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Discours donné à la Session d’éducation hivernale de la C-B Harrison Hot Springs, C-B

Par Ken Georgetti on dimanche, 31 janvier 2010

(Version non définitive)

Consœurs et confrères, les personnes présentes ici aujourd’hui constituent vraiment le cœur du mouvement syndical canadien.

Dans l’ensemble du pays, ce sont des personnes comme vous – des membres de syndicats qui consacrent leur temps et leur énergie à la promotion et à l’amélioration de notre mouvement syndical – qui font notre vraie force, la force de la solidarité.

Et n’est-il pas ironique que pendant que nous nous réunissons – que vous vous portez volontaires pour participer à des activités syndicales et aider vos communautés – le premier ministre Stephen Harper ne croit pas qu’il y a suffisamment de travail à accomplir au Canada pour que le Parlement siège!

C’est honteux.

Des centaines de milliers de personnes sont en chômage, nous vivons une récession économique et M. Harper proroge – c’est-à-dire suspend – le Parlement jusqu’en mars!

Imaginez ce qui arriverait si vous demandiez à votre patron de « proroger » votre travail pour quelques mois mais de continuer à vous rémunérer.

Il « prorogerait » votre emploi en permanence!

La prochaine fois que vous entendez un homme ou une femme politique de droite comme Stephen Harper se plaindre que le Canada a un problème de « productivité des travailleurs », dites-lui que vous, vous travaillez à plein temps pour gagner votre vie!

Je propose que M. Harper et ses députés conservateurs se remettent au travail dès maintenant. Nous vous rémunérons suffisamment. Faites donc votre travail!

Même si les hommes et femmes politiques conservateurs ne veulent pas faire leur travail, des personnes comme vous accomplissent un excellent travail dans l’intérêt des membres qu’elles représentent.

Que vous soyez un président ou une présidente de section locale, un délégué syndical, un membre de comité de négociation, un représentant ou une représentante en matière de santé et de sécurité ou que vous jouiez tout autre rôle au sein de votre section locale, vous êtes le visage du mouvement syndical dans votre lieu de travail.

Et nous comptons tous sur vous pour maintenir ce mouvement fort.

Le mouvement a toujours compté sur sa base – depuis ses débuts au cours des années 1800 – et vous êtes maintenant une partie importante de l’héritage qu’il lègue fièrement.

Ceux qui nous ont précédé ont bâti notre mouvement – ils ont revendiqué la journée de 8 heures – ils nous ont permis de passer des fins de semaine sans travailler – ils ont obligé les autorités à créer l’assurance-maladie publique et à adopter des lois sur la santé et la sécurité – et ils ont contribué à créer de nombreuses autres réalités que nous tenons pour acquis.

Nous avons une dette de reconnaissance à leur égard, et nous payons cette dette par notre action militante aidant tous les travailleurs et les travailleuses à faire face aux problèmes nouveaux qui se posent aujourd’hui.

Les problèmes auxquels les travailleurs et travailleuses et leurs syndicats doivent faire face sont abondants.

  • Économie ravagée.
  • Chômage massif.
  • Épuisement des prestations d’assurance-chômage.
  • Grèves et lock-out.
  • Accidents de travail et maladies professionnelles.
  • Pensions et retraites menacées.

Il n’y a pas de doute que les travailleurs et les travailleuses vivent des temps difficiles.

Or, notre mouvement syndical n’a jamais eu la vie facile – nous avons dû lutter, et lutter dur, pour obtenir tous les avantages sociaux et les programmes sociaux dont nous bénéficions aujourd’hui.

Et nous continuons de lutter pour les défendre.

Je tiens à traiter brièvement de quelques activités que le Congrès du travail du Canada mène au nom de tous les membres de syndicats – et à vous demander votre aide.

Nous donnons la priorité à l’échelle nationale à un dossier qui est peut-être le plus pressant au Canada : le sort de nos pensions.

Si nous n’agissons pas dès maintenant – si nous ne luttons pas pour que le Parlement apporte les changements nécessaires – nous ne pourrons plus promettre aux travailleurs et travailleuses qu’ils pourront prendre leur retraite dans la dignité et le respect et en sécurité.

Le Congrès du travail du Canada craint vivement qu’à moins que nous n’améliorions radicalement la législation sur les pensions, de nombreux travailleurs et travailleuses vivront dans la pauvreté, l’incertitude et l’humiliation la période qui devrait constituer leurs années dorées.

Il y a deux défis de taille à relever.

