Par Hassan Yussuff on jeudi, 24 juin 2010
(Priorité au discours prononcé)
Consoeurs et confrères, je vous transmets les salutations du confrère Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada, et des deux dirigeantes du CTC.
C’est un plaisir pour moi de prononcer un discours pendant cet événement.
Je suis particulièrement fier du travail accompli au fil des années par le Congrès du travail du Canada et ses affiliés dans le domaine du VIH et du sida.
Les syndicats ont compté parmi les premières organisations à reconnaître les effets dévastateurs du VIH-sida sur les travailleuses et les travailleurs, leurs familles et leurs communautés dans le monde entier.
Nous avons reconnu qu’il y avait lieu de prendre des mesures appréciables pour aider les travailleurs et les travailleuses du monde entier et leurs syndicats à traiter de la question dans une optique pluridimensionnelle.
En 2002, les personnes déléguées à l’assemblée statutaire du CTC ont adopté une résolution créant le Fonds syndical canadien pour le VIH/SIDA afin que les syndicats affiliés au CTC puissent mettre en commun leurs ressources pour accroître l’effet de leur utilisation.
Les syndicats participants versent des dons au Fonds afin d’appuyer des programmes destinés à :
- accroître la capacité des syndicats de négocier et d’établir des régimes d’avantages sociaux comprenant des programmes de prévention du VIH, l’établissement d’installations de soins et l’accès au traitement;
- produire des documents de formation;
- favoriser l’éducation et l’entraide par les pairs selon les secteurs, les groupes d’âge, les préférences sexuelles et le fait d’être ou non en couple;
- accroître la capacité grâce à des échanges de travailleurs et travailleuses.
Bien que nous réalisions des projets précis dans d’autres pays, nous nous sommes efforcés cette année d’établir des stratégies et des partenariats propres à engendrer une réponse politique collective du point de vue de nos réalités respectives.
L’épidémie du sida tue des travailleurs et travailleuses et des membres de leurs familles.
Elle freine le progrès économique de bien des pays.
Elle sème la zizanie dans les institutions sociales, par exemple dans le domaine de l’éducation, favorisant ainsi la continuation d’un cycle de pauvreté qui permet à la maladie de se propager.
Chaque année, des milliers de travailleurs et travailleuses meurent. Ce sont des personnes possédant des compétences précieuses qui ont beaucoup à apporter à la vitalité économique de leur pays.
Il s’ensuit que la population active de certains pays en développement diminue à un rythme alarmant.
Il y a un énorme déséquilibre de la disponibilité des traitements et des services de prévention de l’infection au VIH entre les pays industrialisés et les pays en développement.
L’atteinte de l’objectif du Millénaire pour le développement en matière de VIH-sida – qui est de freiner et de renverser la propagation de l’épidémie d’ici 2015 – nécessite une forte augmentation de l’accès aux services de prévention de l’infection au VIH ainsi qu’au traitement, aux soins et à l’appui en matière de sida et une volonté politique des pays industrialisés de contribuer à la réponse coordonnée qui est nécessaire pour enrayer l’épidémie.
De concert avec la CSI-Afrique, le CTC a établi un programme d’actions au palier national sur les différents continents afin de faire pression sur les pays membres du G8 pour qu’ils nous aident à atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement en matière de VIH-sida.
Il s’agit d’assurer l’accès universel aux programmes de prévention, de traitement et de soins en matière de VIH-sida, y compris la thérapie antirétrovirale pour réduire le nombre des nouveaux cas d’infection.
Avec la CSI-Afrique, nous avons lancé notre appel à l’accès universel en mettant l’accent sur les sommets du G8 et du G20 qui se dérouleront à Toronto la fin de semaine prochaine.
Pendant l’année, des actions axées sur les ambassades ont été menées, des membres de syndicats du monde entier ayant visité les ambassades du Canada dans plus de quarante pays.
Nous avons lancé une campagne de pétitions et procédé à d’importantes pressions politiques et communications stratégiques pour convaincre le représentant du Canada au sommet du G8 – le sherpa canadien – d’incorporer l’accès universel aux résultats finaux du sommet.
Je tiens à remercier les affiliés de la CSI-Afrique qui ont participé à la campagne en rédigeant des lettres, en demandant des réunions avec des autorités de l’ambassade du Canada dans leur pays, en tenant des conférences de presse et en mobilisant les travailleurs et les travailleuses de tous les secteurs et je remercie le confrère Kwasi Adu-Amankwa.
Je tiens également à remercier de leurs efforts individuels les agents de coordination des 22 centrales syndicales africaines en matière de VIH-sida.
Et les syndicalistes engagés, tels que le confrère Emmanual Komlan Agbenou, qui ont donné le pas au rassemblement des signatures et qui nous ont incités à redoubler d’efforts.
Je demanderais au secrétaire général de la CSTT et secrétaire général adjoint de la CSI-Afrique de bien vouloir transmettre nos sincères remerciements au confrère Agbenou.
Le CTC continue de participer en coulisse à un dialogue valable et constructif avec le sherpa du Canada à ce sujet grâce aux pressions que vous avez faites ces derniers mois.
Ce dialogue n’est possible que parce que nous avons été visibles, non seulement au Canada mais aussi dans différents autres pays.
C’est une illustration frappante de l’effet que des actions directes au palier national peuvent avoir sur les résultats d’un sommet.
Notre défi consiste à trouver des moyens de continuer de faire pression sur les pays membres du G8 qui apportent le gros des ressources financières aux programmes permettant de tenir les promesses faites pendant le sommet, et particulièrement les programmes dans le cadre desquels les syndicats pourront intervenir dans les secteurs les plus névralgiques : en milieu de travail, à la table de négociation et en matière de formation et d’éducation.
Si nous voulons atteindre l’objectif du Millénaire de freiner et de renverser la propagation du VIH et du sida d’ici 2015, nous avons du pain sur la planche.
Nous nous sommes engagés à collaborer avec les syndicats du monde entier pour maintenir la pression sur nos gouvernements.
Ils doivent honorer leurs engagements.
Or, pour y voir, il faudra que des actions directes continuent d’être prises au palier national en collaboration et en solidarité avec nos consoeurs et confrères du monde entier.
Je sais que toutes les personnes ici présentes sont déterminées à s’assurer que les pays industrialisés honorent leurs engagements.
Je vous remercie et j’ai hâte au jour où nous pourrons dire que la conjugaison de nos efforts à permis d’endiguer l’épidémie.

Discours donné pendant l’événement parallèle au Congrès mondial de la CSI sur le VIH-sida