Par Ken Georgetti on lundi, 14 novembre 2011
(Priorité au discours prononcé)
Confrères et consœurs, je vous souhaite une très chaleureuse bienvenue à la toute première réunion du Conseil canadien du Congrès du travail du Canada!
Je tiens à souhaiter la bienvenue à mes bons amis Rich Trumka, de la FAT-COI des États-Unis, et Brendan Barber, du TUC britannique, qui prendront la parole devant vous ce matin.
Je tiens à accueillir chaleureusement Bob White, président émérite du CTC, qui vient assister à cette première réunion du Conseil canadien.
Permettez-moi de commencer par vous annoncer une excellente nouvelle.
Il y a à peine plus d’une semaine, grâce au vigoureux leadership de son président Gary Corbett, l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada a voté pendant son assemblée générale annuelle pour l’adhésion au Congrès du travail du Canada!
C’est une décision historique.
Gary est parmi nous à titre d’observateur de cette réunion du Conseil. Gary, auriez-vous l’amabilité de vous lever?
Accueillons-le chaleureusement!
Je sais que chacun et chacune d’entre nous sera heureux de travailler avec l’Institut professionnel, ses membres et vous qui vous joindrez à la grande famille syndicale au cours des prochaines semaines.
Cette journée est également historique parce que nous participons tous à l’entrée du Congrès dans une ère nouvelle.
Le Conseil canadien fait partie de la nouvelle structure de gouvernance du CTC, laquelle est censée mieux répondre aux besoins de tous les affiliés du CTC.
Le Conseil canadien a été créé par suite d’une vaste consultation des affiliés avant que les déléguées et les délégués à l’Assemblée générale du CTC adoptent cette nouvelle structure à Vancouver en mai.
Une des caractéristiques les plus importantes du nouveau Conseil canadien est qu’il comprend plus de membres que l’ancien Conseil.
Afin d’améliorer les travaux du Congrès et de satisfaire aux besoins de ses affiliés, nous bénéficierons désormais de l’apport des vice-présidentes ou vice-présidents suivants au Conseil canadien :
- les premiers dirigeants et dirigeantes de tous les syndicats affiliés au CTC;
- 10 femmes représentant les 5 affiliés les plus grands des secteurs public et privé;
- les fédérations du travail de toutes les provinces et de tous les territoires, ce qui donne des points de vue régionaux;
- les vice-présidentes et vice-présidents suivants choisis par leur délégation respective à l’assemblée générale du CTC et dont la nomination est appuyée par leur affilié:
- 2 représentant les travailleurs et les travailleuses de couleur;
- 1 représentant les travailleurs et les travailleuses autochtones;
- 1 représentant les travailleurs et les travailleuses ayant un handicap;
- 1 représentant les travailleurs et les travailleuses gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres;
- 1 représentant les jeunes travailleurs et travailleuses;
- 1 représentant les travailleurs et les travailleuses retraités et élu pendant l’assemblée générale de l’Association des syndicalistes retraités du Canada.
Consœurs et confrères, ce nouveau Conseil canadien est plus inclusif que ses prédécesseurs et plus représentatif de tous nos affiliés : bienvenue à l’avenir!
Et parce que la présente réunion est la première de notre nouveau Conseil canadien, nous vous serions reconnaissants de vos suggestions pouvant aider à voir à ce que ses réunions futures permettent de mettre à contribution le mieux possible votre temps, vos connaissances et votre engagement à l’égard du mouvement syndical.
Nous savons que les réunions s’amélioreront peu à peu à la lumière de l’expérience et nous vous savons gré de votre patience.
Comme le savent les personnes qui ont participé à l’ancien Conseil exécutif, les services et les régions du CTC présentaient des rapports par l’entremise des membres de la direction du CTC.
Ces rapports étaient informatifs mais ils avaient tendance à constituer des listes d’activités plutôt qu’un examen des thèmes qui sous-tendent le bon travail du Congrès.
Le rapport que je dépose en tant que président au Conseil canadien est destiné à présenter l’ensemble des travaux importants que nous accomplissons.
J’encourage chacun et chacune d’entre vous à obtenir plus d’information sur nos secteurs d’activité qui présentent un intérêt particulier pour vous ou pour les membres que vous représentez.
Quand j’examine les campagnes récentes du CTC et le travail accompli au sein du CTC et avec ses affiliés, je vois cinq grands domaines d’activité :
L’action politique et la mobilisation, qui englobe nos considérables travaux de recherche et d’analyse et nos travaux ayant trait à la législation et aux élections.
