Par Ken Georgetti on samedi, 27 mars 2010
(Priorité au discours prononcé)
Le défi de tous les partis au Parlement est de trouver une solution à l’énorme crise de la sécurité de la retraite.
L’ancien gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, a dit aux Canadiens et aux Canadiennes de simplement économiser davantage. C’est ridicule, quand les salaires stagnent ou diminuent depuis 25 ans – et la plupart des nouveaux emplois sont des postes à faibles salaires qui n’assurent pas un niveau de vie décent, et qui permettent encore moins d’« économiser davantage ».
Mais voici ma réponse-surprise : nous devons penser comme des PDG.
Les PDG veulent trois choses que tous les Canadiens et Canadiennes veulent à la retraite : l’accès, la sécurité et l’assurance.
Donc, un PDG dont la valeur est égale à son chèque de paye de plusieurs millions de dollars a déjà le régime de retraite que tous les autres Canadiens et Canadiennes seraient ravis d’avoir : un régime enregistré à prestations déterminées.
Les prestations déterminées signifient que vous savez quel sera votre revenu de retraite. Elles ne fluctuent pas selon les hauts et les bas du marché boursier.
Au Canada, 47 % de tous les régimes de pension d’employeur comptent moins de 10 membres. Et devinez quoi? Ce ne sont pas de petites entreprises familiales. Ce sont des régimes réservés aux gestionnaires d’entreprise.
En fait, il y a deux ans, 40 % des régimes étaient enregistrés au nom de particuliers!
Et voilà qu’on fait pression sur les syndicats, dont les régimes de pensions à prestations déterminées sont beaucoup plus modestes, pour qu’ils y renoncent en faveur de régimes à cotisations déterminées – les cotisations sont déterminées, mais les prestations sont incertaines.
Les chances que les PDG mettent en place de nouveaux régimes à prestations déterminées se réduisent à zéro, sauf si c’est pour eux-mêmes.
Donc, comment le Canada pourrait-il se comporter comme un PDG?
En transformant radicalement le Régime de pensions du Canada actuel en un régime sur lequel tous les Canadiens et Canadiennes peuvent compter pour vivre dans la dignité à la retraite.
Pourquoi? Parce que le RPC est le meilleur des deux mondes : c’est un régime à prestations déterminées et à cotisations déterminées.
Les personnes admissibles aux prestations du RPC savent combien elles toucheront. Aux termes du plan du CTC visant à doubler les prestations de retraite, elles toucheraient un maximum de 1 635 $ par mois. C’est évidemment un régime à prestations déterminées.
Aux termes du plan du CTC, les employeurs sauraient exactement quel serait le montant des cotisations aux régimes de pensions des travailleurs et des travailleuses. C’est évidemment un régime à cotisations déterminées.
Le temps est venu d’admettre que les REER n’ont malheureusement pas réussi à garantir la sécurité à la retraite dès leur mise en place en 1957 par le ministre libéral des Finances, Walter Harris, malgré ses bonnes intentions.
Seul un contribuable canadien sur quatre a contribué à un REER en 2008.
Voilà pourquoi garantir la sécurité à la retraite est une responsabilité qui revient au Régime de pensions du Canada.

Discours en vue de la Table ronde « Garantir la retraite au-delà de 2017 » de la Conférence d’orientation du Parti libéral du Canada