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Les femmes dans la population active : encore loin de l’égalité

Affiché le lundi, 5 mai 2008

Introduction et résumé

Certaines personnes estiment que la question de l’égalité économique des femmes est plutôt désuète, qu’elle ne cadre pas avec le nouveau monde de possibilités qui est censé s’offrir à nous en raison de l’augmentation du degré d’instruction des femmes et d’un partage plus égal des tâches entre les hommes et les femmes. Pourtant, le fait est qu’après de nombreuses années de progrès pendant les années 1970 et 1980, l’écart salarial entre les hommes et les femmes au Canada est demeuré le même depuis le milieu des années 1990 et qu’il est l’un des plus grands des pays industriels avancés.

En 2005, qui est l’année la plus récente à l’égard de laquelle nous disposons de données, les femmes travaillant à plein temps, à longueur d’année gagnaient en moyenne 39 200 $, soit 70,5 % de ce gagnaient les hommes comparables, qui avaient un revenu moyen de 55 700 $. Vers le milieu des années 1990, les femmes de la même catégorie gagnaient 72 % de ce que gagnaient les hommes. L’écart salarial est encore plus grand dans le cas des femmes ayant un diplôme d’université, qui ne gagnaient que 68 % du revenu des hommes en 2005 alors qu’elles en gagnaient 75 % il y a une décennie. L’écart salarial entre les hommes et les femmes au Canada est le cinquième en importance dans les pays industriels avancés (OCDE) et il dépasse même celui des États-Unis.

Il est frappant que l’écart salarial a augmenté plutôt que de diminuer même si les femmes sont devenues plus instruites que les hommes et même si la plupart des femmes ont décidé d’avoir moins d’enfants et de les avoir plus tard dans la vie. Au moins la moitié des femmes de 25 à 44 ans ont un diplôme d’études postsecondaires, par rapport à 40 % des hommes de ce groupe d’âge, et l’écart d’instruction est encore plus grand dans le cas des jeunes. Les femmes participent à la population active dans une proportion plus forte que jamais et très peu de femmes quittent le travail rémunéré pour des périodes très longues. Néanmoins, l’écart salarial persiste et s’élargit.

Une des principales raisons pour lesquelles l’écart salarial augmente est que les femmes n’ayant pas de diplôme d’études supérieures (ou dont le diplôme n’est pas reconnu au Canada) sont beaucoup plus susceptibles que les hommes d’occuper des emplois à temps partiel et temporaires à très bas salaire et très instables, particulièrement dans le secteur de la vente et des services privés. Plus d’une femme sur cinq de 25 à 54 ans, période où les gains sont les plus élevés, gagne moins de 12 $ par heure. C’est près de deux fois la proportion des hommes de ce groupe qui ont un salaire comparable. Les travailleuses, et principalement les nouvelles immigrantes de couleur, ont été les personnes les plus affectées par le fait que les gouvernements n’ont pas su maintenir des salaires minimums et des normes d’emploi appropriés à la protection des travailleurs et travailleuses occupant des emplois précaires à bas salaire.

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