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Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes - 6 décembre 2009

Affiché le vendredi, 27 novembre 2009

Le 6 décembre, nous pleurons la mort des 14 femmes tuées à Montréal en 1989. En ce jour, nous nous souvenons de toutes les femmes assassinées ou victimes de violence aux mains de leurs conjoints, de membres de leur famille ou d’étrangers, à travers le pays. En ce jour, nous nous engageons de nouveau à agir contre toutes les formes de violence faite aux femmes dans notre société.

Ce 6 décembre marquera le vingtième anniversaire du meurtre de ces jeunes femmes à Montréal simplement parce qu'elles étaient des femmes. Il est ironique qu'à l'approche de cet anniversaire, notre gouvernement tente d'abolir le registre des armes à feu, la seule mesure concrète prise pour réduire la violence commise par armes à feu contre les femmes.

Nous reconnaissons qu’il sera impossible de mettre fin à cette violence tant que toutes les Canadiennes ne vivront pas dans un monde équitable économiquement et socialement. Nous savons que pour lutter contre la violence les gouvernements doivent suivre un programme économique, social et juridique intégré.

Depuis vingt ans, les femmes attendent un appel à l’action. Vingt ans, c’est beaucoup trop long. En ce vingtième anniversaire de la tuerie du 6 décembre, les Canadiennes et Canadiens peuvent agir et demander au gouvernement un engagement sérieux afin de mettre fin à la violence faite aux femmes.

Le Congrès du travail du Canada a élaboré une campagne et demande aux Canadiennes et Canadiens d’envoyer 20 messages sur cartes postales au gouvernement fédéral. La campagne est intitulée « 20 jours, 20 façons de mettre fin à la violence faite aux femmes ».

À compter du 16 novembre, les Canadiennes et Canadiennes peuvent envoyer chaque jour une carte postale au Premier ministre afin de lui rappeler qu’il doit agir maintenant.

La campagne 20 jours, 20 façons du CTC reconnaît qu’aucun programme d’ordre public ne permettra jamais de mettre fin à la violence faite aux femmes. Les femmes ont besoin d’une série détaillée de politiques sociales et économiques dont :

  • le maintien du registre des armes d'épaule, qui depuis sa création a permis de diminuer les homicides entre conjoints commis avec une arme à feu par 50 %;
  • l'accès au logement abordable et sécuritaire;
  • un salaire minimum viable;
  • des lois efficaces sur l’équité salariale;
  • un programme national de garderies subventionnées par l’État;
  • l'accès égal à l’assurance-emploi;
  • l'accès à la justice, y compris aux ressources pour contester les actions discriminatoires du gouvernement et à l’aide juridique;
  • une aide gouvernementale accrue pour les centres pour femmes, les centres d’aide aux victimes d’agressions sexuelles et les centres d’hébergement pour femmes;
  • un appui et une protection juridique pour les femmes qui dénoncent une agression sexuelle.

Au lieu de favoriser l’égalité des femmes, le gouvernement fédéral restreint gravement la capacité des femmes de se rassembler, de revendiquer et d’exercer des pressions. Il n’appuie pas l’égalité des femmes en milieu de travail et a restreint le droit des femmes de plaider les causes discriminatoires devant un tribunal.

Les Canadiennes ne peuvent pas accepter l’érosion de leurs droits à l’égalité si durement gagnés et encore si fragiles. Nous ne serons pas réduites au silence par le programme socio-conservateur du gouvernement.

Nous demandons au gouvernement fédéral de revoir ses décisions politiques sur les garderies, l’équité salariale, le registre des armes à feu, le Programme de contestation judiciaire et Condition féminine Canada. Nous exhortons le gouvernement d’annuler son programme d’ordre public et de plutôt mettre sur pied un programme efficace d’égalité des femmes.

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