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Notes d’allocution à la Conférence 2009 de Centraide

Par Ken Georgetti on jeudi, 28 mai 2009

(L’allocution définitive fait foi)
Merci Al pour votre accueil chaleureux.

Il me fait plaisir d’être ici pour vous transmettre les meilleurs voeux du Congrès du travail du Canada, au nom de ses 3,2 millions de membres.

L’an dernier, nous avons souligné le 20e anniversaire de l’entente de partenariat entre le Congrès du travail du Canada et Centraide Canada.

Je suis fier de ce partenariat et de notre collaboration de longue durée pour aider les gens dans le besoin et bâtir nos communautés.

Toutefois vous savez, les racines de notre appui à Centraide à travers ce pays remontent bien au-delà de cette entente signée il y a vingt ans – elles remontent aux années 1930 et à la grande dépression – une période durant laquelle les travailleurs, les travailleuses et leurs familles étaient déplacés et les communautés étaient dévastées.

Un temps où les politiques du gouvernement faillaient et les excès des entreprises âpres de gains avaient des répercussions sur le gagne-pain d’un grand nombre de nos parents, grands-parents et arrière-grands-parents – établis ici au Canada ou à l’étranger.

Certaines choses demeurent toujours les mêmes.

Je n’ai pas à vous dire que nous nous retrouvons encore une fois dans une période difficile – c’est une crise économique.

Vous le voyez tous les jours dans votre travail et vos communautés.

Presque chaque jour, je reçois un courriel d’une personne qui appelle à l’aide.

Tom du Nouveau-Brunswick qui a payé des primes d’AE toute sa vie, est à court de 60 heures pour recevoir les prestations dont il a besoin pour vivre.

Rick du Manitoba, dont le fils est pris dans un régime d’AE injuste – un régime qui le force à travailler 200 heures de plus pour simplement avoir droit à des prestations d’AE, parce qu’il est nouvellement arrivé sur le marché du travail.

Ou Shannon de Hamilton. Elle a quatre enfants, dont un est handicapé physiquement en plus d’avoir un retard de développement. Maintenant qu’elle a été mise à pied par Stelco, Shannon dit qu’elle ne peut pas vivre de l’assurance-emploi. Même si elle pouvait, les prestations prendraient fin et les emplois bien rémunérés qui pourraient l’aider à subvenir aux besoins de sa famille sont rares dans sa communauté. J’entends des personnes âgées qui après avoir contribué à la richesse de leurs anciens employeurs tout au long de leur vie, se retrouvent maintenant inquiets de leurs pensions et de leur habileté à payer des médicaments dispendieux.

Au fur et à mesure que nous perdons des emplois, nos communautés souffrent avec nous – les fonds récoltés par les impôts sont réduits tandis que la demande de services augmente.

De plus, nous voyons de la misère humaine, un plus grand nombre de cas d’anxiété et de dépression dans les communautés les plus touchées.

En cette période où nous luttons pour aider ceux qui sont le plus touchés par la crise, les demandes personnelles et professionnelles ne feront qu’augmenter.

Donc, que pouvons-nous faire?

Votre énoncé de vision 2002 nous dicte l’approche que nous devons prendre.

Nous devons « améliorer la vie des gens et bâtir les communautés en incitant la participation individuelle et mobilisant pour l’action collective. »

Ceci signifie aider les gens qui en ont besoin, dès maintenant.

Toutefois, ceci signifie identifier les sources du problème et trouver des solutions.

Le nombre de gens touchés ou qui seront touchés par cette crise, signifie que nous devons penser plus largement et nous devons travailler plus fort pour pousser collectivement nos gouvernements à agir.

Premièrement, ceci signifie que nous devons exercer des pressions pour une plus grande stimulation économique et une meilleure protection des travailleuses et des travailleurs mis à pied.

Deuxièmement, nous devons réparer le régime d’assurance-emploi qui ne fonctionne pas pour les travailleuses et les travailleurs mis à pied.

Trop de gens qui perdent leur emploi ne répondent pas aux exigences pour recevoir les prestations qui les aideraient durant cette récession. Et ceci signifie que les villes doivent soutenir ceux et celles qui passent entre les mailles du filet.

Troisièmement, notre gouvernement doit sérieusement voir à créer et à soutenir les emplois canadiens.

Le gouvernement fédéral doit investir directement pour sauver des emplois dans les industries les plus touchées.

Toutefois, le gouvernement doit aussi développer des stratégies et investir pour appuyer les industries de la culture, de l’environnement et de la technologie, de l’énergie renouvelable et des autres secteurs industriels prometteurs pour l’avenir.

Quatrièmement, ceci signifie que nous devons protéger les pensions et assurer qu’après avoir travaillé toute une vie, chaque personne puisse se retirer avec dignité.

Nous devons augmenter les prestations du Régime de pensions du Canada pour protéger les retraités d’aujourd’hui et faire en sorte que les gens se fient moins aux REER qui sont trop vulnérables aux forces du marché.

Ceci signifie des pressions auprès des banques concernant les taux d’intérêt – particulièrement les taux d’intérêt des cartes de crédit qui poussent les gens les plus vulnérables à s’endetter de plus en plus parce qu’ils doivent acheter les nécessités de subsistances tel que la nourriture avec leurs cartes de crédit.

Finalement, ceci signifie que nous devons maintenir le régime de soins de santé, l’éducation postsecondaire, la formation, les programmes d’infrastructure et les services publics ainsi que les programmes sociaux.

Je sais que certains d’entre vous sont contrariés quand je dis qu’il faut pousser nos gouvernements et travailler pour ces choses.

Toutefois, ce n’est pas une question de partisanerie politique.

C’est une question de bâtir notre avenir, celui de nos enfants et de nos petits-enfants.

En tant que père et grand-père, je m’inquiète du genre de société que nous leur laisserons, le genre de communautés que nous bâtissons pour eux.

Irons-nous de l’avant collectivement ou laisserons-nous les gens s’en sortir eux-mêmes?

Cette crise économique est une occasion pour nous d’apprendre vraiment les leçons passées, de travailler ensemble non seulement pour les gens dans le besoin, mais pour changer positivement les choses pour nos familles, nos collectivités et leur avenir.

Trouvons des moyens de travailler ensemble, encore plus étroitement durant cette période de difficultés économiques, afin d’améliorer la vie des gens et de bâtir nos communautés.

Je crois que collectivement, nous sommes plus forts.

Merci pour votre travail. Je vous souhaite une conférence bien réussie.