Les communications, y compris nos travaux dans les médias sociaux comme Facebook et Twitter et nos campagnes en ligne.
L’éducation, y compris le Collège syndical du Canada, nos sessions d’éducation hivernales et les nombreux cours offerts aux travailleurs et travailleuses des différentes parties du pays.
L’égalité, y compris nos travaux de lutte contre le racisme, de promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’équité pour les travailleurs et les travailleuses de couleur, autochtones, ayant un handicap ou gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres, d’incitation des jeunes travailleurs et travailleuses à s’impliquer et de défense de la cause des travailleuses et travailleurs retraités.
La solidarité internationale, y compris le rôle que joue le CTC dans la représentation des travailleurs et travailleuses du Canada au sein d’organismes syndicaux internationaux et les travaux que nous accomplissons de concert avec des syndicats et des centrales syndicales du monde entier.
Les travaux de chaque service et de chaque région du CTC, dont je traiterai dans le présent rapport, peuvent être examinés dans l’optique d’un ou de plusieurs de ces secteurs d’activité.
En gros, le Congrès du travail du Canada a des objectifs simples consistant à améliorer la vie des travailleurs et travailleuses par l’entremise de leurs syndicats et de provoquer un changement social progressiste au Canada et à l’étranger.
Comme J.S. Woodsworth l’a dit avec tant d’éloquence, « ce que nous désirons pour nous-mêmes, nous le souhaitons à tous ».
Malheureusement, l’atteinte de nos objectifs simples se heurte à des obstacles appréciables et parfois complexes.
Ce mois-ci, j’ai eu l’honneur de représenter le Canada au sommet du G20, qui comprend les pays dont l’économie est la plus importante et les pays à économie émergente.
En votre nom, j’ai tenu une réunion avec Stephen Harper, premier ministre du Canada, à Ottawa vers la fin d’octobre, avant le sommet du G20.
Bien que nous ayons des points de vue diamétralement opposés sur de nombreuses questions importantes, je respecte le fait que le premier ministre Harper a tenu des réunions périodiques avec le Congrès du travail du Canada avant chaque sommet du G20.
Notre réunion a été franche… mais cordiale.
Même si nous disposions d’un temps restreint et que l’ordre du jour était fixe, j’ai pris quelques moments pour l’inciter à mettre un terme à l’ingérence du gouvernement dans la négociation collective.
Le premier ministre a laissé entendre que le gouvernement avait été étonné par la réaction négative d’un si grand nombre de personnes et d’organisations autres que des syndicats.
Nous avons discuté du projet du CTC sur l’expansion du Régime de pensions du Canada (RPC).
Consœurs et confrères, nous devons redoubler d’efforts pour convaincre les premiers ministres et les ministres des Finances des provinces d’ici décembre car je sais que le gouvernement fédéral ne s’opposera pas à l’expansion du RPC si nous obtenons un solide appui des provinces.
Je crois qu’il est très important que le CTC puisse communiquer clairement et directement avec le premier ministre du Canada, le gouvernement et tous les partis de l’opposition au sujet des enjeux qui importent à nos membres, quel que soit le parti au pouvoir.
Pendant que nous participions au sommet du G20 en France – et aux réunions des chefs syndicaux des différents pays constituant le L20 – j’ai eu l’occasion de tenir des réunions en personne avec plusieurs chefs d’État.
J’ai été heureux de pouvoir représenter le mouvement syndical canadien au cours de réunions avec Barack Obama, président des États-Unis, Nicolas Sarkozy, président de la France, Julia Gillard, première ministre d’Australie, David Cameron, premier ministre britannique, et Dilma Rousseff, présidente du Brésil.
J’ai été encore plus heureux de voir les efforts du mouvement syndical international, dirigé par mon amie Sharan Burrow de la CSI, porter fruit à la publication d’une historique déclaration bilatérale entre le L20 et le groupe patronal appelé B20.
Le patronat se trouvait à reconnaître ainsi que l’emploi et une solide protection sociale sont les fondements d’une économie florissante.
Nous avons obtenu, par suite de pressions, un engagement des pays membres du G20 à l’égard de l’établissement d’une stratégie mondiale pour l’emploi et la croissance et de la création d’un groupe de travail sur l’emploi auquel participerait le mouvement syndical avant le sommet suivant du G20, qui doit avoir lieu au Mexique.
Au Canada, nous pouvons voir le vaste éventail de questions qui importent aux travailleurs et travailleuses en examinant les travaux accomplis par le Congrès. Par exemple :
- Nous avons créé un concours de vidéos en ligne afin de mettre en évidence le fait que les réductions de l’impôt sur le revenu des sociétés nous coûtent des services publics nécessaires.
