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Communautés en difficultés - Oshawa (Ontario)

Affiché le mardi, 1 juin 2010

Il y a eu dévastation

Le nombre des emplois de GM à Oshawa est passé de 12 000 à un peu plus de 3 500 en deux ans. À chacun des emplois éliminés chez GM a correspondu la perte de 7,5 emplois dans le secteur des pièces, de l’entretien et de la réparation d’automobiles. Sandra Kicinko, qui habite Oshawa depuis longtemps, dit : « Il y a eu dévastation ». En mai 2009, le taux de chômage de la région était de 7,9%. En août, il avait atteint 9,9%.

À peine deux semaines après la conclusion de sa convention collective avec les TCA en mai 2008, General Motors a annoncé que l’usine de camions d’Oshawa fermerait. Les travailleurs et les travailleuses de l’automobile qui avaient été trahis savaient que la décision éliminerait 2 600 bons emplois industriels et réduirait énormément la base industrielle d’Oshawa. La fermeture de l’usine de camions devait affecter de 11 000 à 12 000 emplois directs et indirects. Les membres des TCA ont manifesté devant le siège social de l’entreprise pendant 12 jours.

Don Dew avait travaillé pour Lear Ajax pendant plus de 22 années. « Ils ont fermé l’usine de camions d’Oshawa après avoir dit aux travailleurs et travailleuses qu’ils étaient les meilleurs fabricants de camions du monde », s’exclame-t-il. « Après avoir dit cela, on ne ferme pas l’usine une année plus tard ».

Ces bottes sont faites pour travailler

Vers le début d’octobre 2008, des membres des TCA ont déposé des centaines de bottes de travail devant le bureau de Whitby du député conservateur et ministre des Finances Jim Flaherty. Des travailleurs et travailleuses en chômage de tout l’Ontario ont fixé aux bottes des messages tels que « Ces bottes sont faites pour travailler » et « Honnêtement, ce qui est fabriqué au Canada importe ».

Le gouvernement du Canada a obligé les TCA à négocier une nouvelle entente avec GM Canada pour que les frais de main-d’œuvre de l’entreprise canadienne équivalent à ceux des assembleurs d’automobiles non syndiqués.

John MacDonald, travailleur de l’automobile mis à pied, a vu l’atteinte portée aux pensions au cours des négociations. « Je regrette de devoir le dire, mais il n’y a pas assez de place sous tous ces ponts pour les femmes âgées, les veuves, les hommes, je veux dire que si c’est ainsi que nous traitons nos personnes âgées, les citoyens et citoyennes du Canada ont un grave problème ».

Vers la fin de 2008, GM a annoncé l’élimination du troisième quart à l’usine de voitures. La nouvelle a assommé 700 personnes. L’industrie de l’automobile pourrait favoriser indirectement le développement industriel et technologique. Cependant, comme le dit Joel Smith, des TCA, « la communauté perd sa capacité manufacturière, et elle commencera ensuite à perdre sa capacité d’ingénierie ».

Les prestations d’a.-e. sont si faibles

Tammy Schoep est une mère de famille monoparentale comprenant trois enfants qui travaillait à l’atelier de peinture pendant le quart de minuit. Elle a été mise à pied deux jours avant Noël en 2008. La situation de Tammy est plus que serrée. « J’ai décidé de vendre la maison avant qu’on me l’arrache…J’ai reçu un appel de la banque aujourd’hui pour me rappeler qu’il ne me reste qu’un peu plus d’un mois avant qu’elle n’en reprenne possession ».

« La prochaine étape est donc la faillite », dit Tammy. Madame Schoep dit que le gouvernement doit intervenir. « Les prestations d’a.-e. sont si faibles », dit-elle. « Elles dépassent à peine les revenus d’un emploi à 10 $ l’heure et c’est avec cela que les gens sont censés conserver leurs maisons et payer tout le reste? »

Les gens doivent se débrouiller seuls

Quand les Conservateurs ont allongé de cinq semaines la durée des prestations d’a.-e. au printemps, Chris Pinsent, des Métallurgistes unis d’Amérique, a dû communiquer avec son député fédéral, qui est le ministre des Finances, pour savoir pourquoi il incombe aux personnes en chômage de communiquer avec Service Canada pour demander la prolongation. M. Pinsent dit que « les gens doivent se débrouiller seuls ».

