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Déclaration du CTC à l’occasion du 21 mars 2009 Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale

Affiché le jeudi, 19 mars 2009

Aujourd'hui, durant la journée, des communautés du monde entier feront une pause en mémoire des vies qui ont été fauchées il y a 49 ans à Sharpeville, en Afrique du Sud.

Le 21 mars 1960, des centaines de militantes et de militants pacifiques se sont opposés au régime meurtrier de l'apartheid et ont manifesté contre les ‘lois sur la mobilité' qui séparaient les familles, limitaient la liberté de mouvement et décrétaient carrément que les individus racialisés étaient des êtres de catégorie inférieure.

Ils furent près de 70 à tomber sous une volée de balles pour avoir dit non à la discrimination raciale enchâssée dans les politiques de l'État.

Chaque année depuis, le 21 mars rappelle au monde entier les conséquences désastreuses du racisme, en même temps qu'il nous rappelle notre obligation collective et notre résolution à combattre la discrimination raciale.

De nos jours, pour mener ce combat, les militantes et militants doivent dénoncer d'anciennes comme de nouvelles formes systémiques de discrimination raciale.

Dans le mouvement syndical canadien, ce combat se poursuit jour après jour, ne serait-ce que dans les sections locales qui réclament la protection et la pleine intégration à la convention collective des travailleuses et travailleurs migrants, qui sont racialisés, codés en fonction de leur couleur et victimes de discrimination et d'abus en milieu de travail.

Aujourd'hui comme demain, les syndicats vont continuer de mettre sur pied des cours et des programmes novateurs à l'intention des travailleuses et travailleurs racialisés pour les aider à prendre la place qui leur revient de droit en tant que membres actifs et égaux du mouvement syndical. Chaque initiative contribue à réduire le racisme systémique.

Aujourd'hui comme demain, le mouvement syndical va continuer de s'opposer avec constance à l'utilisation des pratiques de profilage racial pour la mise sur pied de mesures de sécurité sans fondement. Il va continuer de condamner les politiques d'immigration qui différencient les nouveaux arrivants. Chaque dénonciation fait gagner du terrain à la justice raciale.

Aujourd'hui comme demain, les membres de la base travailleront aux côtés de leurs alliés dans une quête d'équité en réclamant le rapatriement de citoyens canadiens de couleur comme Abousfian Abdelrazik, Omar Khadr et Bashir Makhtal, qui croupissent à l'étranger pour cause d'animosité raciale. Chaque fois que nous nous serrons les coudes, nous renforçons notre pays.

Alors que l'économie mondiale vacille entre une récession à long terme et une crise dévastatrice, les combattantes et combattants du racisme doivent être encore plus vigilants face à l'impact du racisme sur les communautés de couleur en croissance du Canada.

Le Congrès du travail du Canada continue de dénoncer la discrimination raciale persistante qui fait que certains sont économiquement plus opprimés que d'autres. Par exemple, les femmes racialisées gagnent moins, sont plus susceptibles d'occuper un emploi précaire ou de se retrouver au chômage que le reste de la population active. La situation des femmes autochtones suit la même pente, mais avec des conséquences économiques encore plus graves.

Nous voulons des politiques économiques qui éliminent cette oppression raciste et fondée sur le sexe.

Songeons à l'allocation massive de 12 milliards de dollars aux dépenses d'infrastructure comparativement à l'absence criante de critères d'embauche équitable.

Le Congrès du travail du Canada appelle le gouvernement fédéral à prendre l'engagement honorable d'éliminer le racisme.

Le gouvernement démontrerait un engagement réel en renversant l'annulation du Programme de contestation judiciaire; en appuyant l'accord (bonifié) de Kelowna; en revenant sur sa position honteuse de boycotter la Conférence des Nations Unies sur le racisme; et à mettre un terme à ses efforts méprisables pour s'opposer à l'équité salariale.

Éliminer le fléau du racisme dans nos lieux de travail, nos collectivités et nos politiques nationales est une tâche à laquelle le Congrès du travail du Canada va continuer de s'attaquer collectivement, jour après jour.

Les braves militants et militantes qui se sont tenus debout face à la volée de balles de Sharpeville il y a 49 ans ne demandent rien de moins de notre part aujourd'hui.

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