Par Barbara Byers on vendredi, 9 avril 2010
Bonjour, chères consoeurs et cher confrère Michel.
Je suis très heureuse d’être avec vous et de vous transmettre les salutations du Congrès du travail du Canada, soit de son président Ken Georgetti, de sa vice-présidente exécutive Marie Clarke Walker, de son secrétaire-trésorier Hassan Yussuff et des trois millions de consoeurs et de confrères qui font partie du CTC.
Je tiens à vous transmettre également les salutations du personnel du CTC, qui fait partie du Syndicat des communications, de l’énergie et du papier et du Syndicat des employées et employés professionnels et de bureau. Vous connaissez peut-être l’excellent travail accompli par notre personnel dans la région de l’Atlantique. De nombreuses autres personnes, comme les membres de ce personnel, travaillent au siège du CTC à Ottawa et dans les autres régions du pays, conjuguant couramment leurs efforts pour permettre au mouvement syndical de provoquer un changement.
Je vous félicite de tenir cette conférence des femmes et je vous souhaite d’en tenir bien d’autres.
Le thème de votre conférence, « Notre voix, notre avenir », et l’objectif de faire participer les femmes au processus politique sont très importants car nos voix doivent être entendues et il doit être donné suite à notre avis pour que tous les citoyennes et les citoyens aient un avenir nouveau et différent.
Je tiens à passer quelques minutes à indiquer comme il importe que les femmes se présentent aux élections ou se portent volontaires pour participer à une campagne, afin de questionner les candidates et les candidats au sujet de dossiers qui importent au mouvement syndical, et particulièrement aux femmes.
Ensuite, je veux traiter du programme que nous pourrions avoir si un plus grand nombre de femmes se présentaient aux élections fédérales, provinciales, municipales et, oui, syndicales.
Avant d’aborder ces sujets, je crois qu’il convient de vous féliciter. Vous avez remporté une importante victoire dans le dossier de la Société d’Énergie du Nouveau-Brunswick! Félicitations pour le travail bien accompli. Je félicite votre président, Michel Boudreau, et la Fédération des travailleuses et travailleurs du Nouveau-Brunswick qui, de concert avec la société civile, ont mené la lutte au nom de tous les citoyennes et citoyens de votre province. Je crois savoir que c’est une femme qui a mené la lutte au nom de nos alliés de la société civile. Voyez-vous ce que nous pouvons accomplir quand nous occupons la place qui nous revient en politique?
Passons quelques minutes à réfléchir à l’importance de la participation des femmes à la politique. Consoeurs, quand je dis « les femmes », je veux dire vous.
Je commencerai par apprendre à vous connaître un peu et déterminer la mesure dans laquelle vous vous impliquez en politique.
Combien d’entre vous se sont déjà portées candidates à un poste de votre syndicat?
Combien d’entre vous se sont déjà portées candidates à un poste municipal, y compris au conseil scolaire?
À un poste provincial?
Et à un poste fédéral?
Bon! Combien d’entre vous ont été invitées à se porter candidates à un poste de votre syndicat et ont jugé qu’elles n’étaient pas « suffisamment qualifiées » ou qu’elles n’avaient pas suffisamment d’expérience pour accomplir le travail?
Et combien d’entre vous ont été invitées à se porter candidates à un poste politique municipal, provincial ou fédéral et ont décidé de ne pas y penser parce qu’elles avaient plus ou moins les mêmes doutes?
Chères consoeurs, nous devons nous efforcer de dissiper les doutes à notre propre sujet. Je connais bien de merveilleuses militantes féministes, syndicales et communautaires compétentes et engagées qui trouvent qu’elles ne sont pas « suffisamment qualifiées » pour se porter candidates à des postes politiques.
Honnêtement, je ne connais aucun homme qui exprime des doutes comparables. Quand les hommes se font pressentir pour devenir des candidats ou posent eux-mêmes leur candidature, ils ne se demandent jamais s’ils ont la combinaison de compétences appropriée au poste ou s’ils connaissent suffisamment bien l’économie pour traiter avec les financiers ou une foule d’autres domaines à l’égard desquels nous nous interrogeons.