- Nous nous assurons, par l’entremise de nos bureaux régionaux, que des milliers de membres de la base des syndicats puissent suivre des cours d’éducation syndicale sur des questions ayant trait au milieu de travail et à d’autres sujets.
- Nous avons collaboré avec nos conseils du travail et nos affiliés pour faire élire 70 % des candidates et candidats appuyés par le mouvement syndical en Ontario au cours des élections municipales de l’année dernière et 78 % en C.-B. en 2008.
- Depuis le début de notre programme municipal, nous avons aidé à l’élection de près de 1 500 maires, conseillères ou conseillers municipaux et commissaires d’écoles.
- Nous luttons pour mettre un terme à la discrimination raciale à l’endroit des travailleuses et travailleurs migrants internationaux amenés au Canada sans qu’on leur donne droit à des salaires et à des avantages correspondant aux normes.
- Nous faisons la promotion de la solidarité internationale et du développement économique en envoyant une délégation du CTC en Afrique occidentale afin qu’elle noue des liens avec les syndicats des pays de la région.
- Nous continuons de tirer parti du militantisme politique, par exemple en voyant à ce que le budget fédéral le plus récent affecte plus d’argent au fonds de protection du salarié qui, grâce aux efforts du CTC et de ses affiliés, fait passer les travailleurs et les travailleuses avant les banques quand des entreprises font faillite.
- Des millions de dollars de salaires sont désormais versés à des travailleurs et travailleuses plutôt qu’à des banques ou à d’autres créditeurs.
- Nos pressions politiques fructueuses ont permis d’accroître le Supplément de revenu garanti des personnes âgées les plus vulnérables dans le budget le plus récent.
- La mise à jour économique la plus récente du ministre des Finances Flaherty prolonge le programme de partage de travail de l’a.-e.
Examinons les cinq secteurs d’activité : action politique et mobilisation, communications, éducation, égalité, et solidarité internationale afin de traiter des nombreux projets du CTC et travaux menés de concert avec les affiliés et d’autres afin de favoriser l’atteinte des objectifs du mouvement syndical.
Commençons par :
L’action politique
2011 est l’année des élections – nous venons de vivre des élections fédérales et des élections dans sept provinces et territoires, et des élections municipales doivent avoir lieu dans certaines provinces.
Sur le plan fédéral, nous avons éprouvé un grand triomphe, une tragédie énorme et une vive inquiétude.
L’énorme saut du Nouveau Parti démocratique au statut d’opposition officielle réalisé en mai sous le leadership inspirant de Jack Layton a été un succès incroyable.
Je dirai personnellement, et je sais que vous partagez mes sentiments à ce sujet, que j’ai perdu un bon ami qui a voué sa vie à la politique progressiste et au mouvement syndical.
Le discours prononcé par Jack pendant l’Assemblée générale de mai du CTC à Vancouver à peine une semaine après cette victoire historique a été son dernier discours important, même si nous ne le savions pas à ce moment-là.
Il est très approprié que nos déléguées et délégués lui aient réservé un accueil de héros.
Nous avons tous été extrêmement tristes d’apprendre que le cancer avait emporté notre ami à peine quelques mois plus tard.
Le courage de Jack Layton, son engagement et son optimisme même devant le cancer qui lui a enlevé la vie seront des sources d’inspiration pour nous tous, à jamais.
Au cours de la campagne électorale nationale, le CTC a collaboré avec ses affiliés, les fédérations du travail et les conseils du travail des différentes parties du pays afin de voir à ce que les besoins des travailleurs et travailleuses soient un enjeu électoral.
Par exemple, nous avons fait de la sécurité de la retraite un enjeu que tous les partis ont dû intégrer à leurs plateformes.
Nous avons obligé tous les partis à répondre à notre plan.
L’accent stratégique que nous avons mis sur l’aide du NPD dans des circonscriptions cibles avec les affiliés qui appuient des partis politiques ou des hommes et femmes politiques a été très fructueux.
La vague orange qui a porté le NPD à former l’opposition officielle pour la première fois a eu lieu en partie parce que le CTC aidait à faire des vagues!
Malheureusement, l’effondrement du Parti libéral fédéral et une campagne extrêmement bien financée et ciblée des Conservateurs a permis à M. Harper d’obtenir une majorité, pour la première fois.
