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Discours à la Conférence nationale du Forum canadien sur l'apprentissage

Par Ken Georgetti on lundi, 7 juin 2010

(Priorité au discours prononcé)

Au nom des 3,2 millions de travailleurs et travailleuses qui sont membres du Congrès du travail du Canada, j’ai l’honneur de vous transmettre des salutations et des remerciements pour l’important travail que vous accomplissez au Forum canadien sur l'apprentissage.

Je suis particulièrement heureux de m’adresser à vous non seulement à titre de président du CTC, mais aussi en tant que travailleur qui a un jour été apprenti, avant de devenir travailleur spécialisé.

En tant que tuyauteur et monteur d'installations au gaz titulaire du Sceau rouge, j’ai travaillé à la fonderie de Cominco à Trail, en Colombie-Britannique. J’ai beaucoup appris et j’ai acquis, à un jeune âge, une reconnaissance envers le régime d’apprentissage qui m’accompagnera toute la vie.

Bien sûr, comme à tout autre apprenti de l’histoire de ce métier, les tuyauteurs chevronnés m’ont vite appris deux choses essentielles : c’est jour de paye toutes les deux semaines et vous-savez-quoi coule toujours vers le bas!

Sur une note plus sérieuse, mon apprentissage a été le premier pas de ma carrière et le plus important. C’était le début de l’apprentissage continu.

Mon apprentissage m’a en fait permis d’acquérir des compétences pour la vie : l’aptitude à résoudre des problèmes, à appliquer la pensée critique pour surmonter les défis et à gérer des projets de façon efficace – des compétences qui vont bien au-delà de l’emploi.

C’est pourquoi le rôle que joue le Forum canadien sur l’apprentissage est si important dans la promotion et le perfectionnement de l’apprentissage à la grandeur du pays.

Votre bon travail aide à transformer et à améliorer l’avenir de milliers de jeunes travailleurs et travailleuses, en leur donnant des compétences et une expérience qui leur seront utiles toute leur vie.

Y a-t-il quelque chose de plus important ou de plus enrichissant!?

Le FCA joue d’ailleurs un rôle essentiel au Canada, car c’est l’une des organisations nationales où les syndicats, les employeurs, les conseils provinciaux de l’apprentissage, les gouvernements, les établissements d’enseignement, les organisations sectorielles et d’autres se réunissent... pour une cause commune.

Ce n’est pas seulement le travail que nous accomplissons qui compte, mais également le fait que nous l’accomplissons ensemble. C’est ce qui le rend si important.

La nature du dialogue libre que ce Forum encourage est un modèle pour une collaboration accrue, fondée sur le respect mutuel et la reconnaissance d’intérêts différents dans d’autres domaines, tant pour le milieu syndical que pour celui des affaires.

Je suis très heureux que le mouvement syndical se soit engagé et qu’il ait contribué de façon importante au Forum canadien sur l’apprentissage en faisant partie du conseil.

Je voudrais particulièrement féliciter le Forum de ses réalisations remarquables des dernières années.

Le travail du Forum fait l’objet d’éloges, et ce que les employeurs reçoivent pour leur investissement dans la formation montre clairement pourquoi l’embauche d’apprentis est une bonne chose.

L’une des initiatives récentes fort intéressantes du Forum consiste à promouvoir des dialogues nationaux sur l’engagement des employeurs à l’égard de l’apprentissage.

Je suis particulièrement heureux que l’un de ces dialogues porte sur les gouvernements en tant qu’employeurs d’apprentis.

On oublie souvent que les gouvernements sont d’importants employeurs, qui doivent eux aussi embaucher des apprentis et que leur rôle est non seulement de réglementer et de fournir des services.

Le CTC et ses syndicats affiliés, qui représentent les travailleurs et les travailleuses de tous les ordres de gouvernements, espèrent que les représentants et les représentantes des gouvernements ici présents voient les gouvernements comme d’importants employeurs.

Autrement dit, les gouvernements ne devraient pas travailler uniquement à financer les programmes d’apprentissage, mais également à financer et à embaucher des apprentis.

Cela donnerait un peu de répit aux entreprises du secteur privé qui embauchent et forment consciencieusement des apprentis, que le gouvernement vient ensuite leur rafler.

Permettez-moi de souligner tout particulièrement un atelier prévu pour lundi après-midi, intitulé « Approches novatrices des syndicats en matière d’apprentissage lié au travail ».

Un exemple serait l’entente conclue entre le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes et la Société canadienne des postes pour faciliter l’accès d’employés actuels à l’apprentissage.

