Affiché le vendredi, 30 septembre 2011
Les économies avancées, y compris celle du Canada, risquent un retour de la récession en raison des compressions dans les dépenses gouvernementales et une crise financière imminente. Le Congrès du travail du Canada demande à notre gouvernement fédéral et aux gouvernements du G20 d’y répondre en accordant la priorité à l’emploi. Ce document fait état de la situation économique en date de septembre 2011 et décrit les mesures à prendre.
Les économistes, y compris ceux de l’OCDE, du FMI et des banques canadiennes, se rembrunissent de plus en plus devant les perspectives économiques de tous les pays avancés, le Canada inclus. Les États-Unis, l’UE et le Canada risquent de sombrer dans une récession technique – définie comme étant six mois de croissance négative – très bientôt et, même si la récession technique était évitée, nous vivrons presque certainement une longue période de croissance très lente et de maintien d’un taux de chômage élevé.
Le principal problème fondamental qui se pose dans les économies des pays avancés est que les programmes de stimulation qui ont donné lieu à une brève reprise après la grande récession de 2008 à 2009 sont terminés et que des mesures d’austérité et des compressions des dépenses y ont succédé. Dans bien des pays, tels que les États-Unis et le Royaume-Uni, une forte proportion de l’augmentation de la dette publique a découlé du renflouement du système bancaire pour régler la crise financière de 2008 qui a mis en faillite ou mené au bord de la faillite de grandes banques américaines et européennes. Aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans certains autres pays, l’endettement des ménages est également très élevé et les prix des maisons se sont effondrés, ce qui signifie que les dépenses des ménages sont très faibles au moment même où les gouvernements compriment les dépenses publiques.
Même si la Chine et d’autres pays en développement ont encore une croissance très rapide, bon nombre d’entre eux (et notamment la Chine, dont le taux de change est maintenu artificiellement bas) ont de considérables excédents commerciaux. Il s’ensuit que très peu de pays avancés peuvent s’assurer une croissance positive en faisant augmenter leurs exportations. (L’Allemagne est la principale exception.) La plupart des pays européens ainsi que les États-Unis et le Canada ne vivent que peu de reprise, sinon aucune, dans leurs secteurs manufacturiers durement frappés.
La situation pourrait empirer s’il y avait une autre grande crise financière. La croissance a déjà été freinée en Europe par les réductions majeures des dépenses publiques auxquelles ont procédé la plupart des pays, et particulièrement ceux dont la dette est frappée de taux d’intérêt élevés. Jadis, il s’agissait principalement de petits pays – Grèce, Irlande et Portugal – mais l’Espagne, l’Italie et même la France doivent actuellement payer beaucoup plus pour emprunter que l’Allemagne ou les États-Unis. On craint que certains pays (et avant tout la Grèce) cesseront d’honorer leurs engagements de débiteurs, ce qui risquerait de mettre en faillite certaines grandes banques européennes et les institutions ayant passé beaucoup de contrats d’échange (swaps) sur défaillance de crédit qui les mettent en difficulté si les paiements sur obligations cessent. Personne ne sait, au juste, qui court le plus de risques, ce qui a commencé à signifier que les banques ne peuvent pas facilement emprunter les unes des autres.
La seule solution valable pour l’ensemble de la zone euro est que la dette de celle-ci soit garantie de telle sorte que les taux d’intérêt seront ramenés aux alentours de ceux, beaucoup plus bas, de l’Allemagne. Or, cela nécessite que des modifications importantes soient apportées à la conception de la Banque centrale européenne, et l’Allemagne ainsi que certains pays plus petits s’opposent farouchement à ces modifications. De plus, les pays européens dont la dette publique est très élevée auront beaucoup de difficulté à régler le problème grâce à la croissance si le taux de chômage demeure très élevé dans la plupart des pays affectés.
