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Discours à l'occasion du Sommet sur les pensions de la FTO et du CTC

Par Ken Georgetti on samedi, 27 mars 2010

(Comparer au discours prononcé)

Consoeurs et confrères,

Je vous remercie, vous, cette table ronde et les autres conférenciers et conférencières, des discussions engagées sur ce qui est non seulement l’enjeu le plus important à l’heure actuelle, mais également un enjeu crucial des prochaines décennies – l’avenir des pensions et de la retraite.

Je remercie également la Fédération du travail de l’Ontario et son président, Sid Ryan, d’avoir organisé ce forum avec le CTC, car nous avons désespérément besoin d’un débat national sur la protection et l’amélioration de la sécurité de la retraite. Je remercie particulièrement les personnes à la retraite qui ont pris la parole aujourd’hui pour nous parler de leurs expériences vécues, de leurs espoirs et... de leurs inquiétudes.

C’est en donnant un visage à la sécurité de la retraite et à la nécessité d’un changement radical que nous pourrons convaincre la population canadienne et nos gouvernements de faire non seulement ce qu’il faut, mais également ce qui est nécessaire, de toute urgence.

Pourquoi? Parce que si les pensions ne sont pas améliorées de façon importante pour l’ensemble de la population canadienne, nous courrons le risque très réel que de plus en plus de travailleurs et travailleuses qui ont contribué à bâtir ce pays vivent dans la pauvreté et le désespoir à la retraite.

Ce n’est pas dans ce genre de Canada que nous voulons vivre.

Vous avez entendu des discussions très bien informées sur la sécurité de la retraite.

Une chose est claire : que vous soyez une personne à la retraite inquiète de votre avenir, Don Drummond, économiste en chef de la Banque TD, ou un leader syndical, nous sommes tous d’accord pour dire que le Canada est confronté à une crise des pensions et de la retraite et que nous devons trouver une solution, le plus vite possible.

Là où nous ne sommes pas d’accord, c’est sur la nature de la solution.

Donc, permettez-moi de vous dire ceci, du point de vue syndical : la solution ne consiste pas à continuer de promouvoir les politiques qui ont fait défaut et qui nous ont mis dans le pétrin actuel!

Autrement dit, il ne faut pas élargir ou étendre les régimes enregistrés d’épargne-retraite REER, ni en dépendre. Ils n’ont tout simplement pas fonctionné!

Ils sont même loin d’avoir donné les résultats souhaités lorsqu’ils ont été établis il y a cinquante ans.

Nous ne devons pas dire aux Canadiens et aux Canadiennes que le fardeau de l’épargne-retraite est de plus en plus une responsabilité personnelle.

Ce sont les banques, les institutions financières et les « conseillers » en matière d’investissement – et les gouvernements qui les écoutent – qui ont mis en péril la sécurité de la retraite de générations de Canadiens et de Canadiennes.

Leurs soi-disant solutions sont en fait le problème!

Nous avons besoin de vraies solutions. Des solutions qui – surprise – répondent aux besoins de tous les Canadiens et Canadiennes.

Premièrement, nous avons besoin d’un Régime de pensions du Canada qui procure une pension vitale à tous les Canadiens et Canadiennes.

Voilà pourquoi le CTC souhaite que les prestations du Régime de pensions du Canada soient doublées, jusqu’à un maximum de 1 635 $ par mois.

Nous devons relever le niveau minimum des pensions au-delà du seuil de la pauvreté de 12 000 $ par année pour le porter au niveau décent de 24 000 $ pour les retraités de l’avenir.

À la suite d’une augmentation graduelle échelonnée sur sept ans, les personnes qui approchent de la retraite verront une amélioration de leurs prestations. Mais ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui en auront le plus pour leur argent.

Deuxièmement, nous avons besoin d’une augmentation immédiate de 15 % de la Sécurité de la vieillesse pour sortir les personnes âgées d’aujourd’hui de la pauvreté.

Troisièmement, nous avons besoin d’un régime d’assurance-pension pour protéger le revenu de pension de tous les travailleurs et travailleuses, pour qu’ils puissent vivre dans la dignité et la sécurité à la retraite.

Est-ce trop demander dans un pays aussi riche que le Canada?

Je ne le crois pas.

Examinons maintenant la dure réalité des faits.

Seul un contribuable canadien sur quatre a investi dans un REER en 2008.

Et un nouveau sondage suggère qu’en 2009 seulement un Canadien sur trois a investi dans un REER.

Or, dans un récent rapport, M. Drummond de la Banque TD conclut qu’il « faut mettre l’accent sur ce qui incite les Canadiens à économiser ».