Les résultats sont déjà très sombres pour le mouvement syndical : nous avons vu les interventions unilatérales d’appui des employeurs au cours des négociations et des conflits de la Société canadienne des postes et d’Air Canada.
Mais la situation aurait pu être pire n’avait été des interventions du CTC en coulisse, dirigées par le secrétaire-trésorier, Hassan Yussuff, pour réduire au minimum les pires des intentions des Conservateurs.
De plus, nous avons vu annoncer des compressions appréciables à des services publics fédéraux très nécessaires, et ce n’est que le début.
Un projet de loi émanant du député Russ Hiebert de la C.-B. a été déposé censément afin de régler un problème qui n’existe pas. Il visait à obliger les syndicats à divulguer l’information sur leurs finances, information que tout membre d’un syndicat peut déjà obtenir librement.
Le projet de loi a été défait techniquement il y a à peine plus d’une semaine par l’orateur de la Chambre des communes après le dépôt d’une motion par Joe Comartin, leader à la Chambre de l’opposition officielle du NPD.
Mais ne vous y trompez pas, nos adversaires – et il s’agit non seulement des Conservateurs mais aussi de la Fédération canadienne des contribuables, du Fraser Institute, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante et de tous les cercles de réflexion de droite qui sont nés ces dernières années – se sentent enhardis par la majorité conservatrice.
Ils ne dérougiront pas. Ils ont tiré un coup de semonce.
Et ils n’arrêteront pas.
Qu’a dit Brad Wall, premier ministre du Saskatchewan Party, le soir même de sa réélection? Que son gouvernement examinera un projet de loi sur la divulgation de l’information financière des syndicats.
Ne me dites pas qu’il s’agit d’une coïncidence!
Nous contrôlerons leurs activités étroitement, mais une chose est claire : nous n’avons jamais été intimidés par les menaces des Conservateurs et nous le serons jamais.
Notre mouvement syndical sera encore bien vivant longtemps après que le gouvernement conservateur Harper ne sera plus qu’un souvenir.
Dans les provinces et les territoires, le CTC, ses affiliés et les fédérations du travail ont travaillé dur pour faire élire des législateurs favorables aux travailleurs et travailleuses.
Et même si des personnes mal informées ont indiqué qu’une vague de conservatisme avait balayé le Canada après les élections fédérales les plus récentes, les résultats provinciaux illustrent que tel n’est pas le cas.
Au Manitoba, le gouvernement néo-démocrate de Greg Selinger a été élu pour un quatrième mandat, défaisant les Conservateurs.
À Terre-Neuve et dans l’Î.-P.-É., les partis conservateurs ont perdu au vote populaire.
En Ontario, le gouvernement libéral de Dalton McGuinty a été réélu mais l’opposition du NPD, sous la direction d’Andrea Horwath, est plus forte que jamais et les Conservateurs dirigés par Tim Hudak n’ont pas réussi à former le gouvernement même si Stephen Harper se vantait pendant l’été que les Conservateurs obtiendraient un trifecta dans cette province.
Les résultats des élections qui ont eu lieu en Saskatchewan la semaine dernière sont décourageants, mais le nom de Conservateur demeure trop sale pour qu’un parti s’y associe dans cette province.
Et vous ne trouverez pas de candidat du Parti conservateur retenu au cours des élections au Yukon ou dans les Territoires du Nord-Ouest.
Dans le cadre des élections municipales, le CTC a accompli un excellent travail de concert avec les conseils du travail.
Cette semaine, des élections auront lieu en Colombie-Britannique. Nous espérons obtenir mieux que le remarquable taux d’élection de 78 % de candidats appuyés par le mouvement syndical atteint en 2008.
Au Nouveau-Brunswick, en Saskatchewan et en Nouvelle-Écosse, des élections locales auront lieu l’année prochaine et nous espérons réaliser d’autres victoires à ces occasions.
Mais quand nous n’arrivons pas à faire élire des conseils municipaux progressistes, nous assistons malheureusement à l’élection de maires de droite tels que Rob Ford élu à Toronto.
La compression et la privatisation des services publics auxquelles M. Ford a procédé illustrent l’importance de la collaboration du CTC et des conseils du travail pour gagner les élections locales.
Si nous perdons, nous devons sans tarder nous mettre à riposter aux maires et aux conseils municipaux rétrogrades.
La mobilisation à cette fin est un autre élément clé de notre action politique, et ce pas seulement en politique électorale.
Le CTC et ses affiliés font des efforts considérables pour faire des pressions politiques sur la colline parlementaire. Par le passé, ces efforts ont permis de remporter d’importantes victoires, telles que la protection des travailleurs et travailleuses en cas de faillite d’entreprise.
