Affiché le mercredi, 13 février 2008
Je remercie les membres du comité de l’occasion de comparaître devant vous aujourd’hui. Je me prononce au nom du Congrès du travail du Canada, la centrale syndicale canadienne.
Le CTC représente plus de 3 millions de travailleurs et de travailleuses à travers le pays. Il nous fait plaisir de participer à votre étude sur les répercussions de l’accord commercial bilatéral qui est présentement négocié entre le Canada et la République de Corée.
Nous savons que nos découvertes et nos recommandations auront un impact sur la façon dont le gouvernement canadien décidera de procéder dans le dossier commercial Canada-Corée et nous aimerions faire une contribution significative à votre rapport.
Nous réalisons que ceci est particulièrement important maintenant qu’il est apparent que les négociations sont dans une impasse.
Nous avons trois principales inquiétudes face aux négociations Canada-Corée.
- Nous craignons que le modèle de négociations commerciales pris en considération solidifiera le rôle du Canada en tant que région productrice de ressources en Amérique du Nord et dans l’économie mondiale aux dépens de l’assise manufacturière, des communautés et des services publics.
- Nous craignons que l’accord soit néfaste pour les travailleuses et les travailleurs des deux pays. Il place les profits des entreprises avant les besoins et les intérêts de la main-d’oeuvre, tant au Canada qu’en Corée.
- Nous craignons que le Canada joue un rôle malheureux au niveau de l’ordre mondial. Au lieu de comprendre pourquoi il y a une opposition aussi profonde et vaste aux politiques commerciales et d’investissements néolibérales partout dans le monde, le Canada renforce malheureusement l’unilatéralisme américain au détriment d’un système multilateral.
Notre premier point porte sur les effets à long terme et le changement structurel de l’économie canadienne.
Nous représentons les femmes et les hommes qui travaillent dans les industries des ressources et, avec nos syndicats affiliés, nous continuons à travailler pour obtenir dans ces secteurs, des ententes collectives et des politiques publiques qui assurent des bons emplois, sécuritaires et responsables sur le plan environnemental.
Nous reconnaissons que les ressources naturelles du Canada ont souvent été la base sur laquelle nous avons, en tant que société, appuyé le secteur manufacturier secondaire, les services publics et les communautés solides.
Avec une gestion réfléchie de nos ressources naturelles, nous pourrons assurer la justice et la prospérité économique pour plusieurs générations à venir. Nous réalisons que l’avenir de plusieurs communautés canadiennes est lié à des marchés d’exportation stables pour les ressources et les produits agricoles.
Nous sommes quand même très inquiets que l’empressement du Canada de conclure un accord commercial bilatéral avec la Corée soit irréfléchi, imprévoyant et qu’il mènera à un développement encore plus inégal.
D’autres intervenants ont mentionné que le commerce de biens manufacturés entre le Canada et la Corée est des plus déséquilibrés. Comme l’a démontré le Centre canadien des politiques alternatives en 2006, la Corée a exporté 1,7 milliards de dollars en produits automobiles au Canada. Ceci signifie que pour chaque 153 $ de produits automobiles que la Corée envoie au Canada, nous exportons 1 $.
Nos principales exportations vers la Corée proviennent des industries des ressources et incluent le charbon, la pâte de bois, l’aluminium et le cuivre. Un accord de libre-échange entre les deux pays assurera que les échanges commerciaux favoriseront probablement les exportations basées sur les ressources et les importations manufacturières.
Il est possible que les industries du traitement des aliments et du papier profitent de l’élargissement des échanges commerciaux entre le Canada et la Corée. Si la Corée décide d’ouvrir son industrie du boeuf, ceci pourrait aider les travailleurs et les travailleuses du Manitoba. Les travailleurs et les travailleuses de Kelowna profiteront peut-être de l’exportation des produits de papier, mais les pertes d’emplois dans les autres secteurs seront plus nombreuses.
Comme l’ont mentionné les autres intervenants, on s’attend à ce que les industries manufacturières à valeur ajoutée seront touchées négativement.

Présentation du Congrès du travail du Canada au Comité international des échanges