Alors, comme Rosie la Riveteuse, nous devons dire « Nous pouvons le faire », puis prendre notre courage à deux mains et le faire!
Chaque femme ici présente a les compétences nécessaires pour être candidate à un poste ou pour mener une campagne pour une consoeur ou un confrère. Vous êtes des magiciennes des chiffres. Vous savez comment gérer un conflit. Vous rassemblez les gens pour trouver des solutions. Vous vous livrez à des exercices d’équilibre de haute voltige dans votre vie de tous les jours. Vous pouvez accomplir toutes les tâches qui se présentent à vous.
Je tiens à employer les mots d’un homme pour vous mettre au défi de profiter des occasions qui se présenteront. Il est plutôt inusité de citer un homme pendant une conférence des femmes, mais j’ai puisé la citation dans l’édition du 6 avril des NouvELLES du Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick, qui rapporte une entrevue accordée par Jean-Marie Nadeau et publiée dans le Telegraph Journal du 13 mars. Bon nombre d’entre vous connaissent Jean-Marie Nadeau, ancien journaliste et militant communautaire qui est l’actuel président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick. Il a dit :
« Le maintien de relations d’inégalité entre les sexes fait subir une énorme perte à notre société... des points de vue social, économique et de la paix... On nous signale sans cesse l’absence d’équité salariale, l’augmentation de la violence faite aux femmes et la pauvreté plus grande chez les femmes, et particulièrement les mères de famille monoparentale, que chez les hommes. Pourtant, personne ne naît sans au moins une mère biologique... L’humanité naît de la femme!... Pourquoi les hommes continuent-ils de maintenir les femmes dans une situation d’infériorité et d’inégalité sinon pour maintenir le pouvoir et la richesse qu’ils ont acquis sur le dos des femmes?... Si je n’avais pas connu ma mère, la femme extraordinaire avec laquelle je partage ma vie, les filles que j’ai eues avec elle, mes soeurs et la plupart de mes amis qui sont des femmes, je ne serais pas l’homme que je suis aujourd’hui. C’est pour cela que je continuerai à vivre le temps qu’il me reste en tant qu’homme féministe, parce que je suis profondément convaincu que seule une vraie égalité entre les hommes et les femmes permettra à notre humanité d’atteindre l’harmonie et le bien-être.
Femmes du monde, lancez-vous sur la scène politique le plus vite possible afin de transformer notre société en une société plus saine, plus sensible, plus généreuse et mieux équilibrée... qui cadre avec votre identité! »
Je vous ai lancé un défi! Êtes-vous prêtes à dire « je peux le faire » devant les possibilités qui s’offrent à vous, et à toutes et chacune d’entre nous?
Imaginez ce que serait notre société si vous, merveilleuses consoeurs, participiez toutes activement et occupiez des postes à tous les paliers de gouvernement et du mouvement syndical.
Quel est notre programme pour, comme le dit Jean-Marie Nadeau, « transformer notre société en une société plus saine, plus sensible, plus généreuse et mieux équilibrée »?
Je ne peux pas vous indiquer tous les éléments de ce programme mais je peux vous en indiquer les principaux et je sais que vous en ajouterez en vous fondant sur vos connaissances et vos compétences et sur les besoins des femmes du Nouveau-Brunswick et de leurs familles.
Équité salariale
Je suis convaincue que si le Parlement fédéral et tous les conseils municipaux, les gouvernements provinciaux et les syndicats comprenaient au moins 50 % de femmes, les femmes de tous les lieux de travail jouiraient de l’équité salariale et nous serions en train de participer à l’étape suivante pour combler l’écart économique entre les sexes.
Nous savons que la discrimination économique continue de se manifester dans nos vies. Si nous gagnons moins pendant que nous travaillons, nos pensions seront plus petites et nous serons beaucoup plus susceptibles de vivre notre retraite dans la pauvreté.
