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Communautés en difficultés - Miramichi, Nouveau-Brunswick

Affiché le lundi, 1 juin 2009

Miramichi au cœur de la tempête

Miramichi, communauté du nord-est du Nouveau-Brunswick située à environ une heure et demie au nord de Moncton, est une collectivité relativement petite du Canadawater towermais une des villes les plus grandes du Nouveau-Brunswick. Sa population est d’environ 25 000 personnes. Il n’y a pas longtemps, Miramichi avait une des usines de pâte et de papier les plus grandes du Canada. Cette usine employait plus de 1 200 personnes. Il y a cinq ans, la région comptait sur 60 gros employeurs et environ 18 000 des habitants et habitantes de Miramichi avaient un emploi. L’usine de pâte et de papier a été démolie et il ne reste plus que 40 gros employeurs dans la région. L’hôpital régional est désormais le plus gros des employeurs en ville et seuls quelque 10 000 habitantes et habitants de Miramichi ont actuellement un emploi.

L’industrie forestière est morte du jour au lendemain

Jean-Guy Comeau, propriétaire de boisé et ancien employé de l’usine, décrit la dévastation comme suit : “Aujourd’hui, à la fin de l’été 2009, il n’y a aucune scie ou quoi que ce soit qui tourne pour faire un produit qui sort de la forêt. Ça, c’est assez grave. Si ça tourne pas, ça veut dire qu’il n’y a personne qui travaille et qui coupe du bois dans la région, qu’il n’y a aucune personne qui travaille dans les usines. »

Selon Dwayne Hancock, ancien employé et président de section locale d’une des usines qui a fermé depuis trois ans, la situation est grave : « Les gens du bassin de la Miramichi ont vraiment eu la vie dure. Je crois qu’une grande partie de la réalité a été adoucie. J’imagine que c’est une manière polie de le dire. L’industrie forestière est morte du jour au lendemain et personne n’a dit un mot. Personne n’a fait quoi que ce soit. Notre usine de PPO avait les salaires les plus bas en Amérique du Nord…Nous avions de bons emplois. Nous pensions avoir une certaine sécurité mais, malheureusement, nous n’avions pas notre place dans le plan de l’entreprise. »

Les travailleurs et les travailleuses font tout leur possible pour faire face à la dégradation rapide du marché du travail à Miramichi. Ils survivent d’indemnités de départ, de chèques d’assurance-emploi, d’aide à la formation à court terme, de possibilités d’emploi instable et à bas salaire dans la région ou d’emplois dans d’autres parties de la province ou du pays qui nécessitent une migration quotidienne ou hebdomadaire hors de la région.

Ils partent pour l’ouest et reviennent

Selon Elisabeth Murray, militante syndicale et employée de l’hôpital régional, « nous avons constaté que par suite de la fermeture des usines, de nombreux hommes viennent travailler à titre d’employés occasionnels parce que leur conjointe faisait déjà partie du personnel ». Cela indique que des hommes ayant perdu des emplois industriels permanents et à plein temps trouvent des emplois occasionnels et à temps partiel dans le secteur public et le secteur des services.

John Richard, travailleur de la coopérative locale et militant syndical, a vu des hommes chercher du travail partout. Certains ont eu la chance de trouver des emplois à la coopérative. « Il y a 13 ou 14 gars qui travaillaient auparavant à l’usine et qui travaillent maintenant avec nous, que ce soit à titre de camionneurs, de membres du personnel d’entretien ou d’employés de production. »

Georges Estey, agent syndical de la section locale 799 de l’Association unie des compagnons et apprentis de l’industrie de la plomberie et de la tuyauterie à Miramichi, comprend que la fermeture de l’usine signifie que les hommes parcourront de grandes distances pour trouver du travail. « La plupart de ces gars ont 50 ans ou moins, certains ont 55 ans, ils doivent encore travailler pour gagner leur vie que je sache, et ils sont encore sur le marché du travail. Puisqu’il n’y a plus d’emplois ici, je dirais que la majorité d’entre eux partent pour l’ouest et reviennent. »

Je ne peux pas tracer des plans d’avenir.