Voici que nous devons relever un nouveau défi.
L’actuel accord de financement de 10 ans de l’assurance-maladie conclu par le gouvernement du Canada avec les provinces expirera en 2014, et la renégociation de cet accord est d’une importance critique pour tous les gouvernements provinciaux.
En tant que fier défenseur des soins de santé publics, le mouvement syndical doit intervenir afin de faire échec à la menace de privatisation et obtenir des progrès relatifs aux soins de longue durée, aux soins à domicile et à l’assurance-médicaments.
D’ici la réunion suivante du Conseil canadien, nous collaborerons avec nos affiliés et nos partenaires pour développer nos stratégies.
De plus, nous devons continuer à faire pression sur le Parlement en matière de santé et de sécurité.
Le CTC vient de tenir un fascinant symposium placé sous le thème « Westray : huit ans plus tard » au sujet de l’influence de la Loi Westray sur les poursuites en vertu du Code criminel et la mise en application de celui-ci.
Ce symposium a traité du recours aux communautés de l’application de la loi et du mouvement syndical pour employer les poursuites et les procès afin de prévenir les décès au travail.
Le symposium a mis en vedette des policiers, des avocats de la Couronne, des représentants en matière de SST et des représentants des Métallos, et un grand nombre d’affiliés y ont participé.
Cependant, il n’y a pas qu’en faisant pression sur le gouvernement fédéral qu’on peut provoquer des changements.
Le mouvement syndical appuie depuis longtemps les objectifs du mouvement des indignés, exigeant qu’il soit mis fin à l’inégalité croissante des revenus et à la cupidité avide des entreprises et des PDG.
Cependant, nous devons reconnaître que les indignés ont réussi beaucoup mieux que tout autre groupe à lancer un débat public au sujet de la cupidité et de l’augmentation de l’inégalité.
Pour la première fois depuis des décennies, les médias et le public traitent des faibles impôts sur le revenu des entreprises et de la cupidité de celles-ci, et les gouvernements et les banquiers sont tenus de répondre.
Et c’est une bonne chose.
Dans les cas où l’on nous l’a demandé dans les régions, nous avons collaboré avec les organisateurs et organisatrices du mouvement des indignés afin de leur apporter le genre de soutien qu’ils veulent.
Parce qu’il est important que les jeunes personnes soient aux commandes de leur propre programme.
Communications
Une leçon très importante à tirer du mouvement des indignés a trait à l’importance des communications par l’entremise des médias sociaux.
L’idée de l’occupation de Wall Street, même si elle était négligée depuis des semaines par les médias du courant principal, faisait rage en ligne, sur des blogues, sur Twitter et Facebook et dans des publications alternatives, jusqu’à ce qu’elle éclate au grand jour.
Le CTC fait de plus en plus appel aux communications en ligne afin de transmettre son message, et il obtient des résultats très positifs.
Notre page « La sécurité des retraites pour tous » sur Facebook a près de 5 000 adeptes.
En à peine plus d’un an, plus de 2 000 personnes se sont mises à suivre le compte du CTC sur Twitter.
Notre campagne en ligne contre l’élimination du registre des armes d’épaule – y compris la fonctionnalité de transmission d’un message de courriel à la députée ou au député fédéral approprié – a mis l’accent sur la transmission d’un message aux Conservateurs des circonscriptions urbaines.
Et notre calculatrice en ligne des frais de gestion des REER montre à quel point les frais imposés par les banques et les institutions financières sont excessifs.
Ce fait sera mis en évidence en novembre, Mois de la littéracie financière où les banques et les sociétés de fonds mutuels essaieront de nous montrer comment épargner davantage pendant qu’elles s’enrichissent en majorant leurs frais.
Nous espérons en outre que notre concours d’annonces à message d’une minute au sujet des taux ridiculement bas d’impôt sur le revenu des sociétés canadiennes fera fureur sur YouTube.
Égalité
Les jeunes travailleurs et travailleuses comme celle que vous venez de voir dans notre vidéo sont d’une importance critique pour le CTC, et c’est grâce aux médias sociaux que nous les incitons à s’impliquer.
Le Comité consultatif sur les jeunes travailleurs et travailleuses auquel participent des personnes représentant de nombreux affiliés s’efforce de nous aider à établir des liens avec des personnes travaillant dans des secteurs où la syndicalisation a toujours été difficile tels que celui du commerce de détail.
