• A A

Sous le parapluie de l’hégémonie des États-Unis : Le Canada et la Colombie se dirigent vers un accord commercial

Affiché le lundi, 25 février 2008

Sommaire

En juin 2007, le gouvernement canadien entama des négociations controversées avec la Colombie dans l’intention de conclure un accord de libre-échange. Le gouvernement du Canada se doit de répondre à ses critiques. Est-il vraiment dans l’intérêt du Canada ou de celui des travailleurs et travailleuses du Canada et de la Colombie de conclure un tel accord en ce moment? Qui en bénéficierait? Quels effets néfastes pourrait-il entraîner? Au moment où les deux gouvernements se préparent à annoncer leur accord, il devient de plus en plus clair que la réponse à ces questions réside au coeur même des intérêts économiques et sécuritaires des États-Unis et de leur politique étrangère dans les Amériques. Pour comprendre la raison pour laquelle le Canada est sur le point d’annoncer cet accord, nous devons, en réalité, examiner avec plus d’attention la relation que le Canada entretient avec les États-Unis, plutôt que les raisons de ses nouveaux intérêts bilatéraux en Colombie.

Le mouvement syndical et ses alliés demandent sans arrêt que le Canada cesse immédiatement les négociations et entreprenne une évaluation sérieuse des implications d’un tel accord pour les droits de la personne.

Il est important de comprendre que les États-Unis ne perçoivent pas leur relations réciproques avec les pays latino-américains comme de simples relations inter-étatiques. Ils maintiennent plutôt un contrôle extra-territorial sur les pays de la région. Ils considèrent que leur propre sécurité dépend de l’élargissement de l’espace qu’ils contrôlent autour de leurs propres frontières territoriales officielles. Quelques unes des méthodes prévues par l’administration Bush pour « étendre leur périmètre de sécurité » ont été développées dans un rapport préparé pour le Congrès des États-Unis au début de 2005. Ce rapport analyse les politiques en matière de sécurité des É.-U. visant à « repousser les limites de la frontière ». Ces politiques sont destinées à assurer la sécurité des É.-U. en s’attaquant aux problèmes avant que ceux-ci n’atteignent leur territoire. Ce sont ces politiques qui sont devenues familières aux citoyens du Canada au cours des trois dernières années, depuis que le Canada a rejoint les États-Unis et le Mexique au sein du Partenariat pour la prospérité et la sécurité (PPS).

Depuis la défaite de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), les États-Unis ont choisi leurs partenaires de négociation latino-américains avec prudence. Ils ont conclu une Entente pour la promotion des échanges avec le Pérou, en février 2006, et avec la Colombie, en mai 2006. C’est à l’intérieur d’un contexte hautement « sécuritaire » que l’entente de l’administration des É.-U. avec la Colombie doit être comprise. Dans cette période d’après le 11 septembre, il apparaît de plus en plus que les guerres menées par les É.-U. contre le terrorisme, la drogue et les immigrants se déroulent dans le cadre d’initiatives extra-territoriales justifiées en tant que tentatives de « protéger la frontière ».

L’administration ne cache pas le fait que l’entente avec la Colombie est destinée à étendre le périmètre de sécurité en menaçant la suprématie vénézuélienne sur les initiatives économiques et politiques. Le président vénézuélien Hugo Chavez a fait la promotion d’une Alternativa Bolivariana para los Pueblos de Nuestra Américana (ALBA), une initiative de « commerce équitable » qui fut amorcée en premier lieu avec Cuba (médecins contre pétrole), ensuite avec la Bolivie et le Nicaragua (sous Daniel Ortega). La Dominique est le premier membre du CARICOM de langue anglaise à s’y joindre. Plus récemment, Chavez a annoncé la création de banques prêteuses régionales en tant que solutions de remplacement au Fonds monétaire international. 

Lire l'article complet - Télécharger le PDF,