Affiché le jeudi, 22 décembre 2011
Le Congrès du travail du Canada est déçu que les ministres des Finances provinciaux qui se sont réunis dernièrement à Victoria ne soient pas parvenus à un consensus sur les améliorations à apporter au Régime de pensions du Canada et au Régime des rentes du Québec.
Nous nous attendions à ce que la question des pensions soit l’un des principaux points à l’ordre du jour et nous n’avons pas ménagé les pressions politiques et les activités de communication pour faire appuyer notre proposition de bonification du RPC/RRQ. Mais Jim Flaherty, ministre des Finances fédéral, a estomaqué toutes les parties intéressées en déposant, sans crier gare, une proposition unilatérale au sujet du financement futur des services de santé. Cela a obligé les ministres provinciaux à s’empresser d’y répondre.
La question des pensions a également fait l’objet de discussions, mais aucune entente n’a été conclue à son sujet. Nous savons à tout le moins que les ministres se réuniront de nouveau en juin 2012 et que les autorités de leurs services poursuivront leurs travaux afin de définir ce que constituerait une « légère » bonification du RPC.
Il est clair que nous avons du pain sur la planche au niveau provincial, particulièrement en C.-B., en Alberta et au Nouveau-Brunswick. Nous devons faire comprendre aux gouvernements de l’Alberta et de la Saskatchewan le prix de l’inaction. Nous devons continuer de collaborer avec la FTQ pour gagner l’appui du gouvernement du Québec.
Les pensions demeureront un sujet d’inquiétude. Les Canadiens et les Canadiennes doivent faire face à un écrasement de leur revenu de retraite et nos gouvernements doivent leur venir en aide. Les gens n’arrivent pas à épargner suffisamment en vue de leur retraite et nous verrons augmenter la pauvreté parmi les personnes retraitées. Du point de vue des politiques publiques, nous devons bien réfléchir à la facture d’impôts que devront payer les jeunes travailleurs et travailleuses d’aujourd’hui à mesure qu’augmente le nombre des personnes retraitées obligées de demander des prestations de SV et du SRG financées par les contribuables.
Malgré l’absence de progrès à Victoria, l’appui de notre position a augmenté. Le CTC a facilité la publication, juste avant la réunion de Victoria, d’une lettre du courrier des lecteurs signée par six des spécialistes les plus éminents du Canada en matière de pensions. Ils indiquaient que l’expansion du RPC est le meilleur moyen d’assurer la sécurité de la retraite aux Canadiens et Canadiennes. Cette lettre a attiré beaucoup d’attention.
D’autre part, des doutes croissants sont exprimés au sujet de la proposition sur les RPAC que privilégie le gouvernement fédéral. Même l’Institut C.D. Howe a dit craindre que s’il n’est pas obligatoire que les employeurs les offrent en milieu de travail, les gens ne participeront pas à des RPAC. Il y a déjà des centaines de milliards de dollars de droits inutilisés de cotisation à des REER. À quoi servirait-il d’instituer un autre instrument d’épargne-retraite à participation volontaire?
Nous aurons beaucoup de travail à accomplir pour convaincre les provinces d’appuyer notre proposition de bonification du RPC/RRQ. La campagne va bon train, mais elle est loin d’être terminée. Nous serons présents dans le dossier pour longtemps. Le CTC continuera de militer en faveur de cette question en prévision de la prochaine réunion des ministres des Finances en 2012.

Le CTC continuera de proposer la bonification du RPC