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Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale - le 21 mars - Déclaration du CTC de 2010

Affiché le jeudi, 18 mars 2010

Les personnes militantes sont courageuses.

Il y a cinq décennies, des étudiantes et des étudiants, des travailleuses et travailleurs et d’autres membres de la communauté se sont unis à Soweto, en Afrique du Sud, pour faire front commun contre l’apartheid, armés uniquement de leur courage pacifique.

Leur objectif était simple : s’opposer d’une même voix aux « lois sur la mobilité », qui séparaient les familles et restreignaient la liberté de mouvement des Sud-Africains noirs et de couleur. Ces lois faisaient partie de la politique d’apartheid de l’Afrique du Sud, c’est-à-dire d’un train de mesures appuyées par l’État et favorisant le développement séparé et inégal des différentes races de personnes habitant le pays.

L’apartheid, système dérivé du mot afrikaans signifiant « ségrégation », a été condamné par la communauté internationale et a incité les Sud-Africains noirs et de couleur à créer un mouvement de résistance. L’apartheid a été reconnu criminel en 2002 par la Cour pénale internationale et l’Organisation des Nations Unies a déclaré qu’il s’agissait d’un crime contre l’humanité en 1973, bien qu’un grand nombre de pays n’aient pas encore signé la convention à ce sujet.

Le courage d’affronter une politique raciste aussi puissante a comporté un prix élevé.

Il y a cinq décennies aujourd’hui, soixante-neuf personnes sont mortes et 180 ont été blessées sous une volée de balles tirées sur des militantes et militants qui se vouaient à éliminer le racisme.

Le Congrès du travail du Canada participe à la lutte pour éliminer le racisme. C’est une lutte qui exige de la vigilance même cinq décennies plus tard.

Les communautés racialisées du Canada sont trois fois plus susceptibles que les autres membres de la population d’être pauvres en raison de l’inégalité de l’accès à l’éducation, des obstacles à l’emploi et des bas salaires. Dans un même ordre d’idées, les Autochtones continuent de vivre des iniquités en matière de santé et de revenu attribuables au colonialisme et aggravées par le racisme et la discrimination.

Au Canada, les personnes racialisées risquent deux fois plus que les personnes non racialisées de faire l’objet d’une discrimination fondée sur la race ou l’origine ethnique. Entre temps, les jeunes blancs ont des taux de bien-être plus élevés que les jeunes racialisés et deux fois plus élevés que les jeunes autochtones.  L’élimination du racisme doit demeurer une priorité pour le mouvement syndical canadien.

Pendant les années 1990, de courageux militants et militantes syndicaux ont lutté pour éliminer le racisme systémique enchâssé dans les structures syndicales. Des membres des syndicats se sont serrés les coudes et ont réussi à faire réformer nos propres structures. Ces personnes militantes ont revendiqué une influence et des ressources représentatives et le partage du pouvoir par le mouvement syndical avec les militantes et les militants de couleur et leurs alliés.

En 2001, des militantes et militants syndicaux se sont rassemblés à Durban, en Afrique du Sud, avec une armée de personnes du monde entier militant contre le racisme et ont appuyé la Déclaration de Durban établie selon une procédure de l’Organisation des Nations Unies. Cette déclaration comprend un plan d’action global dont la mise en oeuvre par les pays membres peut contribuer à l’élimination du racisme.

En 2009, le mouvement syndical a condamné la décision répréhensible de l’actuel gouvernement de boycotter la Conférence d’examen de Durban tenue par l’ONU avant que n’ait été rédigé un seul paragraphe pouvant orienter cette conférence. Celle-ci était destinée à examiner les progrès réalisés par les différents pays pour contribuer à l’élimination du racisme à l’échelle mondiale.

Le CTC continue de contester les politiques publiques qui ont encore pour effet de séparer, de profiler et de priver de droits les travailleuses et travailleurs et les communautés racialisés.

Des militantes et militants syndicaux s’unissent pour résister au profilage racial dans les ports maritimes, les aéroports et les postes frontaliers. Nous préconisons l’adoption de politiques sur l’immigration et le statut de réfugié qui accueillent et intègrent de façon équitable les membres de différentes communautés. D’autre part, nous nous opposons aux programmes qui favorisent le dénigrement et l’exploitation des travailleuses et travailleurs migrants, lesquels sont principalement des personnes racialisées. Des membres de syndicats collaborent en solidarité avec des communautés autochtones pour rebrancher des systèmes d’alimentation en eau qui l’auraient été il y a longtemps en l’absence de racisme et de discrimination systémiques. Le CTC et ses affiliés mettent en oeuvre des programmes de formation en leadership à l’intention des travailleuses et travailleurs racialisés et tiennent des ateliers pour montrer aux membres des syndicats comment combattre le racisme en milieu de travail.

En dépit de ces importantes contributions, l’élimination du racisme continuera de nécessiter beaucoup de force et de courage de la part des militantes et militants syndicaux.

Aujourd’hui, en l’honneur des sacrifices faits par de courageux militants et militantes à Soweto il y a cinquante ans, le Congrès du travail du Canada se joint aux personnes qui militent contre le racisme dans le monde entier afin de renouveler l’engagement à débarrasser nos lieux de travail et nos communautés du fléau du racisme.