• A A

Notes d'allocution pour un exposé devant le Comité permanent des ressources humaines... Projet de loi C-50 - Loi modifiant la Loi sur l'assurance-emploi et augmentant les prestations

Par Ken Georgetti on mercredi, 21 octobre 2009

(Version non définitive)

Notes d'allocution pour un exposé devant le Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées

Au nom des 3,2 millions de membres du Congrès du travail du Canada, je vous remercie de nous donner l’occasion de présenter nos vues sur le projet de loi C-50.

Membres du Comité, je ne suis pas ici aujourd’hui pour vous faire part de nos idées sur les aspects techniques du projet de loi C-50 ou sur la question de savoir s’il faudrait y apporter des amendements pour l’améliorer.

Je suis ici pour livrer un seul message.

Adoptez le projet de loi C-50 sans tarder pour que les personnes comme Rosalie Washington, qui est avec moi ici aujourd’hui, puissent recevoir l’aide dont elles ont besoin immédiatement.

C’est le moins que vous et vos collègues de la Chambre des communes puissiez faire pour ces personnes.

Une fois cela accompli, vous pourrez reprendre le travail pour venir en aide aux autres chômeurs et chômeuses de ce pays qui le méritent également, qui se débattent tous les jours pour joindre les deux bouts et qui ne sont pas admissibles à cette aide.

Les sans-emploi ont épuisé ou sont sur le point d’épuiser leurs prestations et n’ont aucune perspective d’emploi. C’est pour cela que le nombre de prestataires d’assurance-emploi avait diminué en août.

Nous avons parlé aux travailleurs et aux travailleuses de sept villes canadiennes au cours de l’été, et ils ont peint un tableau de désespoir et de crise.

Les personnes que je décris sont bien réelles, et ce qu’elles vivent l’est aussi.

Je pense à Tom du Nouveau-Brunswick, par exemple.

Il m’a écrit plus tôt cette année pour demander de l’aide.

Il a été mis à pied le 31 octobre 2008.

Il a fait tout ce qu’il fallait.

Il a trouvé un emploi à temps partiel, en pensant qu’il pourrait rapidement trouver un autre emploi à plein temps.

Ce n’est pas ce qui s’est produit et il a aussi perdu son emploi à temps partiel.

Il a fait une demande d’AE et a appris qu’il lui manquait 60 heures pour être admissible.

Un autre jeune homme, du nord de l’Ontario, m’a écrit pour me dire qu’il s’était terriblement endetté parce qu’il n’arrivait pas à trouver un emploi à plein temps et devait utiliser des cartes de crédit pour acheter des nécessités de base comme de la nourriture.

« Au moment où j’en avais le plus besoin », m’a dit ce jeune homme, « je n’ai pas eu accès aux prestations d’AE. J’ai été obligé d’accepter un emploi à faible salaire pour compenser ma perte et subvenir à mes besoins, et j’ai détruit ma cote de crédit. »

Je pense aussi à Tammy, mère célibataire de trois enfants, qui vit à Oshawa et travaille la nuit dans un atelier de peinture.

« La prochaine chose qui m’attend, c’est la faillite », a dit Tammy lorsque le Congrès du travail du Canada lui a parlé.

Ces gens vivent-ils au-delà de leurs moyens?

Bien sûr que non!

Il y a aussi Shannon, une femme de Simcoe, qui nous a dit : « Est-ce que j’ai vécu au-delà de mes moyens? Non! J’ai tout simplement vécu. »

Dans la région de Miramichi au Nouveau-Brunswick, 3 100 personnes ont perdu leur emploi entre août 2008 et août 2009, une baisse de 30 % du taux d’emploi.

Les banques d’alimentation de Miramichi voient le recours à leurs services augmenter rapidement. Le nombre de personnes qui déclarent faillite augmente également.

Beaucoup seront forcés de vivre de l’aide sociale lorsqu’ils auront épuisé leur assurance-emploi.

Le Congrès du travail du Canada sonne l’alarme depuis plusieurs années à propos de la crise qui frappe les industries manufacturière et forestière.

Bien avant que le tsunami financier frappe de plein fouet en septembre, des communautés à la grandeur du pays étaient dévastées par la crise industrielle qui faisait des ravages depuis des années.

À une époque, Miramichi avait l’une des plus grandes usines de pâtes et papier au Canada et employait 1 000 personnes.

Aujourd’hui, le principal employeur est l’hôpital régional.

À Sault Ste Marie, les sans-emploi se heurtent à des délais dans le versement des prestations d’AE.