Trouver un emploi aux 1,5 million de sans-emploi au Canada serait peut-être un bon début!

Et pourquoi ne pas améliorer les salaires des travailleurs et des travailleuses à revenu moyen, après 25 années de stagnation.

Ou améliorer les salaires des bas-salariés, dont le pouvoir d’achat a diminué au cours des 25 dernières années.

En fait, je me demande bien qui bénéficierait le plus d’une plus grande dépendance aux REER. Les banques qui les vendent ou les personnes qui les achètent?

La réponse est évidente, et d’autant plus à la lumière du fait que la récente crise économique a réduit de milliards de dollars la valeur des REER personnels.

Sans mentionner les ponctions dans certains REER en raison de l’augmentation des frais applicables aux fonds communs de placement, non seulement en Amérique du Nord, mais dans le monde entier, pour garnir les poches de l’industrie financière.

C’est la même histoire dans le domaine des soins de santé. Les entreprises veulent réaliser des profits en rendant les particuliers de plus en plus responsables de leur couverture et en réduisant le financement de nos régimes collectifs et publics de soins de santé.

Eh bien, consoeurs et confrères, ça ne se fera pas. Ni pour les pensions ni pour les soins de santé!

La solution évidente à la sécurité de la retraite est simple : doubler les prestations du Régime de pensions du Canada pour que tous les travailleurs et travailleuses, syndiqués ou non, puissent vivre en sécurité à la retraite.

Voici pourquoi nous en avons besoin.

Lors d’un forum sur les pensions, à Windsor, Gail nous a raconté son histoire. Elle a 63 ans et était cuisinière dans une maison de retraite syndiquée.

Lorsque la maison de retraite a fermé ses portes il y a quatre ans, Gail n’a pas réussi à trouver un nouvel emploi et a dû vendre sa maison et tous ses actifs.

Après avoir gagné un salaire décent, elle a dû avoir recours à l’assurance-emploi, puis à l’aide sociale.

Elle se nourrit maintenant dans les banques d’alimentation, vit dans un petit appartement et, après avoir payé son loyer, il ne lui reste que 300 $ par mois!

Gail doit attendre d’avoir 65 ans pour être admissible au Supplément de revenu garanti – et continuer à vivre dans la pauvreté.

Elle fera partie des 1,6 million de personnes âgées au Canada qui gagnent moins de 15 000 $ par année.

« J’ai perdu ma dignité », dit Gail.

Maintenant, c’est à moi de vous demander ceci : comment peut-on s’attendre à ce que les personnes comme Gail achètent des REER? Et leur dire de vivre dans la pauvreté le reste de leur vie?

L’histoire de Gail illustre les deux premiers volets du plan du CTC : de un, pourquoi il faut doubler les prestations du Régime de pensions du Canada et, de deux, pourquoi il faut accroître immédiatement le Supplément de revenu garanti de 15 %.

Pour illustrer le troisième volet – l’assurance-pension – voici une autre histoire vécue.

Miguel a travaillé pour Nortel pendant plus de 25 ans.

Miguel a perdu son indemnité de départ parce que Nortel a fait faillite, et il risque de toucher une très petite part de sa pension.

Nortel versera des prestations de pensions et des avantages jusqu’à la fin de 2010. Et après, plus rien!

Pourquoi? Parce que la loi sur la faillite accorde aux travailleurs et aux travailleuses une des dernières places sur la liste.

Nous avons obtenu des améliorations, mais les travailleurs et les travailleuses ont toujours le petit bout de bâton en matière de pensions et d’indemnités de départ devant un tribunal de la faillite.

Les prestations des régimes de pensions de Miguel et de dizaines de milliers d’autres Canadiens et Canadiennes ont été considérablement réduites à cause de l’effondrement économique provoqué par la cupidité des entreprises et le manque de réglementation gouvernementale.

Voilà pourquoi le CTC affirme que nous avons besoin d’un régime fédéral d’assurance-pension. Nous assurons nos vies, nos maisons, nos véhicules, nos emplois – et pourquoi pas nos pensions?!

Ça n’a pas de sens. Il faut que ça change.

Donc, consoeurs et confrères, le moment est propice à la mise en oeuvre du plan du CTC pour la sécurité de la retraite.

C’est notre moment – notre moment pour faire provoquer le changement le plus profond et positif au Canada depuis 1960, année où Tommy Douglas a mis en place le régime d’assurance-maladie en Saskatchewan.

Et nous savons qu’avec l’appui que vous apportez à notre campagne, nous pouvons y arriver.

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