Les femmes connaissent bien la discrimination salariale. Nous la constatons chaque fois que nous touchons un chèque de paye. Dans cette province, si l’on tient compte non seulement du revenu d’emploi, mais encore du revenu de toutes les sources, on constate que l’écart de revenu entre les hommes et les femmes a rétréci légèrement depuis 2000. Avant de vous mettre à danser dans la rue, vous devez savoir que le revenu moyen des femmes au Nouveau-Brunswick est de 22 900 $. C’est 67 % du revenu moyen des hommes, qui est de 34 000 $. Et les femmes autochtones ont un revenu moyen de 17 650 $. Il me semble que les femmes et les hommes doivent prendre des mesures au sein de nos syndicats et des gouvernements de tous les paliers pour combler l’écart!
En passant, les notes que j’ai établies en vue du discours d’aujourd’hui comprenaient un appel à l’action immédiate pour appuyer l’équité salariale. Hier, j’ai reçu un appel à l’action dans un message de courriel du Conseil consultatif sur la condition de la femme et de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick. La Coalition s’inquiétait du délai de deux mois dans la réception d’une réponse à sa proposition de projet 2010-13 et elle demandait que les gens communiquent avec leur députée ou député fédéral pour qu’il soit donné suite à cette proposition sans tarder.
Michel Boudreau vient d’annoncer aux participantes à la conférence que la Coalition a reçu une réponse aujourd’hui et que le projet ne sera pas financé. C’est la continuation de la politique du gouvernement Harper consistant à affamer les organisations de défense de cause. Nous devons agir dès maintenant. Il me semble que les députées et députés devraient encore recevoir des coups de fil et des messages de courriel les incitant à faire changer cette décision. Cette conférence donne aux femmes et aux hommes qui veulent éliminer la discrimination salariale fondée sur le sexe une occasion d’agir sans tarder. Il y a un ordinateur dans le hall. Tenons-le très occupé. Et maintenons les pressions jusqu’à ce que nous ayons obtenu ce que nous voulons.
Sécurité de la retraite
Vous savez que le mouvement syndical mène une campagne pour assurer la sécurité de la retraite à tous les Canadiens et les Canadiennes. Notre campagne serait bien renforcée si un plus grand nombre de femmes faisaient de la politique.
Nous voulons que le Supplément de revenu garanti soit porté sur-le-champ au seuil de la pauvreté. Nous voulons que les prestations du Régime de pensions du Canada soient doublées en 7 à 10 ans. Et nous voulons instaurer une assurance sur les pensions afin que les Canadiens et les Canadiennes qui ont un régime de retraite privé jouissent d’une certaine sécurité financière relative à leurs placements. La mise en oeuvre de ces propositions serait favorable à des millions de femmes et d’hommes.
La retraite présente de très dures et cruelles réalités actuellement. Il est tout à fait inexcusable que 1,6 million de personnes âgées – environ 35 % des personnes recevant des pensions publiques – vivent de moins de 15 000 $ par année. Le taux de pauvreté des femmes retraitées est le double de celui des hommes retraités. La situation des femmes « seules », soit des femmes célibataires, divorcées ou veuves, est bien pire. Une étude réalisée en 2004 a révélé que 45,6 % d’entre elles vivaient dans la pauvreté.
À ces statistiques correspondent des histoires à fendre le coeur au sujet de la vie des gens.
Le mois dernier, pendant un forum sur les pensions tenu par le CTC à Windsor, en Ontario, nous avons entendu une femme qui a perdu sa maison, sa voiture et toutes ses économies. Au cours de ce qui devrait être ses années dorées, elle vit dans un petit appartement à loyer fixé en fonction du revenu, de l’aide sociale et du recours aux banques d’alimentation.