Les jeunes travailleurs et travailleuses s’intéressent beaucoup aux autres travaux accomplis par le CTC pour favoriser l’égalité, par exemple en luttant contre le racisme et dans les dossiers de la condition féminine.
Notre Service de la condition féminine et des droits de la personne tiendra plus tard ce mois-ci une session d’établissement de stratégies sur la condition féminine qui comprendront des stratégies applicables à la campagne du CTC sur les services de garde d’enfants devant être lancée selon le mandat donné pendant l’Assemblée générale du CTC.
Les services de garde d’enfants seront un dossier important car les travailleuses ont de plus en plus de difficulté à concilier le travail et la vie personnelle pendant qu’elles s’efforcent de réduire l’inégalité économique.
Nous emploierons les médias sociaux afin d’attirer l’attention sur ces questions.
Nous lancerons un jeu en ligne à l’occasion de la Journée internationale de la femme le 8 mars 2012 afin de permettre aux travailleuses non syndiquées et aux jeunes femmes d’en apprendre et de s’impliquer.
Nous pouvons célébrer le succès des efforts faits par le CTC, sous la direction de sa vice-présidente exécutive Barb Byers, en vue de la conclusion d’un accord sans précédent de l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui provoquera un vrai changement dans les conditions de vie et de travail des travailleuses et travailleurs domestiques.
La nouvelle convention de l’OIT pourrait influencer environ 150 000 travailleurs et travailleuses domestiques au Canada, si le gouvernement fédéral la ratifie.
Nous nourrissons un optimisme prudent à son sujet. Bien joué Barb!
Les travaux à long terme que nous accomplissons de concert avec Centraide Canada sont un autre moyen de promouvoir l’égalité.
Le fort rôle que le mouvement syndical joue au sein de Centraide a pour effet non seulement d’aider les personnes nécessiteuses mais aussi de montrer que les syndicats sont un élément vital de nos communautés.
Et la participation à Centraide aide le mouvement syndical à tendre la main à des entreprises qui pourraient compter parmi ses adversaires dans d’autres contextes ainsi qu’à des groupes confessionnels, à des personnes militant contre la pauvreté et à bien d’autres groupes.
Le Service des droits de la personne et de la lutte contre le racisme travaille dur pour assurer l’accès à l’égalité et nouer des liens importants dans le monde entier.
Nous avons tenu une conférence « Debout! Pour vos droits » en décembre 2010 qui a été axée sur des questions telles que l’inscription à la liste 1267 de l’ONU du citoyen canadien Abousfian Abdelrazik, accusé d’être un terroriste par le gouvernement des États-Unis mais lavé de tout soupçon par le SCRS, la GRC et le Soudan.
Nous avons appuyé la lutte livrée par M. Abdelrazik pour que son nom soit rayé de la liste de l’ONU lui imposant des sanctions ayant trait à ses déplacements, à son travail et à ses finances qui violent les droits humains fondamentaux.
L’accent que nous mettons sur l’égalité nous ramène aux communications. La chaîne Sun Media a présenté une couverture tellement partiale et inéquitable sur l’appui que nous avons apporté à M. Abdelrazik pendant la conférence « Debout! Pour vos droits » que le CTC s’en est plaint au Conseil de presse de l’Ontario.
Et après que notre cause a été entendue, Sun Media a préféré quitter le Conseil de presse plutôt que de présenter des excuses!
Cette situation illustre clairement l’approche intégrée que le CTC doit adopter entre ses services afin d’être efficace.
Le Service de la lutte contre le racisme a établi une excellente série d’affiches au sujet de 10 dates importantes – « Des messages pour assurer le progrès de la nation » – à l’aide de fonds du service de la Stratégie pour un milieu de travail sans racisme de Ressources humaines et Développement des compétences Canada.
Une autre initiative prise par le Service de la lutte contre le racisme est un projet de recherche sur les courtiers en main-d’œuvre et les employeurs réalisé de concert avec la Fédération syndicale de Hong Kong.
Ce projet est destiné à créer des « comités d’aide aux travailleurs et travailleuses migrants » comprenant des personnes représentant les syndicats et la communauté et chargés de donner des conseils à ces travailleurs et travailleuses sur leurs droits au travail et de lutter contre leur exploitation en tant que main-d’œuvre à bon marché.
Solidarité internationale
Les importants travaux accomplis dans ce domaine sont étroitement liés au rôle important que joue le CTC en tant que voix du Canada en matière de solidarité internationale avec des organisations syndicales du monde entier.
