierait des cotisations supérieures pendant 37 années avant d’atteindre l’âge de 65 ans recevrait une pension du RPC d’environ 1 772 $ par mois. En l’absence du plan du mouvement syndical, la même personne ne recevrait qu’à peu près 886 $ par mois.
Le RPC assure une épargne-retraite de premier ordre à bas coût. Il coûterait environ 9 cents par heure au travailleur ou à la travailleuse gagnant 47 200 $ ou plus par année de doubler ses prestations futures du RPC. C’est 3,57 $ de plus par semaine au cours de chacune des sept années de mise en oeuvre échelonnée de la hausse que nous proposons. Le travailleur ou la travailleuse gagnant 30 000 $ par année paierait environ 6 cents par heure ou 2,27 $ par semaine de plus pendant chacune des sept années de la période de mise en oeuvre progressive : c’est à peu près le prix d’un café de format moyen et d’un beigne chez Tim Horton.
Depuis que les faits ont convaincu une majorité des ministres des Finances du Canada d’appuyer notre plan d’expansion du RPC, des groupes d’intérêts spéciaux et l’industrie financière propagent des mythes à son sujet.
Certains ont dit qu’il faudrait doubler les cotisations au RPC pour doubler les prestations futures. La réalité est qu’il est possible de doubler les prestations futures grâce à de légères majorations annuelles des cotisations échelonnées sur une période de sept années.
Un deuxième mythe est que le plan du mouvement syndical à l’égard du RPC revient à une taxe éliminatrice d’emplois. La réalité est que les cotisations au RPC ne sont pas une taxe. Elles constituent de l’épargne, soit un investissement des travailleurs et travailleuses et de leurs employeurs dans un régime de pensions sûr qui est sain et réputé dans le monde entier.
De plus, il y a des preuves selon lesquelles les cotisations au RPC ne découragent pas les employeurs d’engager des travailleurs et des travailleuses. En 1993, quand les taux de cotisation au RPC ont été majorés pour voir à ce que le régime soit solide pour toutes les futures personnes retraitées, le taux de chômage national était de 11,4 %. Pendant que le taux de cotisation de 2,5 % des gains admissibles augmentait, le taux de chômage du Canada baissait. En 2003, quand le taux de cotisation au RPC a atteint son niveau actuel de 4,95 %, le taux de chômage n’était plus que de 7,6 %.
Un autre mythe diffusé est que l’amélioration du RPC pénaliserait les travailleurs et les travailleuses les plus jeunes parce qu’il faudrait qu’ils financent l’amélioration des prestations des plus âgés. C’est tout simplement faux. Le doublement des prestations futures du RPC que nous projetons serait financé d’avance au fur et à mesure. Les prestations seraient fondées sur le nombre d’années pendant lequel le travailleur ou la travailleuse aurait versé les cotisations majorées. En fait, les jeunes travailleurs et travailleuses sont ceux qui bénéficieraient le plus de la mise en oeuvre de notre plan.
Depuis un an, la sécurité de la retraite a fait l’objet d’un débat exhaustif au Canada. Il n’y a pas de prétexte qui vaille pour retarder l’amélioration du Régime de pensions du Canada. La population canadienne veut que les premiers ministres provinciaux et territoriaux voient sans plus tarder à améliorer le RPC.

Population canadienne aux premiers ministres provinciaux et territoriaux : améliorons le RPC sans plus tarder