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La fête du Travail nous rappelle que les syndicats font une différence

Affiché le mardi, 8 septembre 2009

par Ken Georgetti

Le lundi 7 septembre, les travailleuses et travailleurs canadiens célébreront nos réalisations économiques et sociales comme chaque année depuis la création de la fête du Travail comme jour férié en 1894. Au cours des 115 dernières années, nous avons été fiers de bien des choses malgré les guerres mondiales, les épidémies planétaires et les autres périodes difficiles que nous avons affrontées, souvent à grands frais. Nous avons lutté contre des employeurs et des gouvernements de droite pour notre propre droit d’exister, de négocier collectivement et d’améliorer les salaires et les conditions de travail de nos membres. Cette année encore, nous faisons face à des défis spectaculaires.

Jamais depuis la grande dépression des années 1930 n’avions-nous vu des pertes d’emploi aussi importantes conjuguées à la cupidité des entreprises, poussant l’économie mondiale au bord du gouffre. Les industries, qui tout récemment encore formaient le noyau de nombreuses économies locales, se sont effondrées sous la pression. Les travailleuses et travailleurs paient le prix d’une crise économique que nous n’avons aucunement causée. Plus de 1,5 million de travailleuses et travailleurs canadiens a perdu leur emploi et nombre d’entre eux doivent se débrouiller seuls. Le surplus du Régime d’AE a atteint le montant stupéfiant de 57 milliards de dollars, mais seulement environ 50 % des sans-emploi canadiens reçoivent vraiment des prestations.

Le chômage est désastreux pour les travailleuses et travailleurs et leur famille, mais il nuit aussi à nos communautés parce que les sans-emploi ont moins d’argent à dépenser dans leur épicerie locale ou chez leur mécanicien. Ces travailleuses et travailleurs n’arrivent pas à payer leur loyer ou à se recycler et se former pour de nouveaux emplois dans cette économie en mutation. Cependant, le gouvernement conservateur fédéral refuse de rendre des centaines de milliers de chômeuses et chômeurs canadiens admissibles à l’AE. C’est pourquoi le Congrès du travail du Canada, de concert avec nos syndicats affiliés et conseils locaux du travail, mène une campagne afin de donner l’accessibilité à l’AE à tous les travailleurs et travailleuses qui en ont besoin.

La tempête économique qui a fait rage sur notre pays a mis en évidence certaines failles dangereuses. Ébranlés par la perte de leur emploi, les gens ont également été témoins de la disparition de leurs pensions et revenus de retraite lors de l’effondrement de la bourse et la faillite des entreprises. Le printemps dernier, un éminent économiste bancaire a confirmé ce que bien d’autres soupçonnaient depuis des années. La plupart d’entre nous n’auront probablement pas assez d’économies pour subvenir à nos besoins à la retraite. Plus de 60 % des travailleuses et travailleurs canadiens n’ont pas de régime de retraite de leur employeur. Ils comptent sur le Régime de pensions du Canada, la Sécurité de la vieillesse et tout ce qu’ils peuvent économiser eux-mêmes. Ces économies sont sans protection et exposées à la même irresponsabilité corporative qui a déclenché la présente crise économique.

Malgré deux séries de promotions commerciales vigoureuses et une politique fiscale très généreuse, les RÉER sont toujours hors de portée pour la plupart des Canadiennes et Canadiens qui n’ont pas les moyens de contribuer des montants significatifs. Le montant moyen dans les REER des personnes qui approchent l’âge de la retraite aujourd’hui n’est que de 60 000 $, suffisamment pour recevoir une rente de seulement 250 $ par mois. La promesse que les REER seraient une source de sécurité à la retraite s’est avérée fausse.

Les travailleuses et travailleurs acharnés qui ont bâti notre pays doivent pouvoir prendre leur retraite dans la dignité et la sécurité. Le Congrès du travail du Canada a lancé une campagne visant à doubler les prestations de notre Régime de pensions du Canada au cours des sept à dix prochaines années. Le RPC couvre déjà 93 % de la population active du Canada. C’est un régime sécuritaire et transférable qui est administré efficacement et procure aux retraités un aperçu précis du revenu qu’ils peuvent anticiper à la retraite.

Les syndicats peuvent faire et font une différence dans la vie des gens. Nous assumons pleinement nos négociations qui permettent d’améliorer la vie et la sécurité économique des membres des syndicats, mais nous croyons aussi que nos propositions pour améliorer l’AE et protéger les pensions sont dans l’intérêt de l’ensemble des travailleuses et travailleurs canadiens.

Ken Georgetti est président du Congrès du travail du Canada qui représente 3,2 millions de membres.