• A A

Mise à jour sur les deux économies du Canada Répercussions sur les travailleurs et travailleuses et sur la politique monétaire

Affiché le samedi, 3 mai 2008

La crise de l’emploi cachée

Superficiellement, l’économie et le marché du travail du Canada vont bien. La croissance économique dépasse 3 % par année en dépit du ralentissement de l’économie des États-Unis. Nous avons un bas taux de chômage d’à peine plus de 6 % (6,1 % en mai) et un taux d’emploi plus élevé que jamais à 63,4 % (il s’agit de la proportion des membres de la population d’âge actif qui ont un emploi). Le taux de création d’emplois est demeuré très élevé en 2007 jusqu’à dernièrement, répondant à la demande d’emplois causée par l’arrivée sur le marché du travail des post-boomers, au taux d’immigration élevé et au désir de certains travailleurs et travailleuses de retarder leur départ à la retraite.

La Banque du Canada et bon nombre d’économistes croient que le marché du travail est très serré et que notre économie « dépasse la capacité de la population active », ce qui porte l’inflation au-dessus du taux visé de 2 %. L’indice des prix à la consommation mesuré sur douze mois avait augmenté de 2,2 % en avril et le taux d’inflation fondamentale, qui exclut des éléments volatils tels que les aliments et l’énergie, se situe à 2,5 %. La Banque du Canada a déclaré le 29 mai qu’il y avait une « demande excédentaire » dans l’économie et qu’elle hausserait fort probablement les taux d’intérêt dans un proche avenir. Bien que le concept d’une économie qui « dépasse la capacité de la population active » englobe plus que l’état du marché du travail, le fait que le taux de chômage demeure bas et que la croissance de l’emploi demeure forte nourrit la crainte de pressions inflationnistes.

Pourtant, la Banque du Canada reconnaît que les salaires stagnent. Et l’inflation est nettement une question régionale. En avril, seule l’Alberta avait un taux d’inflation dépassant sensiblement 2 % (elle avait un taux très élevé de 5,5 %) et le taux était de beaucoup inférieur à 2 % en Ontario (1,8 %) et au Québec (1,4 %). La forte inflation de l’Alberta est causée principalement par la hausse très marquée des prix des habitations, ceux des logements possédés ayant augmenté de 17,7 % depuis un an.

Lire l'article complet - Télécharger le PDF.