Plus tôt cette année, au cours d’une autre réunion tenue dans la région de l’Atlantique, nous avons entendu une femme qui a travaillé pendant 16 années pour la même entreprise et qui a cotisé au régime de retraite de celle-ci. L’entreprise a fait faillite, les courtiers en obligations de pacotille sont intervenus et, bien entendu, les personnes retraitées se situent bien bas dans la liste des créanciers. Savez-vous quel montant elle a tiré du régime de retraite? Quatre cents dollars! Non pas 400 $ par mois ni même 400 $ par année. Un total de 400 $. Après avoir cotisé au régime pendant seize années! Il nous faut une assurance sur les pensions afin de protéger les femmes et les hommes qui se retrouvent en chômage et qui voient leur employeur en faillite dérober l’actif de leur régime de retraite.
Puisqu’un si grand nombre de Canadiennes et de Canadiens vivent leur retraite dans la pauvreté ou près du seuil de la pauvreté, il est grand temps que les changements en question se produisent. Je sais que la voix des femmes assurerait la santé financière nécessaire car, si elles avaient à choisir entre la sécurité de la retraite pour tous et des réductions d’impôt pour les entreprises et les riches, les femmes choisiraient la sécurité de la retraite pour tous.
Services de garde d’enfants
Il y a des femmes ici présentes et des femmes des différentes parties du pays qui ont milité en faveur de services de garde à l’enfance accessibles, de qualité, à prix abordable et fournis par des organismes communautaires et sans but lucratif quand leurs enfants étaient jeunes. Ces femmes continuent de militer pour ces services sauf que c’est maintenant pour leurs petits-enfants.
Quand on sait que chaque dollar investi dans les services de garde d’enfants accroît la production économique d’environ 2,50 $ – effet comptant parmi les plus importants de tous les secteurs – il y a lieu de se demander pourquoi nous n’avons pas encore les services de garde d’enfants dont les familles travailleuses ont besoin. Pourquoi le Québec a-t-il un programme de garderies à 7 $ par jour alors que le reste du Canada est loin d’avoir un programme comparable? Soit dit en passant, avant que le programme des garderies subventionnées du Québec ne soit créé, le taux de participation des québécoises à la population active était plus bas que celui des femmes de toutes les autres parties du Canada. Dix années après l’instauration de ce programme, le taux de participation des québécoises à la population active dépasse celui des femmes du reste du Canada.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les femmes qui devaient travailler dans les usines et aider les hommes faisant fonctionner le moteur industriel du pays avaient accès à des services de garde d’enfants. Quand la guerre a pris fin et que les femmes ont été renvoyées à la maison, ces services ont disparu. Si un plus grand nombre de femmes occupaient des postes politiques, le débat serait beaucoup plus court et beaucoup plus clair et les familles travailleuses auraient accès aux services de garde de qualité dont elles ont besoin.
Assurance-chômage
Des gouvernements fédéraux successifs ont dépouillé le Compte d’AE de 57 milliards de dollars. Le budget fédéral le plus récent a officialisé le vol en rayant du Compte d’AE la somme que le gouvernement fédéral devait aux travailleurs et travailleuses ayant cotisé à l’AE.
L’excédent au Compte d’AE devait servir à moderniser le régime et à voir à ce que les personnes y ayant cotisé puissent recevoir un revenu raisonnable pendant qu’elles cherchaient un nouvel emploi.
Le mouvement syndical a appuyé la modification selon laquelle des cotisations devaient être versées à l’AE quelque soit le nombre d’heures de travail effectuées. Nous l’avons considérée comme un moyen d’assujettir au régime les femmes qui ne travaillent pas à plein temps ou à longueur d’année. Nous savions que de nombreux employeurs gardaient des employées ou employés effectuant moins de 15 heures par semaine afin d’éviter de payer des cotisations d’AE à leur égard. Nous voulions leur retirer cet avantage financier. Cependant, nous n’avions pas prévu que les gouvernements libéraux et conservateurs successifs fixeraient le nombre d’heures de travail ouvrant droit aux prestations à un niveau si élevé que les travailleuses et les travailleurs ayant cotisé à l’AE n’auraient pas droit à des prestations quand ils en auraient besoin ou que, s’ils avaient la chance d’en toucher, les prestations seraient si faibles et de si courte durée que cela pénaliserait encore davantage les personnes ayant cotisé au régime.