Bien que nous livrions des luttes appréciables contre des employeurs et des gouvernements de droite au Canada, ces batailles sont d’une importance mineure par rapport à l’oppression dont nos consœurs et confrères font l’objet dans bien des pays.
Le mois dernier, le CTC, les Métallos et 80 autres partenaires syndicaux et militant pour la justice sociale se sont unis pour s’opposer à cette oppression en déposant une plainte, en vertu des dispositions de l’ALENA sur le travail, contre les tactiques antisyndicales employées par le gouvernement et l’armée du Mexique à l’égard du Syndicat mexicain de l’électricité (SME).
Hassan Yussuff, secrétaire-trésorier du CTC, a accompagné des dirigeantes et dirigeants du SME à des réunions avec des autorités gouvernementales canadiennes le 27 octobre.
Nous avons appris vers la fin de la semaine dernière que le gouvernement du Canada a accepté notre plainte.
C’est un exemple non seulement de solidarité internationale mais aussi de recours à notre avantage à des accords tels que l’ALENA – auquel nous nous sommes opposés.
Et compte tenu de la couverture quasi-inexistante des atteintes portées par le gouvernement du Mexique aux droits de syndicats légitimes, nous devons recourir aux médias sociaux pour faire connaître et rectifier la situation.
J’ai de bonnes nouvelles à annoncer au sujet d’efforts internationaux ayant des résultats positifs au Canada, particulièrement sur les syndicats des métiers de la construction et les syndicats représentant le personnel des foyers de soins infirmiers.
Le mois dernier, le Conseil exécutif de la Confédération syndicale internationale, qui représente des syndicats du monde entier, a pris une décision importante, à la demande du CTC, contre la Christian Labour Association of Canada (CLAC).
La CSI a indiqué que les politiques publiées par la CLAC et les activités qu’elle mène au Canada compromettent les conditions de travail des travailleurs et travailleuses et entravent les activités de recrutement des syndicats affiliés au CTC.
La CLAC a par conséquent vu suspendre sa qualité de membre de la CSI et elle doit changer de comportement sinon elle sera exclue de la CSI en permanence.
Nos activités de solidarité internationale ont en outre donné lieu à une importante visite rendue au Nigéria et au Ghana par le confrère Yussuff, John Gordon, président de l’AFPC, et Linda Silas, présidente de la FCSII, avec des membres du personnel du CTC pour tenir des réunions avec des dirigeantes et dirigeants syndicaux principaux, nouer des liens et partager de l’information.
Le rôle suivi du confrère Yussuff en matière de solidarité internationale l’a amené à se faire demander par de grands affiliés internationaux de poser sa candidature à la présidence de la Confédération syndicale des Amériques (CSA) pendant le congrès qu’elle tiendra en avril.
Nous enverrons une délégation à ce congrès et nous serions reconnaissants aux affiliés d’en faire partie.
La nomination du confrère Hassan accroîtrait le prestige du CTC et ferait le contrepoids de l’accent mis par le gouvernement conservateur Harper sur la région en faisant la promotion d’accords de libre-échange inéquitables tels que l’ALENA et les accords conclus avec le Chili, le Costa Rica, le Pérou, la Colombie et Panama ainsi que l’accord sur le point d’être conclu avec le Honduras.
Bonne chance Hassan!
Au cours d’un autre voyage international, Dave Coles, président du SCEP, et moi avons visité la Norvège, à l’invitation de la Confédération générale du travail de Norvège (LO), afin d’en apprendre au sujet de la façon dont ce pays utilise ses redevances et des activités de Stat Oil.
Stat Oil, dont le principal actionnaire est la population de la Norvège, participe à des projets en Alberta et à Terre-Neuve-et-Labrador où le SCEP représente des travailleurs et travailleuses.
Notre visite a compris une réunion avec le ministre des Affaires extérieures de la Norvège et des autorités supérieures du ministère des Finances afin de discuter du rôle beaucoup plus intégral que jouent les syndicats de la Norvège.
En Norvège, les recettes fiscales tirées des profits de la production de pétrole sont investies dans le régime national de pensions considérablement supérieur au nôtre. Cela apporte de l’eau au moulin de notre campagne de bonification du Régime de pensions du Canada.
Le rôle du Canada en matière de commerce international et le rôle du mouvement syndical en matière de solidarité internationale sont relativement peu connus dans ce pays.
C’est pourquoi l’éducation syndicale est d’une importance critique pour le CTC.