Pour M. Pinsent, cela ne revenait qu’à doubler d’un affront les torts de son employeur, le fabricant de meubles Sklar-Pepplar d’Ajax, qui a fermé son usine et demandé la protection de la loi sur les faillites. L’entreprise a fermé sans verser les salaires impayés ni les indemnités de vacances ou de départ dues aux Métallos. L’entreprise a fait passer sa production manufacturière à Shannon, au Mississippi. Elle écoule maintenant des meubles importés dans un point de vente situé à côté de son ancienne usine d’Ajax.

Non, puisque maman ne travaille pas

Kathie Fowlie, militante féministe et retraitée des TCA, décrit comment il lui arrive de voir tout d’un coup l’ensemble de ce qui se passe autour d’elle. « Je crois qu’il n’y a rien de plus atterrant que ce qui m’est arrivé l’autre jour dans un magasin. La jeune femme derrière moi achetait des choses et son jeune fils voulait acheter un petit livre pour l’apporter à son frère. Elle a dit : Non, puisque maman ne travaille pas ».

Connie Snelgrove, travailleuse mise à pied par Lear et coordinatrice du centre d’action des TCA, traite du stress que vivent les familles. « Les parents doivent voir à ce que le conjoint travaille en semaine, quitte à ce que ce soit dans un emploi à salaire plus bas, et à ce que la conjointe travaille en fin de semaine », dit-elle. « Ou à ce que le conjoint travaille le jour et la conjointe la nuit, se relayant pour garder les enfants. »

Enfants en crise

Le conseil scolaire a réduit le personnel de soutien, y compris les professionnels de la santé et les assistantes et assistants en éducation. Ingrid Thompson, de la FEEO, dit : « Nous voyons des enfants en crise tous les jours, et ils n’ont pas d’endroit où aller ».

Les enseignantes et les enseignants occasionnels ont droit à des prestations d’a.-e. s’ils ont travaillé pendant un nombre suffisant d’heures mais il leur est difficile d’obtenir suffisamment d’heures. Et ils se heurtent à des difficultés supplémentaires s’ils décrochent un emploi d’enseignement permanent à temps partiel qui ne leur assure pas un salaire suffisant. « Le reste du temps, ils font de la suppléance au jour le jour et occupent probablement un autre emploi à temps partiel afin de se nourrir et de se loger, mais ils se trouvent à être privés de prestations d’assurance-emploi. C’est un problème énorme », souligne Ingrid.

Pas d’autres emplois à occuper

Jim Koppens travaillait au magasin Loblaws d’Oshawa qui a été transformé en hypermarché. Pour l’employeur, cela comportait un changement de « bannière » et justifiait sa décision d’offrir aux membres du personnel des salaires et des avantages sociaux réduits. Les personnes travaillant à temps partiel ont été appelées à accepter une baisse de salaire de quatre dollars par heure.

Jim croit que le gouvernement fédéral n’est pas disposé à reconnaître le problème. « Ce qui me fait le plus peur, c’est qu’il se peut qu’il n’y ait pas d’autres emplois à occuper. Et cela accroîtra le fardeau du gouvernement, parce que c’est le système d’aide sociale qui entrera en jeu. D’une manière ou de l’autre, le gouvernement devra débourser des fonds ».

Est-ce que j’amène mes enfants chez le dentiste ou je paie la facture d’électricité?

Martine Fournier traite de l’effet sur Centraide, qui «  a essuyé un déficit d’environ 700 000 $. Sur un budget de 3 millions de dollars, c’est une perte très appréciable ».

Simcoe Hall Settlement House a vu augmenter de 20 % à 25 % le recours aux banques d’alimentation. Sa directrice exécutive Sandra Sweet dit : « Le pot de beurre d’arachide coûte deux fois plus qu’il y a deux ans ». Elle poursuit en ces termes : « Bien des personnes doivent choisir entre amener leurs enfants chez le dentiste, faire renouveler une ordonnance, acheter de la nourriture ou acquitter la facture de téléphone ou d’électricité. Et il y a trop de jours dans le mois et pas suffisamment d’argent pour vivre jusqu’à la fin du mois ».

Oshawa a reçu des fonds fédéraux pour des travaux d’infrastructure mais la construction n’avait pas commencé quand nous avons parlé au conseiller municipal John Henry. « Les gens doivent voir que le travail s’accomplit et que des demandes sont présentées aux bureaux d’embauchage syndicaux locaux. Cela ne se produit pas encore ». 

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