Le mouvement syndical international soutient auprès du G20 – les gouvernements des 20 pays ayant les économies les plus grandes – que le virage à l’austérité dans le secteur public ne réglera pas le problème de la dette publique puisqu’il rétrécira l’économie et haussera le taux de chômage déjà élevé. Les gouvernements devraient plutôt établir de grands programmes d’investissement public qui créeront des emplois dans l’immédiat et accroîtront la croissance économique future. Les grands travaux d’infrastructure publique et les projets d’énergie verte sont de bons objets d’investissement public.
L’autre besoin pressant est de voir à ce que les pays qui ont les excédents commerciaux les plus grands – notamment la Chine mais aussi l’Allemagne – permettent aux salaires d’augmenter et importent davantage de pays ayant des taux de chômage élevés et des déficits commerciaux considérables.
De plus, la tâche de procéder à une réforme fondamentale de notre système financier destructeur a été reportée sans cesse par le G20 et il doit s’y atteler. Rares sont les leçons à tirer de la crise financière de 2008 qui ont été apprises. Les fonds spéculatifs et les grandes banques continuent de spéculer sur les actifs financiers et à déstabiliser le marché des obligations d’État et d’autres actifs.
Par ailleurs, les gouvernements n’ont pas reconnu les causes profondes de la crise que sont l’augmentation de l’inégalité, soit l’augmentation des profits et la montée en flèche des revenus des personnes très riches pendant que les salaires de la majorité des travailleurs et travailleuses stagnent. Cela a rendu la croissance d’avant 2008 dangereusement conditionnelle à l’augmentation de l’endettement des ménages et aux bulles spéculatives, plutôt que d’être fondée sur de vrais investissements dans une économie équilibrée engendrant une prospérité durable et partagée grâce à des investissements concrets et à l’augmentation de la productivité liée à une hausse des salaires. L’Organisation internationale du Travail a appelé à une réforme de fond en comble du marché du travail et des programmes sociaux pour accroître le pouvoir de négociation des travailleurs et travailleuses en soutenant que c’est un élément de la solution à apporter au problème de la très lente croissance et du fort chômage.
Au Canada, la croissance économique a été très lente cette année. Le total de la production et des revenus (PIB) a augmenté pendant le premier trimestre, mais c’est principalement en raison d’une accumulation des stocks. Le PIB a diminué légèrement (-0,1 %) au cours du second trimestre et il se peut que sa croissance demeure négative pendant le troisième trimestre.
L’emploi total du Canada s’est rétabli au niveau d’avant la récession, mais le taux de chômage était de 7,3 % le mois dernier (août), soit encore beaucoup plus élevé que le creux de 6,0 % atteint avant la grande récession. Le taux de chômage des jeunes est de 14,0 %. Le taux de chômage « réel », déterminé en tenant compte des personnes qui ont renoncé à chercher du travail et de celles qui travaillent involontairement à temps partiel, est d’environ 11 %.
Il n’y a eu pratiquement aucune croissance de l’emploi en juillet et en août (1 500 emplois créés en deux mois). De plus, la valeur réelle des salaires (salaires rajustés en fonction de l’inflation) a commencé à diminuer dernièrement.
L’Enquête sur la population active du mois d’août a indiqué que le taux de rémunération horaire moyen n’avait augmenté que de 1,4 % par rapport à la même période un an auparavant. Le même bas niveau d’augmentation avait été enregistré en juillet. L’inflation des prix à la consommation était beaucoup plus élevée, soit de 2,7 % en juillet alors qu’elle avait été de 3,1 % en juin et de 3,7 % en mai. Or, les règlements salariaux des travailleurs et travailleuses syndiqués n’ont prévu qu’une augmentation moyenne de 2,0 % pendant le second trimestre (et le taux a été plus bas dans le secteur public).
Si la valeur réelle des salaires continue à baisser parce que l’économie est très faible, cela compromettra encore davantage la faible relance, nuira aux dépenses de consommation et déclenchera peut-être une importante chute des prix des maisons.
La majorité des emplois créés depuis un an se trouvaient dans les services sociaux et de santé (un sur quatre) et dans la construction (un sur trois). Le maintien de la force dans l’industrie de la construction témoignait partiellement du programme de stimulation économique du gouvernement. Or, celui-ci a expiré, et les services à financement public sont susceptibles de subir des compressions.