Le STTP a également négocié une entente selon laquelle 50 % des apprentis pour des postes internes devraient être des femmes.

C’est un excellent projet sur au moins deux plans : l’accès à l’apprentissage et l’accès des femmes à l’apprentissage.

La présente conférence et le travail solide que vous accomplissez signifient que le FCA est devenue la voix de l’apprentissage au Canada.

Et cette voix se fait entendre haut et fort. Bravo!

Malgré toutes les félicitations que je suis heureux d’offrir, je dois toutefois faire une mise en garde.

Le Forum canadien sur l'apprentissage doit trouver de nouveaux moyens de résoudre un vieux paradoxe : relever le défi de pourvoir des postes vacants de métiers spécialisés, alors que des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses n’arrivent pas à trouver d’emploi.

Il est toujours difficile de faire correspondre les besoins des employeurs aux compétences de la main-d’oeuvre. Les frustrations risquent d’être encore plus grandes dans les années à venir à mesure que la reprise économique se fera sentir.

Il n’y a qu’une solution à ce problème.

C’est de ne pas aller chercher les travailleuses et les travailleurs spécialisés à l’étranger.

Non! La solution, c’est d’investir – investir dans l’apprentissage, investir dans la formation et, surtout, investir dans la main-d’oeuvre.

Nous devons créer des emplois durables, qui sont de plus en plus respectueux de l’environnement et qui sont fondés sur les connaissances de nos travailleurs et travailleuses, et non sur l’exportation de nos ressources naturelles.

Nous avons déjà vu d’heureux résultats dans certains secteurs de notre économie.

En Colombie-Britannique, l’industrie du film et de la télévision existait à peine il y a 30 ans.

Aujourd’hui, c’est l’endroit en Amérique du Nord qui se classe au troisième rang. Cette industrie emploie 30 000 personnes et rapporte 1,3 milliard de dollars à l’économie de la province.

L’industrie du film et de la télévision s’est bâtie en partie en créant des emplois qui se prêtent à l’apprentissage, des machinos aux préposés à l’habillage en passant par les cuisiniers et autres rôles clés.

Même avec la faiblesse du dollar canadien, l’industrie du film ne se serait pas retrouvée en Colombie-Britannique si on n’avait pas eu facilement accès à des équipes formées et compétentes pour faire le travail aussi bien que Hollywood.

La Colombie-Britannique, qu’on appelle maintenant Hollywood Nord, réalise des émissions de télévision à succès telles que Smallville et d’importants films tels que Juno.

L’industrie du film et de la télévision est devenue une force importante de l’économie de la Colombie-Britannique. Même en temps difficiles, l’industrie survit et réussit à cause de sa main-d’oeuvre hautement qualifiée.

C’est vers un tel modèle d’apprentissage que nous devons nous tourner pour l’avenir. Et cela exige la collaboration et l’investissement du milieu des affaires, des syndicats et des gouvernements.

Il faut investir dans la main-d’oeuvre afin de lui donner les compétences nécessaires pour fabriquer des produits et offrir des services de qualité qui sont en demande dans le monde.

Ainsi, nous jetterons les bases d’un avenir durable pour notre pays et nos enfants.

L’alternative – un nivellement par le bas qui nous laisserait avec des travailleuses et des travailleurs non qualifiés et des emplois à salaire minimum – n’est pas une solution.

Certains importants dirigeants du milieu des affaires ont déjà compris.

J’en cite un directement : « Nous ne ferons pas concurrence à la Chine sur le plan des salaires. Si nous le faisons, que Dieu nous aide! Nous voulons faire concurrence dans un monde d’innovation où notre système d’éducation est d’une importance primordiale. »

« La seule façon de maintenir notre niveau de vie dans le contexte mondial, c’est d’avoir une main-d’oeuvre formée et des industries productives. »

Quel dirigeant à dit cela?

Le vice-président exécutif du Pattison Group, l’entreprise privée la troisième en importance au Canada, dont les ventes annuelles s’élèvent à 7,1 milliards de dollars et qui compte 33 000 employés. Nul autre que Glen Clark.

Il a aussi déjà été premier ministre néo-démocrate de la Colombie-Britannique.

Pour conclure, je sais que parler d’apprentissage ici, c’est parler aux convertis, et il ne me reste qu’à dire... Alléluia!

Le travail extrêmement important du Forum canadien sur l’apprentissage est indispensable pour notre avenir.

Donc, je vous souhaite bon succès dans vos travaux au cours de ce congrès et dans les années à venir. Notre avenir à tous repose aussi sur votre succès.

Je vous remercie et vous souhaite une conférence fructueuse.

 

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