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Le Congrès du travail du Canada s’oppose aux modifications apportées au recensement national du Canada

Affiché le jeudi, 15 juillet 2010

Le remplacement du questionnaire détaillé obligatoire du recensement par une enquête à participation volontaire appelée Enquête nationale auprès des ménages est une erreur qui rendra plus difficile l’établissement de politiques publiques répondant au changement des conditions démographiques.

« Comme celle de la majorité des pays, la population du Canada subit d’énormes changements démographiques, économiques et sociaux. S’abstenir de les contrôler en employant le questionnaire détaillé, c’est comme conduire les yeux fermés sur une grande route », dit Hassan Yussuff, secrétaire-trésorier du Congrès du travail du Canada (CTC).

« L’obtention d’une information crédible est indispensable à l’amélioration des politiques publiques, comme le fait de savoir qui travaille et qui est en chômage. L’information à laquelle les membres de la population et les décideurs du Canada avaient accès grâce au questionnaire détaillé aidait à distinguer la situation de différents groupes. Le changement va probablement exclure, encore une fois, les groupes recherchant l’équité, tels que les communautés autochtones, les travailleuses et les travailleurs racialisés, les nouveaux immigrants et immigrantes et les ménages à faible revenu », fait remarquer M. Yussuff. « Il s’ensuivra que nous disposerons d’un tableau incomplet du pays, de sa population active et de nos communautés. »

Le passage d’un questionnaire obligatoire à une enquête à participation volontaire comporte d’importants inconvénients. Il faudra faire plus d’effort pour obtenir des réponses, il est peu probable que des renseignements détaillés seront recueillis, il ne sera plus possible de procéder à des comparaisons avec les années précédentes qui sont très utiles aux fins du dégagement de tendances, et des communautés particulières seront moins enclines à répondre.

D’autres modifications apportées à Statistique Canada aggravent nos craintes. Les excellentes enquêtes sur les immigrantes et les immigrants ont été éliminées et l’analyse des répercussions sur notre population vieillissante l’a été également.

M. Yussuff ajoute que « le bien-fondé de l’argument présenté par le bureau du ministre Clement selon lequel le changement a été apporté pour limiter raisonnablement une atteinte à la vie privée est douteux ».

Le même gouvernement a proposé dernièrement des amendements à la Loi sur l’aéronautique qui exigeraient que les lignes aériennes transmettent l’information sur les passagers à « un pays étranger » quand le vol passe par l’espace aérien de ce pays même si le vol ne s’y termine pas. Cela signifie que si le projet de loi C-42 est adopté, les transporteurs aériens seront obligés d’informer le ministère de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security) des États-Unis des noms, dates de naissance et sexes des passagers de vols entrant où que ce soit dans l’espace aérien des États-Unis.

L’actuel gouvernement partage volontiers l’information confidentielle sur les passagers avec des pays étrangers qu’ils ne font que survoler mais il juge que le questionnaire détaillé de recensement, qui fournit des renseignements démographiques d’une importance critique pour la prise de décisions éclairées sur les politiques publiques, est une atteinte déraisonnable à la vie privée.

Pour un pays qui compte sur l’immigration pour 80 % de la croissance nette de sa main-d’oeuvre et qui comprend huit millions de personnes qui prendront leur retraite dans dix ans ou moins, sur 17 millions de travailleurs et travailleuses, il est d’une importance critique de bien voir la situation de sa population. Or, apporter un changement fondamental à la façon dont nous recueillons des données démographiques nécessaires et précieuses, c’est nous vouer à la cécité totale.

Le CTC incite ses membres à communiquer avec leur députée ou député fédéral et le ministre de l’Industrie, Tony Clement, dont relève le recensement et à inciter le gouvernement à revenir sur sa décision. Une pétition en ligne a été établie et nous encourageons tout le monde à la signer. Vous la trouverez à l’adresse http://www.gopetition.com/online/37527.html