La récession a été un peu moins grave au Canada qu’aux États-Unis, pour trois principales raisons. Le secteur des ressources naturelles (pétrole et gaz et industrie minière) a bénéficié des prix élevés alimentés par la forte croissance de la Chine. Le programme de stimulation – que les Conservateurs ont été obligés d’adopter sous la menace de création d’un gouvernement de coalition – comprenait une partie qui portait sur l’infrastructure, ce qui a aidé l’industrie de la construction, et il prévoyait une certaine amélioration du Régime d’assurance-emploi qui a maintenu temporairement les revenus d’une forte proportion des sans-emploi, même si la moitié des personnes en chômage n’avait toujours pas droit à des prestations. Et les bas taux d’intérêt ont appuyé la construction résidentielle et maintenu les prix des maisons.
Toutefois, les perspectives économiques canadiennes ne sont pas très réjouissantes.
Le secteur manufacturier ne s’est pas rétabli de façon appréciable depuis le pire de la récession, qui s’est produite après une période d’élimination d’emplois remontant à 2002. Le principal problème est que la valeur très élevée du dollar canadien nous met dans une situation de grave désavantage concurrentiel sur le marché déjà déprimé des États-Unis par rapport aux entreprises de ce pays et d’Asie. Malgré les prix élevés des ressources naturelles, le Canada a un déficit commercial considérable avec le reste du monde. Le secteur des ressources naturelles, qui compte actuellement pour environ les deux tiers de nos exportations, n’est pas suffisamment grand pour nous permettre de payer tous les produits manufacturés et les services que nous importons.
La récession a pris fin plus tôt au Canada qu’aux États-Unis parce que, ce qui est plutôt étonnant, les très bas taux d’intérêt ont permis un rétablissement et ensuite une expansion du marché de l’habitation.
Les bas taux d’intérêt alimentent encore l’augmentation de l’endettement des ménages, et particulièrement des prêts hypothécaires résidentiels, qui ont augmenté de 75,4 milliards de dollars, soit de 7,6 %, du début de l’année au mois de mai et qui continuent d’augmenter tous les mois. Les prix des maisons continuent à augmenter. Le crédit à la consommation continue également à augmenter, partiellement sous forme de prêts garantis par des biens immobiliers à la faveur de la hausse des prix des maisons.
Toutefois, il est fort peu probable que l’endettement des ménages continue d’augmenter, compte tenu de la faiblesse du marché du travail, de la baisse de la valeur réelle des salaires et du fait que cet endettement est déjà plus élevé qu’il ne l’a jamais été auparavant : 150 % du revenu après impôt. D’autre part, il est probable que les prix des maisons baisseront, peut-être de façon très marquée, dans un proche avenir.
Depuis à peu près l’an 2000, les prix des maisons augmentent beaucoup plus rapidement que l’indice des prix à la consommation et plus rapidement que les revenus des ménages et les frais de location. Le prix moyen des maisons est de 5,2 fois plus élevé que le revenu moyen des ménages alors qu’il était d’un ratio normal de 3,2 fois ce revenu pendant les années 1980 et 1990. Vu l’augmentation de la dette hypothécaire, le ratio de l’endettement des ménages au revenu disponible des ménages a atteint un niveau record de 150 %, qui est légèrement plus bas que le niveau atteint aux États-Unis avant que la bulle du logement ne crève dans ce pays. Les Services économiques TD jugent que les prix des maisons sont surévalués de 10 % à 15 %, et c’est une estimation plutôt conservatrice.
Les bas taux d’intérêt ont maintenu relativement faibles les charges de remboursement des prêts hypothécaires et fait croire que les prix des maisons étaient plutôt abordables pendant une période étonnamment longue. Cependant, ce qui doit finir finira bel et bien tôt ou tard.
