Affiché le vendredi, 26 mars 2010
L’Accord de libre-échange Canada-Colombie semble s’acheminer vers l’adoption dans le cadre de la présente session du Parlement, à moins que les Canadiens et les Canadiennes ne s’affirment haut et fort, y compris auprès de leurs députés et députées.
Le 9 mars, le gouvernement a présenté un nouveau projet de loi sur la mise en oeuvre de l’Accord sur le libre-échange Canada-Colombie. Le 24 mars, lors des débats sur ce nouveau projet de loi au Parlement, le porte-parole libéral en matière de commerce, Scott Brison, a proposé un amendement que le gouvernement a accepté et qui pourrait accélérer l’adoption du projet de loi.
L’amendement en question ne fait qu’empirer un mauvais projet de loi. En 2008, un comité multipartite de la Chambre des communes a recommandé une évaluation indépendante et impartiale de l'incidence de l’accord de libre-échange avec la Colombie sur les droits de la personne avant que le Canada ne considère de le ratifier.
Selon l’amendement proposé, l’accord commercial serait mis en oeuvre, puis la Colombie évaluerait son propre dossier en matière de droits de la personne et présenterait un rapport annuel.
Le gouvernement de la Colombie prépare déjà, depuis des décennies, ses propres rapports sur la violation des droits syndicaux à l’intention de l’Organisation internationale du travail. Malgré tout, des syndicalistes continuent d’être assassinés. En 2009, 45 syndicalistes ont été tués. La Colombie maintient ainsi son triste dossier à titre du pays le plus dangereux pour les leaders syndicaux.
Le gouvernement de la Colombie est profondément enlisé dans les violations des droits de la personne. Il serait ridicule de demander à un pays qui permet à ses forces de sécurité d’assassiner ses propres citoyens et citoyennes (comme l’a documenté le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme dans un rapport de novembre 2008) d’évaluer son propre dossier en matière de droits de la personne. Nous sommes loin de l’évaluation indépendante et impartiale de l'incidence sur les droits de la personne que les syndicats, les organisations des droits de la personne et, en fait, les parlementaires canadiens ont exigée en 2008.
Le Congrès du travail du Canada demande à tous les députés et députées de voter contre l’accord de libre-échange avec la Colombie.

L’adoption accélérée de l’Accord de libre-échange Canada-Colombie : une trahison des engagements