Premièrement, comme bon nombre d’entre vous le savent, les employeurs s’efforcent farouchement de nous enlever nos régimes de retraite à prestations déterminées.

Entendons-nous bien : ces régimes de retraite durement gagnés ne sont pas des cadeaux des employeurs; ils sont des revenus différés des travailleurs et travailleuses!

Nous avons consenti à toucher des salaires moindres en échange contre la mise dans des régimes de retraite à prestations déterminées de fonds devant servir quand nous prendrons notre retraite. C’est aussi simple que ça.

Or, voici que les PDG qui, eux, ont des régimes de retraite blindés leur assurant des millions de dollars tentent de nous priver de nos pensions pour assurer des bénéfices exceptionnels.

Nous devons riposter ensemble pour protéger nos pensions – et nous le ferons.

Il est clair comme de l’eau de roche que les régimes enregistrés d’épargne-retraite – les REER – ne sont pas le moyen par lequel les travailleurs et les travailleuses peuvent s’assurer de vivre à l’aise à la retraite.

L’effondrement économique auquel nous venons d’assister a enlevé des milliards de dollars d’actif aux régimes de retraite professionnels et aux REER – les marchés ont perdu 40 % de leur valeur en à peine quelques mois.

Au Canada, seul un contribuable sur quatre a cotisé à un REER pour l’année d’imposition 2008.

Cependant, le nombre des Canadiens et Canadiennes déclarant faillite personnelle a été plus élevé que jamais en 2009, dépassant 150 000.

Il est clair que notre système de retraite n’est pas efficace et que nous devons changer de cap.

Le CTC dit que la solution crève les yeux : d’ici 7 à 10 ans, nous devons doubler les prestations du régime public qu’est le Régime de pensions du Canada.

Le Régime de pensions du Canada est en fait un régime à prestations déterminées auquel sont assujettis 93% des Canadiens et Canadiennes. En l’améliorant, nous pouvons voir à ce qu’aucun membre de la population canadienne ne vive dans la pauvreté après son départ à la retraite et à ce qu’aucun Canadien ou Canadienne ne soit obligé de continuer de travailler au-delà de l’âge de la retraite, faute de revenus.

Ce ne sera pas facile. Les grandes entreprises et les médias qui s’en font les porte-parole s’opposent déjà à l’idée.

Toutefois, avec votre aide, nous pouvons gagner.

Parce que c’est le mouvement syndical du Canada qui a aidé à créer l’assurance-chômage et qui a revendiqué l’assurance-maladie publique ainsi que d’autres programmes sociaux.

Nous allons aider à créer un Régime de pensions du Canada sur lequel nous pourrons tous compter!

Deuxièmement, il y un besoin impérieux de créer des emplois au Canada.

Le budget que le gouvernement conservateur fédéral déposera en mars doit donner la priorité à la création d’emplois.

Plus de 1,5 million de Canadiens et Canadiennes sont en chômage.

Le taux de chômage global est de 8,5% et celui des jeunes dépasse 16%.

Depuis octobre 2008, notre pays a perdu 342 000 emplois à plein temps.

Et en décembre 2009, aucun emploi n’a été créé – aucun.

C’est un désastre total et inacceptable, et il faut qu’il cesse.

Le premier ministre Stephen Harper et le ministre des Finances Jim Flaherty doivent adopter sans tarder des mesures propres à créer des emplois et à réduire le chômage.

Et il n’y a pas que le mouvement syndical qui devrait appeler à la création d’emplois – toutes les petites, moyennes et grandes entreprises du Canada devraient en faire autant!

Qui achète les biens et les services qu’elles produisent? Ce sont les travailleurs et les travailleuses qui ont un emploi.

Or, les 1,5 million de travailleurs et travailleuses canadiens en chômage n’achètent pas des voitures neuves, ne vont pas au restaurant et ne prennent pas des vacances avec leurs faibles prestations d’a.-e.

Consoeurs et confrères, vous êtes les messagers de notre mouvement syndical.

Vous êtes sur le terrain – dans les lieux de travail, dans la communauté, au sein d’organisations bénévoles et confessionnelles et dans les écoles, avec vos parents et amis.

Veuillez transmettre cet important message où que vous alliez : il est temps de réduire radicalement le chômage et de réparer le Régime de pensions du Canada.

Les travailleurs et les travailleuses du Canada ne peuvent pas attendre plus longtemps – et il nous incombe à tous de lutter pour que des solutions soient adoptées.

Je vous remercie de tout ce que vous faites pour notre mouvement syndical et je vous souhaite bonne chance dans vos études au cours de la session hivernale!