Quand l’augmentation des emprunts des ménages ralentira, la croissance économique canadienne devra être fondée sur de trois choses l’une : (1) une amélioration de la balance du commerce et des paiements avec le reste du monde, (2) un accroissement de l’investissement des entreprises ou (3) une augmentation de l’investissement public. Attendu qu’au Canada, le gros de l’investissement des entreprises se déroule dans les secteurs primaire et manufacturier, axés sur l’exportation, les scénarios (1) et (2) sont étroitement liés.
Les données les plus récentes indiquent que l’investissement des entreprises a augmenté légèrement ces derniers mois, mais il demeure considérablement inférieur aux niveaux d’avant la récession même si les profits des entreprises sont très sains et que celles-ci ont beaucoup de fonds excédentaires. Une grande partie de l’investissement actuel se déroule dans les industries énergétiques et minières. La réduction de l’impôt sur le revenu des sociétés n’accroîtrait pas l’investissement dans le secteur des ressources naturelles et n’aurait pour effets que de hausser les profits déjà élevés des entreprises et de réduire les recettes publiques. Un moyen beaucoup plus efficace d’accroître les investissements, particulièrement dans le secteur manufacturier durement frappé, consisterait à accorder des crédits d’impôt à l’investissement aux entreprises qui investissent dans les machines et le matériel neufs, la recherche-développement et la formation des travailleurs et travailleuses.
Entre temps, les dépenses publiques sont sur le point de commencer à diminuer car les compressions fédérales et provinciales commencent à réduire les dépenses globales et les emplois. Le total des dépenses publiques sera réduit d’environ 1 % du PIB en 2011 et 2012. Cela suffira à nous plonger en récession si la croissance stagne dans d’autres parties de l’économie.
La probabilité d’une récession au Canada sera donc plutôt forte si les politiques publiques ne sont pas modifiées.
Le gouvernement conservateur met l’accent sur de grandes compressions des dépenses afin de réduire le déficit rapidement, même si la dette publique canadienne est très faible. Elle n’est que de 33,7 % du PIB alors que la moyenne de l’OCDE est de 62,6 %. Qui plus est, les taux d’intérêt sont plus bas que jamais. Le gouvernement du Canada peut emprunter en émettant des obligations de dix ans à un taux d’intérêt inférieur à 2,5 %. Malgré sa faible dette et les bas taux d’intérêt, le Canada comprime ses dépenses plus que la plupart des autres pays industriels avancés.
Le déficit budgétaire annuel fédéral est déjà très faible ; il n’est que de 1,9 % du PIB pour l’année financière courante. Le budget fédéral de juin 2011 prévoit que le déficit fédéral sera ramené de 1,9 % du PIB en 2011‑2012 à seulement 1,1 % du PIB l’année suivante et à zéro en 2014‑2015. Cette réduction du déficit est principalement attribuable à des compressions déjà annoncées des dépenses de programmes fédérales, qui passeront de 14,5 % du PIB cette année à 13,1 % du PIB en 2014-2015.
La compression des dépenses fédérales et provinciales ramènera le déficit combiné des gouvernements du Canada de 4,9 % du PIB en 2011 à 3,5 % du PIB en 2012, selon l’OCDE. Cela aura un effet négatif sur la relance économique et la création d’emplois. Selon les économistes au service du FMI, le fait de réduire les dépenses publiques de 1 % du PIB réduit la taille de l’économie de 0,6 %.
Au gel des budgets de fonctionnement et aux résultats d’examens stratégiques antérieurs, le gouvernement fédéral projette d’ajouter 4 milliards de dollars d’économies annuelles d’ici 2014-2015 grâce à l’Examen stratégique et fonctionnel. Cet examen vise non seulement à réduire le déficit mais encore à libérer les ressources nécessaires pour financer la nouvelle réduction de l’impôt sur le revenu annoncée par les Conservateurs pendant la campagne électorale de 2011. L’expansion proposée du compte d’épargne libre d’impôt et l’instauration du partage des revenus des familles qui comprennent des enfants profiteront principalement aux Canadiens et Canadiennes riches.