La plupart des personnes exclues de l’AE sont des femmes et de jeunes travailleuses et travailleurs. Si les gouvernements de tous les paliers comprenaient plus de femmes, je crois que le problème serait déjà réglé.
Violence faite aux femmes
Consoeurs, nous avons besoin de votre aide afin de poursuivre la lutte pour mettre fin à la violence faite aux femmes et, en fait, à la violence dans nos communautés, nos foyers et nos lieux de travail.
Je sais qu’un grand nombre d’entre vous participent à cette lutte et que de nombreuses femmes et leurs familles ont été affectées par la violence. Selon le Conseil consultatif sur la condition de la femme au Nouveau-Brunswick, « de 1975 à 2004, 52 femmes et 7 hommes se sont fait tuer par un conjoint ou un ancien conjoint. Ces nombres seraient considérablement plus élevés si l’on tenait compte de toutes les relations intimes et les victimes secondaires. Un nombre plus grand d’Autochtones que d’autres personnes habitant le Nouveau-Brunswick disent être très inquiets de la violence faite aux femmes, aux aînés et aux enfants ».
Grâce à votre participation, je crois que nous pourrions commencer à modifier les conditions économiques et sociales qui contribuent à la violence et apporter à nos communautés et à nos lieux de travail des changements qui amélioreraient vraiment la vie des femmes, des hommes et des enfants.
Vous pouvez agir dès maintenant dans un dossier où nous avons grandement besoin de votre aide. Vous savez que le 6 décembre est la date où, en 1989, 14 femmes ont été abattues à l’École Polytechnique.
Leur meurtre a rallié des personnes de tout le Canada qui ont milité en faveur de l’adoption d’une législation sur le contrôle des armes à feu. La plupart des personnes qui ont mené la lutte étaient des femmes.
Il aura fallu beaucoup de temps, mais en 1995 nous avons fini par obtenir une loi et le Registre canadien des armes à feu.
Je sais que le financement et l’administration de ce registre ont posé des problèmes. Je sais aussi que ce registre a sauvé des vies.
Le 4 novembre, à peine un mois avant le 20e anniversaire de la tuerie de l’École Polytechnique, les Conservateurs ont déposé un projet de loi d’initiative parlementaire, soit le projet de loi C-391, visant à éliminer le registre des armes d’épaule et tous les dossiers qui en font partie.
Tous les membres du caucus conservateur ont voté en faveur du projet de loi. Tous les membres du Bloc Québécois ont voté contre. Huit Libéraux ont voté en faveur du projet de loi et, malheureusement, douze Néo-démocrates en ont fait autant.
Consoeurs, vous devez nous aider à transmettre un message à tous les hommes et femmes politiques. Nous devons maintenir le registre des armes d’épaule et nous devons intensifier les efforts faits pour mettre un terme à la violence dans nos foyers et nos communautés.
Nous mettons un guide de militantisme à votre disposition. Nous avons consacré notre message du 8 mars, soit de la Journée internationale de la femme, au maintien du Registre et à l’élimination de la violence faite aux femmes.
Nous vous demandons de lire le guide de militantisme et ensuite de décrocher le téléphone et de démarrer votre ordinateur afin d’envoyer un message aux députées et députés. Faites savoir à ceux qui ont voté en faveur du projet de loi, comme le député libéral Jean-Claude D’Amours, que vous voulez qu’ils votent contre. Faites savoir à ceux qui ont voté contre le projet de loi, comme le député néo-démocrate Yvon Godin, que vous les appuyez. Et faites savoir aux chefs des partis de l’opposition que vous voulez que tous les membres du caucus de leur parti votent contre le projet de loi quand il sera entendu en troisième lecture.
