Affiché le vendredi, 5 décembre 2008
Selon Ken Georgetti, les Canadiens et les Canadiennes paient déjà le prix de l’inaction du gouvernement fédéral en matière économique
OTTAWA – Le Congrès du travail du Canada constate aujourd’hui que les chiffres dévastateurs de Statistique Canada en termes d’emploi prouvent sans l’ombre d’un doute que le gouvernement conservateur minoritaire n’assure pas le leadership économique dont notre pays a besoin.
« Le mois passé, pendant que M. Harper et son ministre des Finances préparaient une déclaration économique beaucoup trop optimiste, 75 000 Canadiennes et Canadiens se sont retrouvés sans emploi, ce qui est supérieur à tous les mois de l’histoire récente. Pendant que le premier ministre disait à la population qu’il était inutile de stimuler davantage l’économie, 42 000 autres emplois manufacturiers ont disparu », a déclaré Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada.
M. Georgetti déplore également les dernières annonces de pertes d’emplois à venir formulées par General Motors et, encore hier, par AbitibiBowater à Grand Falls-Windsor. Il en impute le blâme au premier ministre Harper et à l’échec de son gouvernement de venir en aide à sa population dans ce contexte de crise économique mondiale.
« Les usines ferment et les industries secondaires font des mises à pied. Moins de la moitié de tous ceux et celles qui perdent leur emploi peut s’attendre à recevoir de l’aide de notre système d’assurance-emploi déjà diminué. M. Harper a très peu fait pour améliorer les choses dans les 52 jours qui ont suivi son élection comme gouvernement minoritaire. Et aujourd’hui, il ferme le Parlement pour 52 jours pendant que les Canadiennes et les Canadiens attendent des solutions. La population canadienne mérite mieux », d’ajouter M. Georgetti.
Selon M. Georgetti, le gouvernement fédéral devrait agir et prendre un train de mesures économiques pour stimuler l’économie, entre autres en procédant à des investissements majeurs dans les infrastructures pour créer de l’emploi et en établissant les bases d’une économie plus écologique. Il faudrait également agir pour protéger les pensions, améliorer l’assurance-emploi et assurer la formation des gens licenciés pour qu’ils puissent retomber rapidement sur leurs pieds.
« Nous sommes le seul pays du G-20 à ne pas avoir pris de mesures énergiques pour répondre à la crise économique mondiale. Notre pays risque de se retrouver en mauvaise posture et nous sommes là à attendre que le premier ministre se reprenne en main », déplore M. Georgetti.
L’analyse de la situation des emplois selon l’économiste en chef Andrew Jackson
L’économie ontarienne a fait une dégringolade prononcée le mois passé quand le ralentissement américain a eu pour effet d’intensifier une crise déjà grave au niveau des emplois manufacturiers et forestiers. Un nombre sans précédent de près de 42 000 emplois manufacturiers ont disparu en novembre en Ontario seulement et l’économie ontarienne a perdu 20 000 emplois de plus dans d’autres secteurs. Le taux de chômage a grimpé en flèche dans certaines collectivités industrielles durement frappées, dont Kitchener, St. Catharines et Oshawa. Globalement, le taux de chômage de l’Ontario a bondi de 6,5 % à 7,1 %.
À l’échelle nationale, 75 000 employés se sont retrouvés sans travail – à cause de la disparition de 42 000 emplois manufacturiers et de 26 000 emplois connexes dans les secteurs des transports et de l’entreposage – et le taux de chômage a augmenté de 6,2 % à 6,3 %. Il aurait grimpé bien davantage si la population active n’avait pas autant diminué, grâce au départ de travailleuses et travailleurs plus âgés : le taux de participation à la population active est passé de 67,9 % à 67,6 %.
Ces chiffres sont au moins aussi lamentables que ceux qui prévalaient à l’époque de la brutale récession manufacturière des années 1989 à 1992. Alors que près de 400 000 emplois manufacturiers ont disparu depuis le sommet de 2002, cette récession-ci s’annonce bien pire à moins que les gouvernements ne répondent à la crise très rapidement et d’une manière très déterminée.
Les chiffres ne laissent pas de place au doute : l’économie canadienne dans son ensemble est maintenant entrée en récession.
Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3,2 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 130 conseils du travail régionaux. Site Internet : www.canadianlabour.ca
Renseignements : Jeff Atkinson, 613-526-7425 ou 613-863-1413

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