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Le mouvement syndical lance un appel à la tenue d’un sommet national sur les pensions

Affiché le jeudi, 10 décembre 2009

Par Ken Georgetti - Les ministres des Finances du Canada se réuniront à Whitehorse vers la mi-décembre pour traiter des pensions. Le Congrès du travail du Canada et ses 3,2 millions de membres sont heureux que cette réunion ait lieu, mais la crise de la sécurité de la retraite est trop importante pour être réglée par une réunion de quelques personnes à huis clos. L’été dernier, le CTC a lancé un appel à la tenue d’un sommet pan-canadien sur les pensions rassemblant les intervenants gouvernementaux, patronaux, syndicaux et autres pour établir des solutions valables en matière de pensions. Je répète cet appel.

Des centaines de milliers de Canadiens et de Canadiennes ont perdu leur emploi au cours du ralentissement économique le plus grave depuis les années 1930. Des milliers de travailleurs et travailleuses, tels que ceux de Nortel et du secteur dévasté de la foresterie, de la pâte et du papier, ont vu leurs pensions durement gagnées se faire éliminer ou compromettre par des fermetures d’usine et des faillites. Cependant, le problème de l’insuffisance des pensions se posait avant la récente crise financière. Le Conference Board du Canada indique que le taux de pauvreté des personnes âgées du Canada a doublé de 1995 à 2005. Le tiers des travailleurs et travailleuses canadiens de 24 à 64 ans n’a aucune épargne-retraite privée et 61,5 % des travailleurs et travailleuses (11 millions de personnes) ne sont pas assujettis à un régime de retraite professionnel.

Les gouvernements de l’Alberta et de la Colombie-Britannique reconnaissent le problème et ont songé à haute voix à créer leur propre régime de pensions. Les entreprises de services financiers cotées en bourse, qui dominent notre débat sur les pensions depuis trop longtemps, font la promotion des mêmes solutions qu’auparavant, dans le cadre desquelles – ce qui n’a rien d’étonnant – leurs produits occuperaient une place prédominante. Il ne serait pas judicieux d’adopter une approche morcelée préconisée par quelques provinces ou l’industrie des placements. Il nous faut une solution pan-canadienne pour réparer notre système morcelé de pensions publiques et privées.

Les pensions publiques sont bien conçues mais les gouvernements ont décidé il y a des décennies de les maintenir faibles. Même les montants maximaux pouvant être tirés du Régime de pensions du Canada, de la Sécurité de la vieillesse (SV) et du Supplément de revenu garanti (SRG) ne remplacent pas les 50 % à 70 % des revenus d’avant la retraite dont les gens ont besoin pour maintenir un niveau de vie acceptable. Il y a 1,6 million de personnes âgées, dont environ 35 % reçoivent des pensions publiques, qui vivent de moins de 11 000 $ par année.

Les REER ont été présentés comme étant la solution à nos malheurs en matière de pensions. Cependant, même les économistes principaux des banques reconnaissent actuellement que les REER ont échoué. Seuls 31 % des Canadiens et des Canadiennes ont des REER, et la somme moyenne portée à des REER par les personnes de 55 à 64 ans est d’environ 60 000 $, ce qui permet d’acheter une rente de 250 $ par mois. Ce n’est guère un rendement extraordinaire pour un programme qui a coûté aux contribuables plus de 18 milliards de dollars par année. La récession a comprimé les placements des REER, et les frais d’administration de ceux-ci au Canada comptent parmi les plus élevés du monde.

Nous proposons trois principales mesures pour protéger les pensions et accroître la sécurité de la retraite. Nous devrions faire d’un RPC amélioré la pierre angulaire de la réforme des pensions. Nous proposons de doubler peu à peu les prestations en faisant passer la proportion des gains moyens que remplace le RPC de 25 % à 50 % au cours d’une période de sept à dix années pour qu’elle corresponde à 1 635 $ par mois. L’augmentation serait financée grâce à une légère majoration des cotisations des travailleurs et travailleuses et des employeurs qui serait de beaucoup inférieure aux frais de gestion annuels de 2 % à 5 % imposés sur les REER par la plupart des institutions financières.

Le RPC donne déjà à 93 % des travailleurs et travailleuses canadiens une indication juste des pensions qu’ils peuvent s’attendre de recevoir quand ils prendront leur retraite. Le RPC a une forte tolérance des risques à cause de sa taille et il a des frais d’administration plus bas que tout autre régime de pensions du Canada. Les prestations du RPC sont très transférables; peu importe le nombre de fois qu’ils changent d’emploi, les travailleurs et les travailleuses demeurent assujettis au RPC. Aucune solution provinciale ou régionale ne peut égaler le RPC. Il s’agit d’accroître la sécurité des pensions et de laisser un meilleur système de pensions à nos enfants. L’expansion du RPC profiterait le plus aux jeunes et futurs travailleurs et travailleuses.

Le CTC préconise en outre de hausser le Supplément de revenu garanti (SRG) afin qu’aucune personne âgée ne vive dans la pauvreté. Ce serait possible en affectant 682 millions de dollars à l’augmentation des dépenses du SRG. En dernier lieu, le CTC veut que soit instauré un programme fédéral d’assurance sur les pensions. Les pensions si durement gagnées par les Canadiens et les Canadiennes devraient être assurées pour un maximum individuel de 2 500 $ par mois (30 000 $ par année), cette assurance ressemblant beaucoup à celle dont nos comptes bancaires font l’objet actuellement.

Nous croyons que tous les Canadiens et les Canadiennes méritent de vivre leur retraite dans la dignité et en sécurité. Nos propositions sont fondées sur les valeurs progressistes qui ont changé notre système de santé à la création de l’assurance-maladie publique vers la fin des années 1960. Nous pouvons faire un choix semblable dans le cas des pensions aujourd’hui. Tenons un sommet vers le début de la nouvelle année afin de créer un système de pensions qui ne laisse aucun Canadien ou Canadienne en plan.

Ken Georgetti est le président du Congrès du travail du Canada, qui comprend 3,2 millions de membres.

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