Affiché le mardi, 18 novembre 2008
Les leaders syndicaux internationaux ont tenu une réunion avec les chefs d’État du G-20 avant le sommet afin de discuter d’une déclaration majeure prévoyant une action concertée immédiate visant à prévenir une crise mondiale de l’emploi et à réformer le système financier mondial déréglementé qui nous a mis dans la situation actuelle.
Le résultat le plus décevant du sommet est que les gouvernements n’ont pas réussi à s’entendre sur un plan concret d’action immédiate destinée à empêcher l’économie mondiale de suivre la spirale vers la dépression mondiale sous l’effet des énormes pertes d’emploi et de l’effondrement du prix des habitations, des dépenses des ménages et de l’investissement des entreprises.
Il est bienvenu que les chefs, y compris le premier ministre Harper, aient reconnu que la réduction des taux d’intérêt et le renflouement des banques ne suffiront pas et que les gouvernements devront investir directement de façon appréciable et concertée pour maintenir des emplois et rétablir l’économie mondiale. Toutefois, aucun engagement précis ayant un effet positif immédiat n’a été pris.
Sur une note plus positive, les chefs du G-20 ont rejeté les efforts faits par certains, et notamment par le gouvernement sortant Bush et le gouvernement du Canada, pour écarter l’appel à l’établissement de nouvelles règles internationales sur les finances du globe lancé par le mouvement syndical mondial et certains pays européens et en développement.
Des groupes de travail seront créés et dotés d’importants mandats d’examiner un vaste éventail de questions au cours des quatre prochains mois. Ces questions comprennent la rémunération des cadres supérieurs; la réglementation des produits financiers complexes et à risque très élevé (swaps sur défaillance, leviers financiers excessifs, et comportement des sociétés d’appréciation de la solvabilité); le besoin de voir à ce que tous les gouvernements réglementent dûment; et le besoin d’élargir la réglementation pour qu’elle s’applique aux fonds de placement spéculatif et à d’autres mécanismes financiers qui prennent des risques énormes et potentiellement désastreux avec l’argent des autres.
Bien que la plupart des questions financières importantes que le mouvement syndical voulait faire aborder feront au moins l’objet de discussions de groupes de travail, les principaux forums de discussion seront le Forum sur la stabilité financière et le Fonds monétaire international. Or, ces deux institutions ont jusqu’à très dernièrement préconisé une réglementation très légère et n’ont pas prévu et encore moins prévenu la crise financière actuelle.
Les chefs du G-20 ont appelé à la réforme du Forum sur la stabilité financière et du FMI afin d’accroître le rôle des grandes économies des pays en développement mais ils n’ont donné aucune garantie que la réforme permettra la participation de plus que les banques centrales et les autorités financières gouvernementales.
Les chefs des pays du G-20 (autres que le Japon) n’ont pas trouvé des ressources pour protéger les pays en développement contre une crise dans laquelle ils ne sont pour rien.

Analyse par le CTC du Sommet G-20