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Comment s’assurer un coussin plus gros et plus sûr : la bonification du RPC est le meilleur moyen de voir à ce que les Canadiennes et Canadiens puissent vivre leur retraite à l’aise

Affiché le dimanche, 13 juin 2010

Article de Ken Georgetti, publié dans The Toronto Star le 13 juin 2010 

La campagne nationale menée par le mouvement syndical et des groupes citoyens pour améliorer le Régime de pensions du Canada et le Régime des rentes du Québec porte fruit.

Nous avons indiqué à maintes reprises aux chefs politiques que l’amélioration du RPC est de loin le meilleur moyen de garantir la sécurité de la retraite aux Canadiennes et aux Canadiens, et nos chefs commencent à comprendre le message.

Les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux des Finances discutent des pensions depuis environ un an et ils se réuniront dans l’Île-du-Prince-Édouard aujourd’hui et demain pour déterminer quel sera la prochaine étape. Nous sommes heureux que certains des ministres aient annoncé qu’ils appuieront l’amélioration du RPC. Jim Flaherty, ministre fédéral, et Dwight Duncan, ministre des Finances de l’Ontario, ont déclaré la semaine dernière qu’ils étaient en faveur de l’amélioration du RPC et ils l’ont fait savoir aux autres ministres des Finances.

Les propositions du CTC ont reçu un coup de pouce dernièrement quand les maires et les conseillères et conseillers municipaux ont adopté, pendant le congrès de la Fédération canadienne des municipalités, une résolution appelant à l’expansion du système de pensions publiques du Canada.

Ces chefs, y compris les maires David Miller de Toronto et Gregor Robertson de Vancouver ainsi que les maires et conseillères et conseillers municipaux d’Alberta et d’ailleurs, sont plus proches de leurs commettants et commettantes que les hommes et femmes politiques de tout autre palier de gouvernement. Ils constatent directement les difficultés qu’éprouvent leurs communautés et leurs budgets quand les personnes âgées vivent dans la pauvreté. C’est pourquoi ils appuient la proposition du mouvement syndical.

Il y a bel et bien une crise des pensions au Canada. La plupart d’entre nous n’épargnent pas suffisamment pour vivre leur retraite à l’aise. Le tiers des travailleuses et travailleurs canadiens de 24 à 64 ans n’ont pas du tout d’épargne-retraite personnelle et 61,5 % des travailleurs et travailleuses (11 millions de personnes) ne sont pas assujettis à un régime de retraite offert par l’employeur. Il y a 1,6 million de personnes âgées qui vivent dans la pauvreté.

La situation est grave, mais il y a des solutions possibles. L’amélioration du RPC est le moyen le plus sûr, le plus facile et le plus stable de permettre aux Canadiennes et Canadiens d’épargner en vue de répondre à leurs besoins pendant leur retraite. Le RPC est financé entièrement à l’aide des cotisations des travailleurs et travailleuses et de leurs employeurs. Il couvre tous les travailleurs et les travailleuses du Canada, et ses prestations sont transférables, peu importe où les gens travaillent et le nombre de fois qu’ils changent d’emploi.

Le régime est fondé sur des bases financières solides et ses décisions sur les investissements sont prises par un conseil indépendant. Les frais d’administration des pensions du RPC sont les plus bas du Canada : ils sont de moins de 0,5 %. C’est infiniment moins que les frais de 2,5 % imposés par la plupart des fonds communs de placement. Les 2 % supplémentaires des frais d’administration des fonds communs de placement grugeront au total 40 % des cotisations de l’investisseur. Où préféreriez-vous placer votre argent?

Le RPC nous servira quand nous prendrons notre retraite et il servira à nos enfants quand ils prendront la leur. Le problème, c’est qu’à son adoption au cours des années 1960, le régime n’était censé remplacer qu’environ le quart du salaire antérieur au cours de la retraite. Le secteur privé était censé offrir des régimes de retraite professionnels assurant des suppléments. Il n’a pas tenu cette promesse, et cela n’a rien d’étonnant.

Le salaire moyen actuel est d’à peu près 41 000 $ par année au Canada et la prestation maximale du RPC est d’environ 11 500 $. Notre proposition visant à accroître peu à peu les prestations du RPC pour les porter à plus de 21 000 $ par année est une solution financièrement judicieuse et pratique à apporter à la crise de la sécurité de la retraite. L’augmentation des prestations serait échelonnée et elle serait financée grâce à une légère majoration des cotisations des travailleurs et travailleuses et des employeurs. Pour une personne gagnant 30 000 $ par année, la majoration ne correspondrait qu’à 6 cents par heure de travail.

L’augmentation des prestations profiterait le plus aux jeunes travailleurs et travailleuses, mais les travailleuses et les travailleurs plus vieux en bénéficieraient également. La combinaison d’un RPC amélioré aux prestations actuelles de la Sécurité de la vieillesse et à un Supplément de revenu garanti accru pour les personnes âgées à faible revenu ferait augmenter considérablement les revenus des personnes qui sont actuellement à la retraite.

Les ministres des Finances ne devraient pas laisser passer cette occasion en or. Nous savons que les banques et les entreprises de services financiers font de fortes pressions politiques afin de ne pas perdre du terrain à cause d’une expansion du système public qui serait fondée sur l’amélioration du RPC.

Ces groupes d’intérêts spéciaux dominent le débat sur les pensions depuis trop longtemps. Le défi consiste à s’assurer que la voix des Canadiens et Canadiennes ordinaires l’emporte sur celle d’une industrie financière qui a un intérêt étroit à maintenir le statu quo.

Nous vivons un moment important de l’histoire du Canada, qui ressemble beaucoup à celle du débat sur les soins de santé tenu pendant les années 1960. Les Canadiens et les Canadiennes peuvent être obligés de tenter d’assurer eux-mêmes la sécurité de leur retraite à l’aide des produits à frais élevés qu’offre l’industrie des REER ou ils peuvent bénéficier d’un système amélioré de pensions publiques reposant sur le RPC, qui est financièrement solide et reconnu efficace. Espérons que nos ministres des Finances comprendront le message. Il n’y a plus de prétexte pour retarder davantage la réforme des pensions.

 

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