Par Ken Georgetti on jeudi, 26 août 2010
(Priorité au discours prononcé)
Consoeurs et confrères, c'est avec plaisir que je vous transmets les voeux de solidarité du Congrès du travail du Canada et de ses 3,2 millions de membres.
Il me fait toujours plaisir de m'adresser à votre syndicat parce qu'en tant que plombier qualifié et tuyauteur, lorsque je travaillais dans le domaine, les travailleurs de l'électricité étaient toujours plus haut que moi.
Maintenant, la seule raison pour laquelle ils étaient plus haut est qu'ils travaillaient toujours 20 pieds dans les airs accrochés à une colonne de service... Mais je respectais quand même les travailleurs de l'électricité -- parce ce s'ils commettaient une erreur, ils recevaient une sérieuse décharge électrique -- dans mon cas, mes mains sentaient mauvais pour quelques jours...
Je désire remercier Phil Flemming, le vice-président canadien de la FIOE de m'avoir invité à vous parler.
Le confrère Flemming est une voix puissante pour la FIOE au sein de notre Comité exécutif. Il voit à l'avancement des questions d'importance pour votre effectif.
Phil est aussi engagé à travailler avec le CTC et ses syndicats affiliés sur les campagnes plus vastes que nous entreprenons pour aider tous les travailleurs et les travailleuses.
Sur une note personnelle, plus tôt cette année, j'ai été peiné d'apprendre que Rick Dowling – le gérant d'affaires de la section locale 213 et un membre du Conseil exécutif international -- est décédé soudainement en mai.
Rick a donné quatre décennies de service à la FIOE et à notre mouvement syndical -- beaucoup de gens le manqueront.
Je suis particulièrement fier de vous parler aujourd'hui parce que la FIOE est un des syndicats des métiers les plus engagés au Congrès du travail du Canada et à son travail.
Malheureusement, certains syndicats des métiers de la construction ont quitté le CTC il y a quelques années -- un geste qui a affaibli notre force collective et notre habileté à influencer la politique publique.
Toutefois, je suis heureux de vous dire que ces syndicats des métiers de la construction adhéreront à nouveau les rangs de la centrale syndicale.
J'ai récemment parlé à l'assemblée de l'Union internationale des journaliers -- une première pour un président du CTC depuis 1996 -- afin de leur souhaiter à nouveau la bienvenue.
Ce que je veux toutefois dire à la FIOE, c'est que votre appui constant à travers les ans a été très important pour notre organisation et il nous a aidés à rendre possible ce renouvellement du mouvement syndical au Canada.
La FIOE a aussi été un élément clé dans notre travail sur l'examen de la structure du CTC et des centrales syndicales qui a maintenant été complété.
L'examen de la structure assure que les services que le CTC fournit à la FIOE donnent à votre syndicat et vous les membres, la meilleure valeur possible pour vos cotisations.
Dans ce monde qui change rapidement, le CTC doit constamment surveiller son fonctionnement pour assurer que le point focal soit toujours les inquiétudes de ses membres.
Grâce à l'examen de la structure, et votre participation par l'entremise du rôle clé que le confrère Flemming a joué dans ce processus -- le CTC est plus apte à satisfaire les besoins des affiliés.
Bien, je suis aussi captivé par le thème de votre réunion All Canada Progress Meeting - Les jeunes travailleurs -- notre prochaine génération.
Donc, parlons de ... la retraite!
Cela vous semble étrange?
Bien, c'est vrai -- parce que les jeunes travailleurs et travailleuses ne pensent aucunement à la retraite lorsqu'ils commencent à peine leur carrière.
Et c'est bien naturel -- ils ont des décennies de vie active devant eux avant la retraite.
Cependant, il y a actuellement une crise qui touche les régimes de retraite au Canada -- et ceux qui pourraient en souffrir le plus -- ou nous l'espérons, en bénéficieront le plus -- sont les jeunes travailleurs et travailleuses -- notre prochaine génération.
Si et comment nous résoudrons cette crise influencera leur avenir.
Ceci dépendra aussi de qui sera entendu par le gouvernement.
Est-ce que le gouvernement écoutera les banques et les entreprises -- qui ont ruiné notre économie et notre habileté de prendre notre retraite?
Ou le gouvernement écoutera-t-il les travailleurs et les travailleuses qui bâtissent en fait notre pays?
C'est pourquoi le Congrès du travail du Canada déploie des efforts énormes dans ce que nous croyons être les plus importants aspects de la politique sociale qui se présentent aux Canadiens et Canadiennes depuis longtemps -- le besoin de sécurité de retraite et la réforme des pensions.
Laissez-moi vous dire que les jeunes travailleurs et travailleuses se fient à nous tous dans le mouvement syndical aujourd'hui pour lutter pour leurs droits de se retirer avec dignité, sécurité et respect dans le futur.
Voici pourquoi nous avons une crise dans les pensions -- une crise que les grandes entreprises et les banques ne veulent pas reconnaître.
Présentement, dans notre pays riche, 1,6 million d'aînés vivent dans la pauvreté -- ceci signifie qu'ils gagnent moins de 15 000 $ par année.
C'est absolument inacceptable.
C'est une raison suffisante pour apporter un changement dramatique à la sécurité de retraite.
Cependant, il y a plusieurs autres raisons.
Les Régimes enregistrés d'épargne-retraite ont pour objet d'assurer un revenu à la retraite -- mais seulement un contribuable canadien sur quatre a versé une contribution à un REER en 2008.
Et seulement un Canadien sur trois a acheté des REER en 2009.
Un tiers des travailleuses et des travailleurs canadiens âgés de 24 à 64 ans n'ont absolument pas d'épargne-retraite personnelle. Aucune.