Je sais que la question peut être épineuse. Certaines d’entre vous préconisent peut-être l’élimination du Registre. Je vous demande de lire l’information diffusée par le CTC. Communiquez avec moi si vous désirez en discuter de façon plus poussée. Ou communiquez avec Michel, de la Fédération, ou Paulette, de notre bureau de l’Atlantique. Je crois que vous comprendrez pourquoi il est si important que ce projet de loi conservateur soit défait et que nous allions de l’avant ensemble pour faire régner la sécurité dans nos foyers, nos communautés et nos lieux de travail.
Confrontation avec la réalité
Chaque année, les Nations Unies tiennent une importante réunion de personnes représentant les gouvernements et la société civile au sujet de la Commission des Nations Unies sur le statut de la femme. Chaque année, l’accent est mis sur un sujet différent, et tous les cinq ans il y a une mise au point avec les gouvernements sur ce qu’ils ont fait pour favoriser la condition féminine par rapport aux objectifs fixés en 1995 dans la Déclaration et Programme d’action de Beijing.
Cette année marquait le 15e anniversaire de l’adoption de la Déclaration de Beijing. À lire le rapport du gouvernement, on ne saurait pas dire de quel pays il traite! Il met l’accent sur les progrès réalisés et ne porte pas sur la réalité de la vie des femmes.
Les syndicats et les organisations de la société civile ont établi leur propre réponse au sujet de la Déclaration de Beijing. Nous en avons apporté des copies et vous pouvez obtenir la réponse intitulée Confrontation avec la réalité sur le site Web du CTC.
Confrontation avec la réalité comprend de très utiles renseignements sur la réalité de la vie des femmes au Canada. De plus, elle incite à l’action politique chacune d’entre nous et toutes nos organisations. C’est en outre un dossier à suivre parce qu’il y a des points que nous n’avons pas eu le temps d’intégrer au document. La liste des organisations qui ont appuyé celui-ci est longue et il n’est pas trop tard pour que votre organisation l’appuie. Nous continuerons à ajouter des noms d’organisations à mesure que des groupes discutent du rapport et l’appuient.
Ce ne sont que quelques domaines qui pourraient changer de façon spectaculaire grâce à votre voix, à vos compétences et à vos connaissances, pour un meilleur avenir. La liste des changements est très longue. Et elle est entièrement réalisable. Mais nous avons besoin de vous pour y arriver.
En dernier lieu, permettez-moi d’indiquer clairement qu’il ne s’agit pas d’élire des femmes uniquement pour que des personnes de notre sexe soient élues.
Nous avons besoin de femmes, de féministes, de militantes et de syndicalistes fortes, qui seront la voix du changement dans la politique de ce pays.
Ce ne sera pas facile, mais je crois que vous avez déjà assumé d’autres tâches difficiles.
En terminant, je citerai Eleanor Roosevelt qui, en 1936, a donné des conseils toujours judicieux aux femmes faisant de la politique.
« Vous ne devez jamais vous sentir visée personnellement.
Vous ne devez garder rancune à personne.
Vous devez mettre un terme à votre journée quand le travail de la journée est accompli.
Vous ne pouvez pas vous laisser décourager trop facilement.
Vous devez vous relever après la défaite, encore et encore, pour aller de l’avant.
Assurez-vous de présenter des faits exacts.
Faites l’avocat du diable avec un ami jusqu’à ce que vous ayez trouvé la réponse à tout argument négatif qui peut vous être présenté.
Les femmes qui consentent à être des chefs doivent se démarquer et s’exposer à se faire prendre à partie. Elles seront de plus en plus nombreuses et elles devraient l’être. »
Eleanor Roosevelt a ajouté que, par-dessus tout, « chaque femme politique doit se faire une peau aussi coriace que celle du rhinocéros! ».
Je vous remercie de m’avoir accordé du temps cet après-midi. J’ai hâte de contribuer à vos campagnes politiques.

Discours pendant la Conférence des femmes de la Fédération des travailleuses et travailleurs du Nouveau-Brunswick