Affiché le mercredi, 28 avril 2010
par Ken Georgetti, tel que publié dans le Edmonton Journal le 28 avril 2010
Au cours des 25 dernières années, les gouvernements successifs se sont engagés à appuyer la sécurité au travail. Ils ont régulièrement annoncé de nouvelles lois et de nouveaux règlements sur la santé et la sécurité au travail, qui comptent parmi les meilleurs du monde.
Malheureusement, nos gouvernements n’ont pas affecté les ressources nécessaires à l’application de ces nouvelles lois. Le nombre de Canadiennes et de Canadiens qui meurent chaque année à cause de quelque chose qui leur est arrivé au travail ne cesse d’augmenter.
En 1993, 758 décès liés au travail se sont produits au Canada. En 2008, 25 ans plus tard, le nombre de ces décès s’élevait à 1 036, et 166 s’étaient produits en Alberta.
Nous savons que des centaines d’autres personnes meurent de l’exposition à des substances toxiques et à des carcinogènes présents en milieu de travail, mais les commissions des accidents du travail ne les considèrent jamais comme des décès attribuables au travail.
Le thème du Jour national de deuil 2010 du CTC est « Est-ce aujourd’hui que vous perdrez la vie au travail? » Nous demandons pourquoi un si grand nombre de Canadiens et de Canadiennes perdent la vie de façon injuste.
Nous croyons que le nombre de décès liés au travail augmente chaque année au Canada parce que les lois ne sont pas appliquées et les employeurs irresponsables peuvent poursuivre leurs activités impunément.
Il est temps que le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux nomment des procureurs spéciaux pour qu’ils portent des accusations en vertu du Code criminel contre les employeurs dont la conduite cause des décès ou des blessures graves. Les gouvernements doivent engager un plus grand nombre d’inspecteurs pour s’assurer que les employeurs respectent la loi. Les organismes de réglementation doivent être tenus responsables du carnage qui semble se poursuivre de manière débridée.
Nous observons un moment de silence en ce 28 avril pour les personnes qui ont perdu la vie, ont été blessées ou sont tombées malades à cause de leur travail. Pensons à nos proches – à nos enfants, à nos conjoints et conjointes, à nos frères et soeurs, à nos parents et à nos meilleurs amis. Réfléchissons à la place qu’ils occupent dans notre vie et dans celle de notre famille. Imaginons que l’une ou l’un d’entre eux perd la vie. Chacune des 1 036 personnes décédées en 2008 avait des rêves, une famille et des êtres chers qui l’aimaient, et qui continuent de l’aimer et de regretter son absence.
Je demande que l’on aille plus loin. Nous devons joindre notre amour et nos préoccupations à l’action. Nous devons le faire pour les victimes des accidents mortels, leurs familles, leurs amis et leurs collectivités. Nous devons travailler pour qu’un jour plus personne ne meure au travail.
Ken Georgetti, président, Congrès du travail du Canada, Ottawa

Les lois sur la sécurité au travail doivent être appliquées