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Confrontation avec la réalité : Les femmes au Canada et la Déclaration et Programme d’action de Beijing après 15 années

Affiché le lundi, 22 février 2010

Première partie : Réalisations et obstacles globaux

Le soutien institutionnel et politique apporté par le gouvernement du Canada à la promotion et à la défense des droits humains des femmes et des filles a diminué de façon très marquée pendant la période de 2004 à 2009. En témoigne la politique du gouvernement du Canada sur les droits humains des femmes dans les contextes national et international. Les illustrations du changement comprennent les suivantes :

  • La radiation des mots « égalité entre les sexes » du mandat de la principale institution responsable de l’égalité entre les sexes au Canada : Condition féminine Canada;
  • La fermeture de douze des seize bureaux de Condition féminine Canada selon le principe qu’il n’est pas nécessaire de séparer les dossiers des femmes de ceux des hommes;1
  • La réaffectation de fonds des organisations appuyant la défense de causes ayant trait aux droits humains des femmes à des organisations ne fournissant que des services de première ligne;
  • L’élimination du financement du Programme de contestation judiciaire, qui a été créé pour aider à défendre des causes ayant trait aux droits à l’égalité garantis par la Constitution du Canada;
  • L’élimination, en 2006, des accords de financement qui avaient été négociés avec les provinces et les territoires pour fournir cinq milliards de dollars aux fins des programmes de garde et d’apprentissage des jeunes enfants;
  • La réduction des ressources financières et humaines affectées expressément aux projets en matière d’égalité des sexes par l’Agence canadienne de développement international et le ministère des Affaires étrangères;
  • Les déclarations du ministre des Affaires étrangères indiquant un désengagement délibéré à mettre en œuvre les normes internationales, y compris le droit international humanitaire et les normes relatives aux droits humains des femmes;
  • Le fait que des conseillers supérieurs en politiques du cabinet du premier ministre aient d’étroites relations avec des organisations antiféministes.

Les réalisations du Canada en vue de l’accès des femmes à l’égalité ont été considérables depuis quelques décennies. Par exemple, la participation des femmes aux études supérieures a augmenté depuis la quatrième Conférence mondiale sur les femmes tenue en 1995. Toutefois, de 2004 à 2009, l’avancement des femmes dans les douze domaines critiques indiqués dans le Programme d’action de Beijing a ralenti ou a été renversé. Le Canada ne se compare plus favorablement aux autres pays dans les évaluations de l’égalité des sexes et de l’écart entre les hommes et les femmes. Par exemple, en 2004, le Canada se classait au 7e rang selon l’indice d’inégalité entre les sexes établi par le Forum économique mondial. En 2009, il se classait au 25e rang selon cet indice. La même année, il se classait au 73e rang selon l’indice de disparité entre les sexes de l’ONU. Plusieurs organismes de l’ONU s’occupant de droits humains ont adressé de forts reproches au Canada à l’égard de la pauvreté des femmes et de la violence endémique à l’endroit des femmes et des filles autochtones.

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