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Discours par Barbara Byers au 29e congrès de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec

Par Barbara Byers on lundi, 29 novembre 2010

Consœurs et confrères, j’ai le plaisir de vous saluer au nom des dirigeantes et dirigeants du Congrès du travail du Canada et de ses 3.2 millions de membres.

Ken Georgetti, président du CTC, exprime son profond regret de ne pouvoir être parmi vous aujourd'hui et m'a demandée de vous souhaiter de sa part un congrès couronné de succès.

Je dois commencer par dire que je trouve très difficile de m’exprimer en français.

Vous avez un mot différent pour tout.

Puisque mon vocabulaire est limité, je parle le français très lentement et j’ai parfois du mal à comprendre ce qui se dit. Cependant, mes amis, je veux vous parler dans votre langue. Je vous suis reconnaissant de votre patience et de votre compréhension.

C’est vraiment un honneur pour moi de vous adresser la parole aujourd’hui et je remercie votre président, Michel Arsenault, de m’en donner l’occasion.

Le confrère Arsenault est très efficace auprès du Congrès du travail du Canada. Nous sommes très reconnaissants de l’appui qu’il apporte à nos programmes. Ses conseils sur les dossiers québécois sont très précieux pour tous nos dirigeants et dirigeantes et notre Conseil exécutif.

Merci Michel.

Aujourd’hui, je veux vous parler brièvement de la plus ambitieuse et de la plus importante des campagnes que le CTC a menées depuis des décennies. Elle vise à augmenter radicalement la sécurité de la retraite de tous les travailleurs et les travailleuses du Québec et du Canada.

Il y a de petites différences entre le plan du CTC et celui de la FTQ, mais nos objectifs sont les mêmes :

Protéger les pensions des travailleurs et travailleuses;

Permettre aux personnes âgées d’échapper à la pauvreté;

Et améliorer grandement les prestations de retraite futures de tous les travailleurs et les travailleuses.

Malheureusement, la perspective de prendre sa retraite fait peur à la plupart des habitantes et habitants du Québec et du Canada.

Ils voient devant eux non pas des années dorées, mais bien des années de pauvreté.

Et ce qui est encore plus triste, c’est qu’ils ont raison de s’inquiéter.

Ici, au Québec, les personnes âgées ont le taux de pauvreté le plus élevé du pays. Montréal comprend une proportion de personnes âgées pauvres plus élevée que toute autre grande ville du Canada.

C’est une situation inacceptable et honteuse!

Il n’est pas étonnant que la campagne de la FTQ visant à aider les travailleurs et les travailleuses à la retraite fasse l’objet d’une réaction aussi positive.

Il n’est pas étonnant que vous avez un appui important des groupes d’étudiantes et d’étudiants, de femmes, de personnes âgées et de
personnes ayant un handicap.

Parce que nous devons faire face à une énorme crise de la retraite, et nous savons tous que les RÉER ne sont pas la solution.

Des milliards de dollars ont été perdus pendant l’effondrement financier causé par la cupidité des entreprises et l’incapacité des gouvernements de réglementer les banques, les institutions financières et les entreprises.

Les Canadiens et les Canadiennes veulent-ils vraiment jouer avec la sécurité de leur retraite de cette façon?

Non, pas du tout!

Seule une personne sur quatre ayant présenté des déclarations de revenu au Québec en 2008 avait acheté un RÉER.

Près de soixante pour cent des travailleurs et travailleuses du Québec n'ont pas accès à un régime de retraite offert par l’employeur.

Entre temps, les quarante et un point cinq pour cent des travailleurs et travailleuses du Québec participant à des régimes offerts par l’employeur – qui sont principalement syndiqués – voient ces régimes menacés.

Les travailleurs et les travailleuses du secteur public sentent des pressions de plus en plus fortes faites par le secteur des entreprises en vue de réduire les coûts pour les gouvernements en réduisant les prestations.

C’est un tableau sombre.

Heureusement, le CTC a un meilleur plan : nous voulons doubler les prestations du Régime de pensions du Canada pour tous les travailleurs et les travailleuses du Canada.

Le plan du CTC ressemble beaucoup à celui qui a été dressé par la FTQ et ses alliés au Québec pour doubler les prestations versées par la Régie des rentes du Québec.

De plus, le plan du CTC comporte la même revendication que le plan de la FTQ : que le supplément de revenu garanti soit haussé immédiatement de quinze pourcent afin de permettre aux 1.6 million de personnes âgées qui sont actuellement emprisonnées dans la pauvreté d’échapper à celle-ci.

Et nous devons riposter aux employeurs cupides qui veulent éliminer nos régimes de retraite à prestations déterminées et obliger les travailleurs et les travailleuses à accepter des régimes inférieurs à cotisations déterminées.

Certains employeurs et hommes et femmes politiques de droite disent que les plans du CTC et de la FTQ coûteraient trop chers à réaliser, mais c’est faux!

Si nous haussons légèrement les cotisations au fil d’une période de sept années, cela permettra de faire passer la pension de base de tous les travailleurs et les travailleuses d’un niveau de pauvreté au niveau d’un revenu suffisant.

Le plan du CTC est réalisable. Nous en avons fait calculer le coût par Bernard Dussault, ancien actuaire en chef du Régime de pensions du Canada.

Les raisons pour lesquelles l’amélioration du Régime de pensions du Canada et du RRQ est la meilleure solution sont claires. Le régime est universel, les prestations sont transférables, c’est-à-dire qu’elles sont associées à la personne plutôt qu’à son emploi, et quatre-vingt-treize pour cent des Canadiens et Canadiennes y ont droit.

Et je suis très heureux d’annoncer que Jim Flaherty, ministre des Finances du Canada, et les ministres des Finances de la plupart des provinces ont indiqué qu’ils appuient l’expansion du Régime de pensions du Canada.

Le confrère Arsenault et le président du CTC, Ken Georgetti, ont déjà tenu une réunion avec le premier ministre Charest pour l’encourager à appuyer notre plan.

Quand les ministres des Finances fédéral et provinciaux se réuniront en décembre, nous pourrons, en travaillant ensemble, les inciter à adopter le plan du CTC et de la FTQ.

C’est pour cela que nous vous demandons votre aide. Nous devons convaincre tous les hommes et femmes politiques qu’une augmentation mineure des prestations du RPC ou du RRQ ne suffit pas et qu’il faut doubler ces prestations.

Consœurs et confrères, l’heure est venue de demander un changement progressiste.

Nous réussirons parce que, ici au Québec, vous avez le mouvement syndical le plus fort au Canada.

Vous êtes un exemple à suivre pour le mouvement syndical à l’extérieur du Québec.

Vous avez des lois du travail que nous ne pouvons qu’espérer dans les autres provinces.

Et vous avez la force et la solidarité qui font écouter les politiciens.

C’est pourquoi vous réussirez votre campagne sur la sécurité des retraites pour les travailleurs et travailleuses du Québec.

Et je sais que grâce à votre fort appui, le CTC et la FTQ pourront s’assurer que tous les travailleurs et les travailleuses puissent prendre leur retraite dans la dignité et en sécurité.

Nous pourrons permettre à toutes les personnes âgées d’échapper à la pauvreté.

Merci.

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