Même s'ils ont un REER, il génèrerait pour un travailleur moyen qui approche la retraite, un montant inférieur à 300 $ par mois.
Les choses s'empirent -- seulement 38,5 % des employeurs offrent des régimes de pensions -- la plupart sont des endroits syndiqués.
Et même les travailleuses et les travailleurs ayant des pensions font face à des réductions.
Les employeurs forcent les travailleurs et les travailleuses à abandonner leurs régimes de pensions supérieurs à prestations définies et à accepter des régimes inférieurs à cotisations définies, où les revenus dépendent du marché qui comporte des risques élevés.
Les REER et les régimes de pensions à cotisations définies placent un degré de risque intolérable sur les régimes de pensions, quand le but devrait être en fait d'offrir une sécurité.
Permettez-moi de résumer ce problème lugubre -- et d'expliquer la solution raisonnable que le CTC propose.
Si en tant que pays, nous convenons qu'il est inacceptable que les aînés vivent dans la pauvreté;
Si les Canadiens et les Canadiennes comprennent que les REER ne fonctionnent pas;
Et si nous constatons que les régimes de pensions à prestations définies sont en perte de vitesse, que devons-nous faire?
Le Congrès du travail du Canada croit que notre plan pour la sécurité de la retraite est simple, très efficace et plus important encore - très abordable et atteignable (faisable).
Le CTC veut doubler les prestations du Régime des pensions du Canada.
Ça semble peut-être dramatique -- mais doubler les prestations du Régime de pensions du Canada sur une période de 7 à 10 ans, est totalement possible -- et ça devrait être une priorité du gouvernement.
Qui plus est -- la majorité des ministres des Finances provinciaux favorisent l'expansion du RPC -- c'est déjà une grande victoire.
Ils n'appuient pas une amélioration aussi majeure que celle recherchée par le CTC -- mais au moins, c'est un début très positif.
Nous avons aussi un appui marqué des maires et des conseillers municipaux canadiens qui ont adopté une résolution demandant une réforme des pensions presque identique au plan du CTC lors de l'assemblée de la Fédération des municipalités canadiennes en mai dernier.
Il n'est pas surprenant que nous gagnions de l'appui à travers le pays -- pensez au Régime de pensions du Canada.
Le RPC couvre déjà 93 % de tous les Canadiens et Canadiennes, syndiqués et non syndiqués.
Le RPC est transférable -- quel que soit l'endroit où vous travaillez, ou le nombre de fois que vous changez d'emploi, les prestations du RPC vous suivent.
Et c'est universel -- tous les travailleurs et les travailleuses y contribuent -- qu'ils soient des employés ou des indépendants.
Donc, l'amélioration du RPC est la façon la plus simple et efficace de renforcer dramatiquement la sécurité de la retraite pour tous les Canadiens et les Canadiennes.
Je veux réitérer pour les membres de la FIOE, la transférabilité et l'universalité de la proposition du CTC -- elle vise littéralement les travailleurs et les travailleuses qui auront de nombreux employeurs dans plusieurs endroits durant leur carrière.
Le résultat -- une augmentation modeste des cotisations doublerait les prestations du RPC à un maximum de 1 635 $ par mois en dollars 2009.
Le plan du CTC signifierait un régime de pensions fondamentalement meilleur pour les jeunes travailleurs et travailleuses qui récolteraient les pleins avantages lorsqu'ils arriveront à l'âge de la retraite.
Même si vous n'êtes pas un jeune travailleur, ce plan vous aidera aussi.
Un travailleur de 58 ans qui se retirerait à 65 -- soit seulement sept années de cotisations au RPC sous notre plan -- augmenterait ses prestations de retraite d'environ 29 000 $.
Est-ce que ce sera dispendieux? Non.
Pour un travailleur qui gagne 47 200 $ ou plus par année, doubler les prestations du RPC futures ne représente qu'une augmentation de cotisation de 9 cents l'heure ou 3,60 $ par semaine.
La retraite ne vaut-elle pas le prix d'un café d'une maison spécialisée ou une bière une fois semaine?
En plus de faire du RPC le choix principal pour la sécurité de la retraite, le Congrès du travail du Canada croit que deux autres changements sont nécessaires pour améliorer la sécurité de la retraite.
Nous avons immédiatement besoin d'une augmentation de 15 % des prestations du supplément de revenu garanti pour sortir de la pauvreté, les 1,6 million d'aînés dont je vous ai parlé.
Et nous avons besoin d'une assurance régime de retraite pour protéger les revenus de pensions de chaque travailleur et travailleuse, afin qu'ils puissent se retirer avec dignité et sécurité.
Nous assurons nos vies, nos résidences, nos véhicules, nos emplois -- mais pas nos pensions!
Ceci ne fait aucun sens -- ça doit changer.
Consoeurs et confrères -- nous avons déjà réalisé des progrès importants vers l'amélioration importante du Régime de pensions du Canada -- et avec votre appui,je sais que nous pouvons atteindre le genre de sécurité de retraite que chaque Canadien et Canadienne mérite.
Pour terminer, je ne peux m'empêcher de vous laisser avec une citation sur la façon dont les autres perçoivent vos emplois en tant que travailleurs et travailleuses de l'électricité.
Comme l'a dit Dave Barry,
« Nous croyons que l'électricité existe parce que les compagnies d'électricité nous envoient constamment des factures, mais nous ne pouvons pas arriver à comprendre comment l'électricité voyage par les fils. »
En tant que plombier, je suis évidemment d'accord!
Merci.

Discours à la FIOE "All Canada Progress Meeting"