Affiché le mardi, 1 décembre 2009
Le 30 mars 2007, le gouvernement du Canada a signé la Convention des Nations Unies sur les personnes handicapées.
Plus tard la même année, dans le discours du Trône, le gouvernement s’est vanté :
« Notre gouvernement croit que c’est par la détermination et par l’action, et non par de vaines paroles, que le Canada retrouve maintenant son influence sur les affaires internationales. Guidé par les valeurs canadiennes que sont la démocratie, la liberté, les droits de la personne et la primauté du droit, notre gouvernement continuera d’affirmer le leadership du Canada sur la scène internationale par des gestes concrets qui produisent des résultats. »
Pourtant, plus de deux années plus tard, le gouvernement fédéral n’a pas encore donné suite à son engagement en ratifiant la Convention qu’il a signée au nom de tous les Canadiens et les Canadiennes.
Une fois de plus, la signature d’une entente internationale par le Canada ne semble pas signifier grand-chose. La promesse de « gestes concrets qui produisent des résultats » s’est perdue dans d’interminables discussions entre les provinces en l’absence d’un plan national valable.
Le fait que nos communautés et nos lieux de travail ne sont ni accessibles, ni intégrants continue de nuire aux personnes ayant un handicap. Un nombre beaucoup trop grand de celles-ci continue de vivre dans la pauvreté. De plus, les personnes ayant un handicap ont des taux élevés de chômage et de sous-emploi.
En fait, plus de 55 % des adultes handicapés en âge de travailler sont sans emploi ou ne font pas partie du marché du travail. Dans le cas des femmes handicapées, le taux s’élève à presque 75 %.
Les emplois sont là. La main-d'œuvre et les compétences pour accomplir le travail sont là. Le défi consiste à rendre le travail accessible et inclusif. Le gouvernement doit faire preuve de leadership.
Le gouvernement du Canada a déjà consenti à faire en sorte que les personnes handicapées aient un meilleur accès à la formation, à l’éducation et aux mesures d’adaptation au travail. Une approche plus vaste s’impose pour s’assurer qu’elles puissent profiter de ces possibilités.
Une stratégie syndicale pour les personnes handicapées signifie plus qu’un milieu de travail, une formation et des pratiques de travail accessibles et inclusives. Elle signifie également que l’on doit s’assurer que les personnes handicapées peuvent se rendre au travail, interagir avec leurs collègues et vivre de façon autonome.
Il faut avant tout que le gouvernement fédéral ait un plan – si cela signifie accroître les prestations de maladie de l’AE, modifier le régime fiscal pour aider les personnes handicapées ou travailler avec les autres ordres de gouvernement pour assurer la construction de logements accessibles et abordables ou de transports en commun accessibles et abordables.
Que peut faire le gouvernement fédéral?
- Améliorer les mesures de soutien aux personnes handicapées pour favoriser leur autonomie, leur citoyenneté active et leur pleine participation
- Participer davantage aux mesures de réduction de la pauvreté des personnes handicapées et de leur famille (ce qui pourrait laisser plus d’argent aux provinces pour de nouveaux investissements dans les mesures de soutien aux personnes handicapées)
- Aider les personnes handicapées à trouver du travail de qualité grâce à de meilleures mesures d’inclusion au marché du travail
- Encourager tous les Canadiens et Canadiennes à travailler à améliorer l’accessibilité et l’inclusion
- Travailler avec les gouvernements provinciaux et territoriaux ainsi qu’avec les Premières Nations à définir le rôle de développement social national du gouvernement fédéral pour promouvoir l’accessibilité et l’inclusion dans les communautés.
La Convention internationale sur les droits des personnes handicapées sera-t-elle une autre promesse internationale non tenue?
Espérons que non. Il est temps que le gouvernement fédéral tienne parole. Il est temps qu’il ratifie la Convention et montre aux Canadiens et Canadiennes un plan indiquant le rôle que le gouvernement fédéral jouera pour bâtir un Canada plus intégrant et plus accessible, un Canada que nous pourrons être fiers de montrer au monde.

Une autre promesse internationale non tenue?