Affiché le lundi, 22 août 2011
Le CTC a présenté un mémoire au Comité des finances de la Chambre des communes concernant le budget fédéral de 2012.
Le mémoire soutient que les gouvernements fédéral et provinciaux devraient accorder une priorité urgente à l’élargissement du Régime de pensions du Canada par le doublement des prestations, appliqué selon la formule de la capitalisation entière et anticipée, et que le gouvernement fédéral augmente le Supplément de revenu garanti dans le but d’éliminer la pauvreté parmi les personnes âgées.
Étant donné la reprise très faible et les effets néfastes des compressions envisagées dans les programmes fédéraux, le mémoire soutient que la proportion des dépenses relatives aux programmes du gouvernement fédéral par rapport à l’ensemble de l’économie soit maintenue à son niveau actuel, de 2011-2012, et que l’Examen stratégique et fonctionnel soit annulé. Nous appuyons la poursuite d’examens périodiques portant sur l’efficacité des programmes gouvernementaux, mais nous estimons que les économies qui en résulteraient devraient être affectées au financement de nouvelles priorités telles que l’amélioration du Supplément de revenu garanti et des prestations de l’assurance-emploi, ainsi que de programmes de création d’emplois et d’un programme national de garde d’enfants et d’apprentissage des jeunes enfants.
Nous proposons que le gouvernement fédéral introduise un programme majeur d’investissement public pluriannuel, en vue de créer des emplois dans l’immédiat, et qu’il assure la promotion de nos objectifs sociaux et environnementaux tout en stimulant la croissance de l’investissement et de la productivité dans le secteur privé. Les coûts initiaux qui en résulteraient seraient financés par une augmentation à 19,5 % du taux d’imposition fédéral du revenu des sociétés.
Sommaire
Au nom des 3,2 millions de membres du Congrès du travail du Canada (CTC), nous tenons à vous remercier de nous offrir l’occasion de présenter notre point de vue. Le CTC est un regroupement de syndicats nationaux et internationaux, de fédérations du travail provinciales et territoriales, ainsi que de 130 conseils du travail de district du Canada, dont les membres travaillent pratiquement dans tous les secteurs de l’économie canadienne, dans toutes les professions et dans toutes les régions du Canada.
Le Congrès du travail recommande :
- Que la proportion des dépenses relatives aux programmes du gouvernement fédéral par rapport à l’ensemble de l’économie soit maintenue à son niveau actuel, de 2011-12, et que l’Examen stratégique et fonctionnel soit annulé. Nous appuyons la poursuite d’examens périodiques portant sur l’efficacité des programmes gouvernementaux, mais nous estimons que les économies qui en résulteraient devraient être affectées au financement de nouvelles priorités telles que l’amélioration du Supplément de revenu garanti et des prestations de l’assurance-emploi, ainsi que de programmes de création d’emplois et d’un programme national de garde d’enfants et d’apprentissage des jeunes enfants.
- Que les gouvernements fédéral et provinciaux accordent une priorité urgente à l’élargissement du Régime de pensions du Canada par le doublement les prestations, appliqué selon la formule de la capitalisation entière et anticipée, et que le gouvernement fédéral augmente le Supplément de revenu garanti dans le but d’éliminer la pauvreté parmi les personnes âgées.
- Que le gouvernement fédéral introduise un programme majeur d’investissement public pluriannuel, en vue de créer des emplois dans l’immédiat, et qu’il assure la promotion de nos objectifs sociaux et environnementaux tout en stimulant la croissance de l’investissement et de la productivité dans le secteur privé. Les coûts initiaux qui en résulteraient seraient financés par une augmentation à 19,5 % du taux d’imposition fédéral du revenu des sociétés.
A. Le contexte économique et financier
L’extrême lenteur du redressement économique et la faiblesse du marché du travail, et non les déficits des gouvernements, sont les difficultés d’ordre économique les plus sérieuses auxquelles sont confrontés les Canadiens et Canadiennes. En fait, la réduction envisagée dans les dépenses fédérales ne ferait qu’aggraver la situation.
Depuis juillet 2011, le marché du travail connaît une faiblesse beaucoup plus manifeste qu’avant la crise d’octobre 2008. Le taux de chômage, en progression de 6,1 % à 7,2 %, est nettement plus élevé alors que la proportion de la main-d’œuvre au travail dans tous les secteurs de l’emploi a baissé de 63,5 % à 61,9 %, et que celle des personnes travaillant à temps partiel, volontairement ou non, a augmenté fortement. Les emplois permanents, à temps plein, sont toujours difficiles à trouver dans de nombreuses régions du pays. Le taux de chômage « réel », qui tient compte des personnes ayant abandonné le marché du travail et de celles qui se retrouvent involontairement dans un emploi à temps partiel, était de 11.1 %, en juillet, soit supérieur aux 9, 4 % relevés en juillet 2008 et, en atteignant 21,6 % parmi les jeunes travailleurs et travailleuses, il était très élevé pour cette dernière catégorie de chômeur « réels ».
La persistance d’une croissance très anémique, accompagnée d’un chômage se maintenant au-dessus de 7 %, est prévue pour 2012. L’économie des États-Unis demeure extrêmement faible en raison de l’endettement élevé des ménages, de la dépression profonde du marché immobilier et de la transition d’un modeste programme de stimulation économique vers une politique de réduction des dépenses. L’austérité est aussi à l’ordre du jour dans la plupart des pays européens. La crainte d’une récession à double creux précipita une forte baisse du marché boursier en août.
L’OCDE et le FMI prévoyaient une reprise très faible dans les économies avancées à partir d’août 2011, qui pèsera lourdement sur les exportations canadiennes de produits manufacturés étant donné le taux de change très élevé du dollar canadien. En dehors des secteurs énergétique et minier, qui génèrent relativement peu d’emplois directs, la reprise de l’économie canadienne reste fragile et hésitante.
Malgré la faiblesse de la reprise économique et du montant peu élevé de la dette gouvernementale canadienne, le gouvernement conservateur persiste à concentrer ses efforts sur d’importantes réductions des dépenses en vue d’une réduction rapide du déficit. Le total de la dette nette du gouvernement du Canada s’établit à 33,7 % du PIB seulement, en comparaison avec une moyenne de 62,6 % pour l’OCDE. En outre, les taux d’intérêt ont atteint un niveau historiquement bas. Le gouvernement du Canada se trouve dans la position de pouvoir emprunter au moyen d’obligations à 10 ans, à un taux d’intérêt bien inférieur à 3 %. Malgré notre situation financière relativement forte, le Canada opère des réductions plus substantielles dans ses dépenses que la plupart des autres pays industriels avancés. Lisez le document complet en PDF.

Déclaration au Comité permanent des finances de la Chambre des communes relativement au budget 2012