Affiché le jeudi, 16 décembre 2010
Par Ken Georgetti
Les Canadiens et les Canadiennes sont de plus en plus inquiets au sujet de la sécurité de leur retraite, et à juste titre.
Au moins 60 % des travailleurs et travailleuses ne sont pas assujettis à un régime de retraite professionnel et le tiers des Canadiens et Canadiennes de 24 à 64 ans n’a aucune épargne-retraite personnelle.
En outre, plus de 1,6 million de Canadiens et de Canadiennes âgés vivent dans la pauvreté, de revenus inférieurs à 16 000 $ par année.
Ces faits devraient inquiéter énormément les ministres des Finances du Canada qui se réuniront à Kananaskis, en Alberta, plus tard en décembre.
La solution que l’industrie des services financiers propose d’apporter à la crise, soit les régimes enregistrés d’épargne-retraite, n’est tout simplement pas valable.
Seul un contribuable sur quatre a porté des fonds à des REER en 2008. Cela aide à comprendre pourquoi les droits de cotisation inutilisés ont été d’un massif demi-billion de dollars pour cette année-là.
Puisque les salaires des personnes à revenu moyen stagnent depuis 25 ans et que la valeur réelle des salaires des personnes à faible revenu diminue, la difficulté qu’ont les gens à économiser par eux-mêmes n’a rien d’étonnant.
De plus, les trois effondrements des marchés boursiers survenus en quinze ans (1997, 2002 et 2008) ont rendu le commun des mortels peu disposé à risquer de perdre la sécurité de sa retraite sur Wall Street ou Bay Street.
Même si les REER, les fonds communs de placement et le marché boursier n’a pas permis de satisfaire aux besoins des personnes retraitées, les secteurs des finances et de l’assurance continuent de demander aux gouvernements de subventionner encore davantage leurs produits et indirectement les frais de gestion – parmi les plus élevés du monde – qu’ils imposent à l’égard de leurs produits de placement en vue de la retraite qui ne font pas le poids.
Le Congrès du travail du Canada a une bien meilleure idée. De concert avec des groupes de personnes âgées, d’étudiantes et d’étudiants et de citoyennes et citoyens, le CTC mène depuis un an une campagne en vue de doubler peu à peu les prestations du Régime de pensions du Canada et du Régime de rentes du Québec en tant que meilleur moyen d’assurer la sécurité de la retraite à tous.
Une faible majoration des cotisations à ces régimes engendrera des milliers de dollars de prestations de plus par année pour les travailleurs et les travailleuses qui prendront leur retraite. Si nous échelonnons une faible majoration des cotisations sur sept années, cela permettrait de doubler les prestations maximales.
Cela hausserait le seuil des pensions de tous les travailleurs et les travailleuses en le faisant passer de l’actuel montant de 11 200 $ par année à la somme beaucoup plus vivable de 22 400 $. Le coût du projet a été déterminé par un ancien actuaire en chef du Régime de pensions du Canada, et le projet est réalisable.
Un nombre grandissant de personnes s’entendent pour dire que la bonification du RPC est le meilleur moyen de garantir la sécurité financière à tous les travailleurs et les travailleuses qui prendront leur retraite.
La plupart des ministres des Finances ont convenu pendant leur réunion de juin 2010 que la meilleure manière d’aller de l’avant consiste à hausser les prestations du RPC. Les maires et les conseillers municipaux réunis pendant l’assemblée annuelle de la Fédération canadienne des municipalités en mai ont incité à l’amélioration du RPC.
Et le projet a nettement l’appui du public canadien, 78 % des répondantes et répondants à un sondage Environics réalisé en octobre 2010 s’étant prononcés en faveur de l’augmentation des prestations du RPC.
Qui n’appuie pas le projet ? Les banques, les institutions financières et les compagnies d’assurance qui ont tiré d’énormes profits de la vente de REER et qui ont intérêt à décourager la réforme.
Or, les gouvernements doivent écouter les Canadiens et les Canadiennes ordinaires, qui comprennent qu’il n’y a pas d’option plus simple, plus universelle et moins coûteuse que d’élargir le RPC.
La plupart des ministres des Finances conviennent qu’ils doivent passer de l’engagement à l’action et ne pas manquer l’occasion qui se présente.
Il est temps de voir à ce que tous les Canadiens et les Canadiennes puissent prendre leur retraite en sécurité et dans la dignité pour des générations et des générations.
Ken Georgetti est le président du Congrès du travail du Canada, qui compte 3,2 millions de membres.

Consensus grandissant sur l’élargissement du Régime de pensions du Canada