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Le CTC déplore la loi républicaine qui attaque les travailleurs du secteur public au Wisconsin

Affiché le jeudi, 17 mars 2011

Le Congrès du travail du Canada (CTC) condamne la loi adoptée par la majorité républicaine de l'Assemblée législative du Wisconsin, photo: Mark Riechersqui dépouille 175 000 travailleuses et travailleurs du secteur public de leur droit à la négociation collective. Nous, du CTC, affirmons également notre solidarité avec nos milliers de consœurs et confrères des États-Unis qui continuent de s'opposer à cette initiative inquiétante.

La loi adoptée par le Wisconsin a été présentée par le gouverneur républicain Scott Walker avec l'appui des grandes entreprises. Elle obligera les travailleuses et travailleurs du secteur public à payer une plus grande part de leur régime de retraite et de leurs assurances-santé, en dépit du fait qu'ils avaient déjà accepté de faire ces sacrifices. Toutefois, l'Assemblée législative est allée beaucoup plus loin en leur retirant aussi le droit de négocier collectivement. Il n'y aura donc plus de négociations pour définir les conditions applicables aux règles de travail, à la santé-sécurité, à l'indemnisation des accidentés du travail, aux congés, à l'ancienneté, à l'égalité, à la procédure de règlement griefs, au droit de représentation, aux régimes de retraite et aux avantages sociaux. Les augmentations du salaire réel devront être soumises à un vote référendaire.

photo: Mark RiechersLe but visé est de détruire le mouvement syndical et de réduire les services publics en lambeaux. De plus, la loi obligera les syndiqués à voter à chaque année pour rester membres et le paiement de la cotisation syndicale deviendra volontaire. Qui plus est, la loi propose de couper les prestations de Medicaid de tous les retraités et autres bénéficiaires du régime public d'assurance-maladie et de vendre des services publics clés.

S'exprimant au nom des 3,2 millions de syndiqués du Canada, le CTC déplore cette attaque contre les droits des travailleuses et des travailleurs alors que cet État a pourtant été le berceau des négociations du secteur public aux États-Unis. Au CTC, nous sommes consternés par les manœuvres des Républicains du Wisconsin qui cherchent à discréditer les fonctionnaires de l'État en les accusant d'être responsables des pressions financières qui s'exercent sur les différents paliers de gouvernement. En plus d'être immorales, ces manœuvres sont contraires aux engagements qu'ont pris les États-Unis en droit international et devant l'Organisation internationale du travail.
Ces mesures détruiront un contrat social qui a pourtant fait ses preuves au fil du temps et elles risquent d'avoir, pour les travailleuses et travailleurs et pour les citoyennes et citoyens, des conséquences graves qui dépasseront les frontières de l'État. Si d'autres territoires de compétences sont tentés de croire qu'il s'agit là d'un modèle patronal à suivre, ce sont tous les travailleurs et travailleuses, au public comme au privé, syndiqués ou non, qui seront en péril.photo: Mark Riechers

Ce ne sont pas les travailleuses et travailleurs du secteur public et leurs conventions collectives qui ont causé le déficit du Wisconsin et d'autres gouvernements. Cette crise déficitaire est attribuable à la crise financière et à la dévastation économique qui a suivi et dont les États-Unis ne se sont toujours pas remis. En janvier 2011, la Commission d'enquête sur la crise financière du gouvernement des États-Unis est arrivée à la conclusion que la crise financière a été causée par des lacunes au niveau de la réglementation gouvernementale, par une mauvaise administration des entreprises et par des décisions risquées et irresponsables du secteur financier. La Commission a conclu que la crise financière aurait effectivement pu être évitée.

Ce n'est pas en privant les travailleuses et travailleurs du secteur public de leurs droits que le Wisconsin réglera ses difficultés financières. Le but de la nouvelle loi est plutôt de détruire les syndicats à plus long terme. En dépit de l'opposition massive contre cette loi draconienne, les législateurs républicains ont maintenu leur position et d'autres États américains songent à prendre des mesures similaires. Une agression de cette envergure contre des conventions collectives de longue date serait désastreux pour les travailleuses et travailleurs comme pour les citoyennes et citoyens qui aspirent à des services publics de qualité. Le mouvement syndical des États-Unis est déterminé à s'opposer à ce programme hostile et, au CTC, nous affirmons notre solidarité avec nos consœurs et confrères américains.