Le mémoire du CTC sur le budget soutenait que les principales priorités du budget de 2012 devraient être de soutenir le rythme de la croissance et de favoriser la création d’emplois plutôt que d’accélérer la réduction du déficit artificiellement en procédant à des compressions des dépenses allant à l’encontre du but recherché. Il est déjà clair que ces compressions ont pour effets non seulement d’éliminer des emplois mais aussi de réduire d’importants programmes et services.
Nous avons recommandé que le gouvernement fédéral maintienne à leur niveau actuel, de 2011-2012, la part du PIB que représentent les dépenses de programmes et qu’il annule l’Examen stratégique et fonctionnel. L’efficacité des programmes gouvernementaux devrait continuer à faire l’objet d’examens périodiques mais les économies qui peuvent découler de ces examens devraient être affectées au financement de nouvelles priorités telles que l’amélioration du Supplément de revenu garanti et des prestations d’assurance-emploi ainsi que des programmes de création d’emplois et un programme national de services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants.
Nous avons incité le gouvernement fédéral à lancer, de concert avec les provinces et les villes, un programme d’investissement public pluriannuel afin de créer des emplois dans l’immédiat, de promouvoir nos objectifs environnementaux, de stimuler les nouveaux investissements dans le secteur privé et de favoriser la productivité.
Pareil programme comprendrait un soutien aux infrastructures municipales de base, aux transports en commun et au transport ferroviaire des voyageurs, au logement à prix abordable, à l’économie d’énergie par la rénovation des bâtiments et aux projets d’énergie renouvelable.
Le soutien du gouvernement fédéral aux investissements dans l’infrastructure et la protection de l’environnement devrait être lié à des « politiques d’achat au Canada » de telle manière que les intrants de biens et services soient achetés au pays. Les États-Unis prévoient assortir leur nouveau Jobs Program d’exigences d’achat de biens et de services du pays pour qu’il stimule plus efficacement la création d’emplois, et le Canada n’a aucune raison valable de ne pas en faire autant. L’Accord sur les marchés publics entre le Canada et les États-Unis qui a expiré dernièrement nous a donné accès à seulement une infime partie du premier programme de stimulation étatsunien, au prix d’une augmentation considérable de l’accès des États-Unis à notre marché. De plus, l’investissement dans l’infrastructure devrait prévoir une composante de formation obligatoire permettant de combler les pénuries imminentes de main-d’œuvre qualifiée.
Le gouvernement fédéral devrait en outre réaliser des investissements dans un programme national sans but lucratif de services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants, dans les soins à domicile fournis dans le cadre du régime public de soins de santé, et dans les soins de longue durée pour les personnes âgées. Ces programmes auraient l’avantage de créer des emplois en favorisant l’atteinte de nos objectifs sociaux.
La recherche économique illustre que la plupart des grands investissements publics s’autofinancent car leurs retombées positives sur la croissance économique et la productivité du secteur privé accroissent les revenus ultérieurs des gouvernements. Par exemple, la Chambre de commerce de Toronto prétend que des investissements majeurs dans les transports en commun réduiraient grandement les coûts qu’assument les entreprises en raison de la congestion de la circulation, en accroissant la productivité. Un éminent économiste québécois du nom de Pierre Fortin a calculé que le coût annuel des subventions aux services québécois de garde à l’enfance est compensé par les avantages tirés de la hausse du taux d’activité des parents des jeunes enfants et de l’amélioration des conditions d’existence de ceux-ci.
Les coûts initiaux d’un programme d’investissement majeur devraient être couverts par une majoration à 19,5 % du taux fédéral d’imposition des sociétés, plutôt que les 15 % prévus pour 2012, ce qui permettrait de recueillir des revenus additionnels de 9 milliards de dollars par année.
Le Canada présente un taux très bas de dette publique, le coût d’emprunt pour le gouvernement fédéral est et demeurera très bas, et de nombreux investissements publics génèrent des taux de rendement très élevés sur le plan de la création immédiate d’emplois, des avantages offerts au public et de la croissance de la productivité du secteur privé. Puisque la reprise économique est compromise actuellement, les politiques publiques doivent marquer un virage très prononcé.

L’état de l’économie et la réponse du mouvement syndical