Éducation
Grâce au Collège syndical du Canada, à nos sessions d’éducation hivernales et à d’autres programmes d’éducation, le CTC donne aux membres de la base et aux dirigeants et dirigeantes syndicaux des points de vue nouveaux sur des questions telles que notre rôle international et bien d’autres sujets.
Pour bon nombre de travailleurs et travailleuses, la possibilité de suivre des cours donnés par le CTC, grâce à l’aide des affiliés, est la première étape dans une vie de militantisme et de contribution à la justice sociale, en milieu de travail et dans le monde entier.
Nous sommes extrêmement heureux que le Collège syndical du Canada ait eu un succès remarquable au cours de ses premières années d’existence en tant que nouvelle institution se vouant à accroître les capacités des militantes et militants syndicaux.
Le Collège syndical du Canada offre un programme de quatre semaines comprenant un vaste éventail de cours sur des sujets variant de l’économie politique à l’histoire syndicale et aux travailleurs et travailleuses devant la mondialisation.
Nous projetons d’élargir l’offre au Collège syndical et dans le cadre de nos programmes d’éducation aidant les militantes et les militants à développer leurs compétences afin de mieux servir les membres.
Dans nos régions, le CTC s’affaire à mettre en œuvre des programmes d’éducation syndicale à l’intention de ses affiliés.
En fait, la session d’éducation hivernale de la région du Pacifique a été tellement populaire que nous y avons ajouté une cinquième semaine, la région de l’Atlantique prévoit ajouter des cours l’année prochaine, le Manitoba espère établir une session d’éducation hivernale sous peu et la session d’éducation estivale de l’Ontario comprend de nombreux cours supplémentaires.
En dernier lieu, nos différents secteurs d’activité sont regroupés au sein de la campagne la plus grande du CTC, qui vise à améliorer radicalement le Régime de pensions du Canada.
Presque tous nos services contribuent à notre campagne sur le RPC, à laquelle nos affiliés apportent un appui énorme.
Des travaux de recherche et d’analyse sur des questions ayant trait aux pensions à la sensibilisation de nos membres, aux communications avec le public sur différents sujets, aux pressions faites sur des hommes et femmes politiques de tous les paliers et même à la consultation d’hommes et de femmes politiques d’autres pays au sujet des régimes de pensions de ceux-ci, le CTC ne ménage pas ses efforts.
Nous n’aurons de repos que lorsque nous aurons réussi.
Cette campagne porte la marque de notre mouvement. Il s’agit d’une campagne dont bénéficient tous les travailleuses et les travailleurs et que dirige le mouvement syndical.
Je sais qu’en travaillant ensemble nous pourrons réussir à apporter l’amélioration la plus importante aux programmes sociaux depuis l’instauration du régime d’assurance-maladie!
Le CTC a accompli bien plus que cela depuis l’assemblée générale de mai, mais je ne peux parler qu’un certain temps sans m’arrêter…
Et je suis sûr qu’il y a une limite au temps que vous pouvez m’écouter!
Cette réunion du Conseil canadien est historique, et nous espérons nous apprêter à entrer dans l’histoire à de très nombreux égards.
Ne vous y trompez pas : les gouvernements de droite et les cupides intérêts du monde des affaires menacent notre mouvement syndical et la menace est très appréciable.
Cependant, les syndicats font l’objet de menaces depuis que le premier travailleur a déposé ses outils et débrayé afin de protester contre un traitement inéquitable il y a des siècles.
Le mouvement syndical se heurtera toujours à une opposition énorme de la part des personnes qui refusent de partager équitablement leur richesse et leur pouvoir.
Le rétrécissement de la classe moyenne au Canada et aux États-Unis peut être attribué aux premières atteintes portées aux droits des syndicats depuis l’après-guerre, soit pendant les années 1980.
Or, quand nous faisons front commun avec le public et qu’il nous considère comme le porte-parole de tous les travailleurs et les travailleuses – comme c’est le cas dans le cadre de notre campagne sur la sécurité de la retraite – nous avons des alliés.
Il est temps de nous allier au public plus que jamais auparavant.
Ce qui change, c’est la capacité du mouvement syndical de relever les défis nouveaux en procédant à des interventions innovatrices et à la faveur de compétences accrues et d’un degré de perfectionnement plus élevé.
Nous n’avons jamais reculé devant un défi. Nous relèverons les défis sans hésiter – que ce soit sur la ligne de piquetage ou en ligne – parce que le Congrès du travail du Canada entend gagner!
Je vous remercie et j’ai hâte de participer à de nombreuses autres réunions fructueuses du Conseil canadien!

Ken Georgetti s'adresse au Conseil canadien du CTC