« Nous parlons de personnes humaines », comme nous a dit un métallo, « de personnes qui n’ont rien à manger et qui n’arrivent pas à payer leurs factures. Il est tout à fait inadmissible que des personnes qui sont sans emploi depuis trois mois n’aient pas de revenu parce que leur employeur a oublié de cocher une case du formulaire. »

À Campbell River en Colombie-Britannique, l’usine de Elk Falls a fermé ses installations de fabrication de papier kraft en juillet 2008, et 440 emplois ont disparu.

On a blâmé la valeur élevée du dollar et les subsides des États-Unis.

Les disparités régionales dans les heures nécessaires pour être admissible aux prestations d’AE sont flagrantes.

« Je crois qu’il faudrait être plus juste dans toutes les régions », a dit Mitch au sujet des mises à pied à Campbell River. « Par exemple, un peu plus au nord d’ici, ils n’ont pas besoin d’un aussi grand nombre d’heures. Ils travaillent pour la même compagnie, mais n’ont pas besoin d’un même nombre d’heures que nous. Et la durée de leurs prestations est plus longue. »

Dans les régions où la pleine ampleur de la crise est moins visible, les effets ne sont pas moins réels.

En Saskatchewan, par exemple, les revenus des ressources naturelles cachent une vérité troublante.

« Crise économique? Récession? », disent les Autochtones et les Premières Nations de la région. « Nos communautés seraient heureuses de passer du statut de pauvreté abjecte et d’oubli à celui de récession. »

Ces visages sont ceux de chômeuses et de chômeurs canadiens.

Ces histoires sont celles de personnes qui s’attendent à ce que les parlementaires fassent preuve de leadership et leur viennent en aide.

Les dévastations causées par la crise économique touchent les communautés de façons difficiles à imaginer.

À Oshawa, la Simcoe Hall Settlement House a vu le nombre de personnes qui recourent à sa banque d’alimentation augmenter de 20 % par mois.

« Jamais, au grand jamais, je n’aurais penser que je devrais un jour venir à la banque d’alimentation pour nourrir ma famille », a dit un homme de métier, un plombier.

Le Congrès du travail du Canada a maintes fois dit à votre comité ce qu’il faut faire pour réparer l’AE afin de venir en aide à ceux et celles qu’elle est censée aider :

Des règles uniformes d’admissibilité à l’AE pour que des prestations soient versées après 360 heures dans toutes les régions.

Une durée des prestations d’au moins 50 semaines dans toutes les régions pour que moins de sans-emploi épuisent leurs prestations – surtout en période de récession économique

Des prestations hebdomadaires accrues calculées selon les 12 meilleures semaines de rémunération précédant la mise à pied et un revenu de remplacement équivalant à 60 % du revenu assurable.

Le Régime d’AE actuel laisse pour compte beaucoup trop de Canadiens, surtout des femmes, des faibles salariés et des personnes ayant un emploi précaire.

Nous vous demandons d’adopter ce projet de loi sans tarder pour que les personnes à qui il est destiné – les travailleuses et les travailleurs de longue date qui ont peu accédé à l’AE dans le passé – reçoivent l’aide dont elles ont besoin en ce moment.

Par la même occasion, nous vous rappelons que vous devrez aussi terminer un travail inachevé.

Je voudrais également rappeler aux membres de ce comité que depuis le ralentissement économique provoqué par la crise financière, les besoins urgents des Canadiens et des Canadiennes n’ont presque pas fait l’objet des débats à la Chambre des communes.

Au cours des quatre mois qui ont suivi le début de la crise financière en septembre 2008, le Parlement a siégé seulement deux semaines.

Le Parlement a été dissous le 9 septembre 2008 pour la tenue d’élections anticipées non nécessaires, et les travaux n’ont repris que le 18 novembre.

La session a été prorogée deux semaines plus tard et les travaux n’ont pas repris avant le 26 janvier de cette année.

Je voudrais aussi rappeler aux membres de ce comité que les cotisations d’assurance-emploi des travailleurs et des employeurs au cours de la dernière décennie excèdent de plus de 55 milliards de dollars les prestations versées.
Les gouvernements successifs ont utilisé les énormes surplus à toute autre fin qu’à l’aide aux sans-emploi.

Si on n’avait pas puisé dans la tirelire, il y aurait aujourd’hui suffisamment d’argent pour les sans-emploi.

Les travailleurs et les travailleuses ont versé des cotisations en croyant que l’AE les protégerait en temps durs.

Les temps sont durs.

Même très durs.

Je vous remercie de votre attention et je donne maintenant la parole à Rosalie Washington pour qu’elle vous raconte son histoire. 

Enjeux relatifs