Affiché le mardi, 7 avril 2009
Selon les données les plus récentes de l'Association des Commissions des accidents du travail du Canada, 1 055 personnes ont été tuées au travail en 2007. Ceci représente quatre personnes par jour qui ont perdu la vie parce que leur lieu de travail n'était pas sécuritaire.
Des personnes qui succombent à des blessures.
Des personnes meurent du cancer.
Des personnes décèdent après avoir été attaquées.
Quatre personnes par jour qui ne retourneront plus jamais à la maison.
Chaque jour, quatre personnes mortes parce que leur employeur n'a pas veillé à leur sécurité au travail.
Au cours de la dernière décennie, le nombre de Canadiennes et de Canadiens qui perdent la vie chaque année pour une cause liée à leur travail, augmente constamment. En 1998, il y a eu 809 victimes. En 2005, il y en avait 35,5 pour cent de plus.
Comment se fait-il que l'on continue de permettre cela? Pourquoi ne demande-t-on pas des comptes aux employeurs?
Il y a vingt-cinq ans, le Congrès du travail du Canada a déclaré le 28 avril Jour national de deuil pour les travailleuses et travailleurs tués ou blessés au travail, pour sensibiliser les gens au sort des milliers de personnes dont la vie est changée à jamais en raison d'une blessure et des centaines d'autres qui ont perdu la vie, chaque année. En 1990, le Parlement a adopté la Loi sur le jour de compassion pour les travailleurs, qui reconnaît officiellement le 28 avril comme étant un « jour de deuil » à l'échelle du Canada.
Aujourd'hui, le 28 avril est observé à travers le monde comme étant un jour de commémoration, mais aussi pour agir et améliorer la santé et la sécurité au travail. Les syndicats et les travailleuses et travailleurs ouvrent la voie en revendiquant des lois plus strictes pour forcer les employeurs à adopter de meilleures pratiques de travail. Dans bien des pays, des vies sont protégées contre un anéantissement inutile, car les employeurs se conforment aux lois et le nombre de blessures et de décès est en baisse. Malheureusement, le Canada n'en fait pas partie.
Depuis vingt-cinq ans, les gouvernements ont promis les uns après les autres de soutenir les travailleuses et les travailleurs et leurs syndicats. Ils ont annoncé l'adoption de nouvelles lois et de nouveaux règlements en matière de santé et sécurité au travail - certains parmi les meilleurs du monde. Malheureusement, ils ont négligé de prévoir les ressources nécessaires pour assurer l'observation de ces nouvelles règles. C'est pour cette raison que les lieux de travail canadiens coûtent de plus en plus de vies chaque année : les lois ne sont pas appliquées et on laisse les employeurs imprudents s'en tirer sans conséquences.
Assez, c'est assez! Le temps est venu d'appliquer la loi et de faire comparaître les employeurs meurtriers en justice.
Le temps est venu pour les provinces et territoires de nommer des procureurs spéciaux afin qu'ils déposent des accusations contre les employeurs qui, par leurs actions, causent la mort ou des blessures graves. Il faut augmenter l'effectif d'inspecteurs pour veiller à ce que les employeurs se conforment à la loi.
Le temps est également venu pour tous les gouvernements de promulguer de nouveaux règlements sur les dangers connus des lieux de travail d'aujourd'hui, tels la violence au travail, l'exposition aux toxines et agents cancérigènes, les microtraumatismes répétés attribuables au travail, les blessures causées par une ergonomie fautive, le harcèlement au travail et le stress.
Les décès et blessures au travail sont tous évitables. Des milliers d'hommes et de femmes, certains agés d'à peine 15 ans, ont inutilement perdu la vie depuis vingt-cinq ans à cause de leur employeur. Combien d'autres devront mourir avant que les gouvernements ne se décident à agir? Cette année, le 28 avril, souvenez-vous de ces gens qui ont perdu la vie. Pleurez-les. Ayez une pensée pour les parents et amis qui sont restés derrière. Songez aux employeurs qui ont évité les accusations d'homicide et de meurtre. Laissez votre colère monter. Exprimez votre indignation. Puis agissez pour forcer les autorités législatives à changer les façons de faire.

Déclaration du Jour national de deuil 2009 - Est-ce aujourd’hui que vous perdrez la vie au travail?