Affiché le lundi, 5 mai 2008
Introduction
Le présent rapport est destiné à examiner les effets des syndicats sur la rémunération des femmes et sur l’inégalité entre les femmes et les hommes à la lumière de la base de données sur le travail selon le sexe (BDTS). Il est très empirique et a pour but d’illustrer, d’après la BDTS qui est dérivée principalement de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada, l’effet qu’ont les syndicats sur la structure des salaires qui est déterminée dans un premier temps par la répartition (ou plutôt la ségrégation) des femmes et des hommes entre les professions et les secteurs. Nous espérons que le détail saura vous intéresser même si les principales conclusions n’ont rien de nouveau : les femmes du secteur des services privés sont particulièrement susceptibles d’avoir de bas salaires et ne sont guère protégées par des syndicats car le taux de couverture syndicale est le plus élevé chez les hommes du secteur privé et les femmes du secteur public. La cause de l’égalité entre les sexes et du travail décent pour les femmes serait favorisée par la syndicalisation de femmes occupant des emplois précaires de prestation de services privés. À cause de la disponibilité des données et du manque de place, ce rapport n’indique pas séparément l’effet de la syndicalisation sur les femmes de couleur, les femmes autochtones et les femmes ayant un handicap, qui sont toutes démesurément représentées dans les emplois à bas salaire et les emplois précaires. (Au moment de la rédaction de ce rapport, la BDTS ne comprenait pas de données sur les salaires horaires de ces groupes.)
Les deuxième et troisième parties du rapport traitent très brièvement de certains des documents les plus pertinents sur l’inégalité des sexes et le travail précaire que comprend la documentation thématique de la BDTS et d’autres rapports présentés à cette conférence ainsi que des effets des syndicats sur l’inégalité de la rémunération. (Vous trouverez des précisions à ces sujets dans Jackson, 2003 et 2004.) La quatrième partie du rapport comprend des données empiriques détaillées au sujet de l’effet des syndicats sur les salaires et les écarts salariaux. Ces données découlent de la répartition de l’ensemble de la population active entre les secteurs public et privé, entre de grandes catégories d’emplois, et entre les groupes à bas salaires, qui sont à prédominance féminine, et les autres groupes. La cinquième partie présente un bref résumé et une conclusion.
Deuxième partie ─ Inégalité des sexes et emplois précaires
Bien que les travailleurs aient réalisé des progrès considérables pour ce qui est de l’accès à l’égalité des chances et des résultats entre eux, les grandes disparités systémiques sur le marché du travail organisé selon le sexe demeurent nettement intactes. Le degré de ségrégation professionnelle et industrielle entre les hommes et les femmes demeure très élevé. Les hommes ont toujours été relativement concentrés dans les emplois industriels de col bleu ainsi que les emplois de col blanc, c’est-à-dire de gestion et de profession libérale, alors que les femmes étaient relativement concentrées dans les emplois des niveaux inférieurs du travail de bureau et d’administration et les emplois de vente et de services à bas salaire, souvent à temps partiel. Cette division est devenue moins nette avec le temps, à mesure qu’augmentait le nombre des femmes occupant des emplois de professionnels et de gestionnaires. Cependant, les femmes qui ont des emplois rémunérateurs se trouvent encore principalement dans un nombre relativement petit de groupes professionnels, notamment dans les domaines du secteur public élargi que sont la santé, l’éducation et les services sociaux.

L’inégalité des sexes et le travail précaire: examen de l’effet des syndicats d’après la base de données sur le travail