Affiché le mardi, 11 août 2009
Les syndicats et les travailleuses et travailleurs au Canada célébraient la fête du Travail des décennies avant qu’elle ne devienne une fête nationale pour la première fois le 4 septembre 1894. Au cours des 115 dernières années, les travailleuses et travailleurs du monde entier marquent soit le 1er mai ou le premier lundi de septembre comme jour de célébration de leur réalisations économiques et sociales. Les Canadiennes et Canadiens ont toujours eu amplement de quoi être fiers.
Pas toutes des 115 dernières années qui ont été bonnes pour les travailleuses et travailleurs canadiens. Il y a eu plusieurs fins de semaine de la fête du Travail pendant les guerres, les troubles sociaux, les épidémies et les effondrements économiques. Des années où les travailleuses et travailleurs s’estimaient chanceux au lieu de célébrer leurs réalisations.
Cette année est une de celles-là pour de nombreux Canadiens et Canadiennes. La crise mondiale des marchés financiers causée uniquement par la cupidité du monde des affaires a déclenché une récession planétaire. Les industries qui jusqu’à tout récemment formaient l’activité principale de nombreuses économies locales se sont effondrées sous la pression. Plus d’un demi-million de Canadiennes et Canadiens ont perdu leur emploi au cours de la dernière année. Nombre d’autres ont constaté la disparition de leurs économies durement gagnées lors de l’effondrement de la bourse et la faillite des banques. Les travailleuses et travailleurs ont fini par payer le prix d’une crise économique qu’ils n’ont aucunement créée.
Pour porter l’insulte à son comble, un des principaux outils de reprise économique du Canada, le Régime d’assurance-emploi, n’était tout simplement pas accessible à des milliers de travailleuses et travailleurs qui se sont retrouvés sans emploi des mois durant. Ce programme, qui a généré un surplus de plus de 50 milliards de dollars pour le gouvernement fédéral – qu’il a dépensé sur des réductions d’impôts pour les sociétés lors de temps meilleurs – ne pouvait verser des prestations qu’à la moitié des sans-emploi. La plupart ont dû se débrouiller seuls, même après avoir payé pour la protection de l’AE, sur chaque chèque de paie pendant des mois, et parfois des années.
La tempête économique qui a frappé notre pays l’année dernière a mis en évidence des lacunes dangereuses. Le printemps dernier, un éminent économiste bancaire a confirmé ce que nombre d’entre nous soupçonnaient depuis des années. La plupart d’entre nous n’ont tout simplement pas ou n’auront probablement pas assez d’économies pour subvenir à nos besoins à la retraite.
Malgré deux séries de promotions commerciales vigoureuses et une politique fiscale très généreuse, de nombreux Canadiens et Canadiennes ne contribuent pas à leur REER. Le montant moyen dans les REER des personnes qui approchent la retraite aujourd’hui n’est que de 60 000 $, ce qui équivaut à une rente de seulement 250 $ par mois.
La réalité est que plus de 60 % des travailleuses et travailleurs canadiens n’ont pas de régime de retraite de leur employeur. Ils comptent sur le Régime de pensions du Canada, la Sécurité de la vieillisse et tout ce qu’ils peuvent économiser eux-mêmes – et, tristement, ces économies sont sans protection et exposées à la même irresponsabilité corporative qui a déclenché cette dernière crise économique.
Les gens cotisent année après année pour leur propre retraite, mais nos lois sur les faillites ne protègent pas suffisamment les avantages des travailleuses et travailleurs quand leurs employeurs demandent la protection de la loi sur les faillites.
C’est tout simplement injuste. Et les Canadiennes et Canadiens le croient aussi. L’approche du « chacun-pour-soi » quand il s’agit des économies de retraite, du chômage et de la formation professionnelle a failli pour trop d’entre nous. Le temps est venu de changer certaines choses.
Nous pouvons réformer le régime d’AE pour qu’il fonctionne de la manière dont il aurait toujours dû et modifier les règles pour que les personnes qui travaillent à leur compte, à temps partiel ou à contrat ne soient pas délaissées.
Le temps est aussi venu de changer la façon dont nous planifions tous notre retraite. Les travailleuses et travailleurs doivent savoir qu’ils peuvent économiser assez d’argent pendant leur vie active pour éviter de vivre leurs dernières années dans la pauvreté. Le temps est venu pour un régime d’assurance qui garantit la sécurité de retraite pour tous. Le temps est venu d’investir davantage dans des programmes reconnus comme le Régime de pensions du Canada et la Sécurité de la vieillesse au lieu de réductions d’impôts qui ne font qu’aider les banques à faire plus d’argent en vendant des produits défaillants à la population.
Cette année, pendant que vous célébrez la fin de semaine de la fête du Travail, prenez le temps de penser aux 500 000 Canadiennes et Canadiens qui ont perdu leur emploi. Pensez à tous les autres qui ont vu leurs rêves de retraites s’évaporer. Souvenez-vous de ce qui a mené à cette situation et questionnez-vous si le Canada peut selon vous se permettre de « continuer comme à l’habitude » ou si le temps est venu de changer certaines choses.
Si nous mettons ces changements de l’avant, les prochaines fêtes du Travail seront à nouveau des moments pour célébrer nos réalisations plutôt que des moments où nous nous estimons chanceux.

Message pour la fête du Travail 2009