Dwayne Hancock a perdu son emploi à l’usine et travaille maintenant dans un centre d’appels :  « Le centre d’appels où je travaille nous paie 12 $ par heure. Je ne peux pas tracer des plans d’avenir. Je ne cotise pas à mon régime de retraite. Je m’efforce tout simplement de me rattraper dans l’acquittement des factures et de me préparer à affronter l’hiver. Ma maison a besoin de réparations. C’est une maison plutôt vieille et il y a des travaux qui s’imposent. Ma voiture a fini par me lâcher et j’ai dû en acheter une autre. C’est la première fois depuis 15 ans que j’ai dû acheter une auto plus vieille plutôt qu’une plus récente. Je n’avais pas les moyens d’effectuer des paiements d’automobile. C’était tout simplement impossible. »

Il n’y a pas que les travailleurs qui sont durement frappés. Les familles et l’ensemble de la communauté l’est également. Interrogés au sujet du recours à leurs services, les porte-parole du refuge pour femmes disent que celui-ci est bondé, ce qu’il n’avait pas été depuis des années. La coordinatrice de la banque alimentaire de Miramichi indique que le nombre des familles demandant de l’aide augmente de 10% par mois.

De dire Dwayne Hancock, « bien des familles ont eu la vie dure. J’ai reçu de nombreux appels téléphoniques tard le soir de membres en détresse ne savant tout simplement pas ce qu’ils allaient faire ».

Bobbie-Jo Metallic est une jeune femme autochtone qui a obtenu dernièrement un diplôme de l’école d’art culinaire mais qui se trouve en chômage. « Je crois qu’un grand nombre de personnes luttent vraiment pour survivre. Je pense que bon nombre d’entre elles sont très déprimées. Je vois beaucoup de mes amis se mettre à boire, ce qui n’est pas réjouissant. Pourquoi acheter de l’alcool avec l’argent dont on a besoin pour acheter de la nourriture?

L’année prochaine va être encore plus difficile

Delalene Foran et de nombreux autres habitants et habitantes de Miramichi sont d’avis que la tempête économique qui déferle sur cette communauté n’est pas finie. « Je ne crois pas que le pire soit passé. Je crois que l’année prochaine va être encore plus difficile parce qu’un grand nombre de personnes touchent des prestations d’assurance-chômage actuellement. Elles ont leurs timbres. Elles ont leur indemnité de départ de l’usine. »

Dwayne Hancock s’inquiète de l’avenir : « Malheureusement, un grand nombre d’entre nous voient Miramichi se transformer peu à peu en ville de retraite. On ne peut pas mesurer la croissance économique en se fondant sur les retraités. S’il n’y a pas de croissance économique et de l’emploi, si la fréquentation scolaire diminue et qu’aucun nouvel enfant ne se joint à la communauté, qui dépensera dans l’avenir? Ce sont les familles qui dépensent. S’il n’y a plus de familles, s’il n’y a que des couples, ça va vraiment freiner l’économie. Ça va nettement avoir un impact. Le marché de l’immobilier ne s’est pas effondré comme tout le monde s’y attendait mais ça va venir bientôt, particulièrement parce que les emplois commencent à manquer dans l’ouest. ».

Ça va prendre du courage

En dépit de ces problèmes majeurs, les habitants et les habitantes de Miramichi sont fiers de leur communauté et ont de l’espoir. Cependant, ils remettent en question la vieille façon de relever les défis. Inka Milewski, écologiste et chercheuse de Miramichi, il doit y avoir une meilleure façon de faire.

« Les fermetures d’usine nous donnent l’occasion de faire les choses différemment, et il n’y a aucune raison qu’il ne se produise pas à Miramichi des changements beaucoup plus favorables à la communauté que ceux du passé. Cependant, ça va prendre du courage et ça va prendre une vision. Il faudra procéder à une analyse très franche. Les projets actuels sont boiteux. Si l’on ne connaît pas le problème, on ne peut même pas poursuivre la mise en œuvre de la solution. »

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