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Le président du CTC, Ken Georgetti, s'adresse au pique-nique de la fête du Travail à Halifax

Par Ken Georgetti on lundi, 5 septembre 2011

(Priorité au discours prononcé)

Consœurs, confrères – Bonne fête du Travail – la journée où nous célébrons les réalisations et la solidarité des travailleuses et travailleurs partout au Canada!

Nous avons de quoi être fiers depuis 1872 – lorsque les travailleuses et travailleurs canadiens ont célébré pour la toute première fois la fête du Travail.

Les syndicats qui ont représenté les travailleuses et travailleurs ont aussi de quoi être fiers.

Après tout, ce sont les syndicats qui vous ont apporté la fin de semaine – et les longues fins de semaine de congé comme celle-ci!

C’est aussi grâce aux syndicats si les salaires et les avantages sociaux ont augmenté considérablement, la semaine du travail a raccourci et le lieu du travail est plus sécuritaire.

 

Ces salaires plus élevés signifiaient qu’un travailleur pouvait élever ses enfants, acheter une maison, rembourser son hypothèque, prendre des vacances, aider à payer les études universitaires de ses enfants et prendre sa retraite avec une pension modeste, mais acceptable.

Autant les travailleuses et travailleurs syndiqués que non-syndiqués ont amélioré leurs conditions de vie – parce que ce que les syndicats obtenaient à la table de négociation était habituellement accordé par les employeurs non-syndiqués.

Les syndicats ont aussi mené la lutte en faveur des programmes sociaux que nous tenons pour acquis aujourd’hui : le régime public de soins de santé et le droit à l’éducation pour tous, les services de garde, l’assurance-emploi et le Régime de pensions du Canada.

Mais aujourd’hui, tous ces énormes gains à la vie des travailleurs et travailleuses sont menacés.

 

Or, aujourd’hui, en cette fête du Travail, nous devons nous demander : comment en sommes-nous arrivés à ce point dans notre pays?

De nos jours, la famille moyenne doit occuper deux emplois à temps plein pour parvenir à joindre les deux.

Même trouver un emploi décent est difficile, en raison du nombre grandissant d’emplois à temps partiel et mal rémunérés.

Conserver son emploi est tout aussi difficile.

Les récessions subies par l’économie mondiale causent des taux de chômage beaucoup trop élevés – pourtant les profits engendrés par les grandes entreprises sont astronomiques.

La cupidité des entreprises a complètement remplacé les besoins des êtres humains.

 

Pour la plupart des travailleuses et travailleurs, il est tout simplement trop coûteux d’avoir plus qu’un ou deux enfants.

Le coût des études post-secondaires est exorbitant – mais elles sont nécessaires pour trouver un emploi.

Quant à l’espoir d’une retraite heureuse, il s’est transformé en peur de vivre dans la pauvreté.

1,6 million de personnes âgées vivent avec moins de 16 000 $ par année – un triste constat sur la façon dont le Canada se conduit envers les retraités qui ont bâti notre pays.

Qu’est-il arrivé à la qualité de vie que la plupart des travailleuses et travailleurs célébraient lors des fêtes du Travail dans le passé?

Une des réponses se trouve dans la stagnation des salaires qui perdure depuis 33 ans.

Cela signifie que le revenu réel après inflation augmente à peine.

Selon le Conference Board of Canada , au cours du dernier tiers de siècle, le revenu médian a augmenté par seulement 5,5 pour cent.

Ce n’est pas un hasard si la stagnation des salaires subie par 80 pour cent des Canadiennes et Canadiens et le transfert spectaculaire de la richesse à quelques personnes ont débuté lorsque les syndicats ont fait l’objet d’attaques soutenues.

Mais ne vous y trompez pas – nos syndicats sont des organisations extrêmement résistantes.

Nous avons fièrement représenté les travailleuses et travailleurs dans les situations les plus difficiles dans le passé – et nous continuons aujourd’hui.

De plus, malgré les pressions croissantes exercées par des employeurs et des gouvernements hostiles, le mouvement continue de croître – et de bénéficier à nos membres.

Les syndicats sont clairement à l’offensive, et non à la défensive.

Nous revendiquons fortement des améliorations considérables au Régime de pensions du Canada afin que chaque travailleuse et travailleur puisse prendre sa retraite dans la dignité et la sécurité.

Nous demandons l’accès universel, accessible et abordable à des services de garde pour tous.

Les syndicats ont été les premiers à exiger la protection des droits de la personne partout au Canada.

Nous devons continuer à pousser plus fort – à nous battre pour de meilleures conditions pour les travailleuses et travailleurs et pour un pays meilleur pour tous.

 

Nous disons aujourd’hui, en cette fête du Travail, que le moment est venu pour les membres de syndicats et pour tous les Canadiens et Canadiennes d’exiger ces changements.

Parce que si nous ne commençons pas à défendre nos intérêts, nos conditions s’aggraveront encore davantage dans les années à venir.

 

C’est pourquoi le Congrès du travail du Canada s’est joint à des groupes d’aînés, à des organisations étudiantes et d’autres pour demander des améliorations importantes au Régime de pensions du Canada.

Nous voulons en arriver à faire doubler les prestations, les faisant passer du seuil de la pauvreté actuel qui est de 11 500 $ à un montant acceptable de 24 000 $.

En cette fête du Travail, nous devons continuer le combat – le combat pour nous assurer que nos enfants et petits-enfants profiteront d’une meilleure qualité de vie que la nôtre, et non pas l’inverse.

C’est exactement pour cette raison que les travailleuses et travailleurs canadiens ont célébré la fête du Travail pour la première fois en 1872 – et c’est pour cette raison qu’elle est tout aussi importante aujourd’hui.

Merci d’être venus et profitez de la fête du Travail!