Affiché le mardi, 10 août 2010
Ken Georgetti, président du CTC, demande au Premier ministre Harper de reconnaître que la crise de l’emploi qui se perpétue requiert le maintien des mesures spéciales prises lors du budget de 2009 et qui s’apprêtent à prendre fin.
Les dispositions donnant cinq semaines supplémentaires d’AE à tous les prestataires réguliers jusqu’à un maximum régional de 50 semaines, et un autre prolongement des prestations régulières pour certains soi‑disant travailleurs de longue date prendront fin le 11 septembre.
Bien que le mouvement syndical critique depuis longtemps les principaux écarts dans le Régime d'assurance-emploi du Canada, il ne fait aucun doute qu'il aide des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs sans emploi et plusieurs communautés durement touchées par cette grave crise économique.
Ce n’est surtout pas le temps de diminuer les mesures spéciales. De nombreux travailleurs et travailleuses ont déjà épuisé leurs prestations. Le taux de chômage demeure bien au-delà des niveaux connus avant la récession, soit 7,9 % en juin, et plus de 300 000 travailleuses et travailleurs sont sans emploi depuis six mois ou plus.
Le très honorable Stephen Harper, C.P., député
Premier ministre du Canada
80, rue Wellington
Ottawa, ON
K1A 0A2
Monsieur le Premier ministre,
Au nom des 3,2 millions de membres du Congrès du travail du Canada, je vous incite à continuer, pendant au moins un an, le soutien spécial du revenu d'assurance-emploi et les mesures de formation qui sont des éléments importants de la réponse du gouvernement du Canada à la « grande récession ».
Comme vous le savez, plusieurs mesures spéciales importantes ont pris ou prendront prochainement fin. Celles-ci incluent cinq semaines supplémentaires de prestations d'AE pour tous les prestataires réguliers jusqu'à un maximum régional de 50 semaines et un autre prolongement des prestations régulières pour certains soi-disant travailleurs de longue date. Ces deux mesures prennent fin le 11 septembre. L'accès aux prestations spéciales d'AE pour la formation a pris fin en mai et trois autres projets pilotes importants se termineront plus tard cette année.
Monsieur le Premier ministre, pendant que nous au sein du mouvement syndical critiquons depuis longtemps les principaux écarts du Régime d'assurance-emploi du Canada, il ne fait aucun doute qu'il aide des centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs sans emploi et plusieurs communautés durement touchées par cette sévère crise économique. Le nombre de prestataires d'AE réguliers a atteint son point culminant de 829,000 à la mi-2009, et il était de 667,000 en avril 2010. Tenant pour acquis que plusieurs travailleurs et travailleuses reçoivent périodiquement des prestations entre des périodes d'emploi, même en période de récession, il est probable que plus de 1,5 millions de Canadiens et de Canadiennes auront eu recours au régime à un certain moment en 2010 et 2011. Quelque 17 milliards de dollars seront payés en prestations régulières d'AE pour 2009-2010 et encore en 2010-2011, même si la prestation moyenne payée est bien en-deçà de 400 $ semaine. Un modeste soutien du revenu accordé par l'AE aide les familles de travailleurs à faire face à de graves pertes de revenus involontaires à la suite de mises-à-pied, permet les recherches actives d'emplois et aidé les communautés qui connaissent des taux de chômage élevés à survivre. Des mesures spéciales à l'appui du partage d'emploi sous l'AE, qui couvre près de 200 000 travailleurs, ont aidé à prévenir de nombreuses mises-à-pied et certains chômeurs ont profité de ces mesures spéciales pour recevoir un revenu durant leur période de recyclage.
Même au plus haut point de la récession, seulement un peu plus de la moitié de tous les travailleurs et travailleuses sans emploi avaient droit à des prestations d'AE. Ceux qui avaient le plus de chance de rencontrer les critères d'admission étaient des hommes qui avaient perdu des emplois raisonnablement stables. La plupart des femmes et des jeunes sont passés entre les mailles du filet. Toutefois, il faut dire que l'accès plus facile au régime d'AE, ajouté au prolongement spécial des prestations et aux autres mesures apportées, a fait une différence importante.
Maintenant, ce n'est pas le temps de diminuer les mesures spéciales. Plusieurs travailleurs et travailleuses épuiseront très prochainement leurs prestations, si ce n'est pas déjà fait. Entre avril 2009 et avril 2010, le nombre de prestataires réguliers de l'AE a baissé de 55 000 même si le nombre total des travailleurs et travailleuses sans emploi a en fait augmenté. Plusieurs travailleurs ont cessé de recevoir des prestations dans des communautés qui n'ont toujours pas connu une augmentation importante des emplois.
Tandis que l'économie canadienne a commencé à se remettre de la grande récession en ce qui a trait au niveau du PIB et de la croissance général de l'emploi, le chômage et le sous-emploi demeurent bien au-delà des niveaux connus avant la récession. Le taux national de chômage en juin 2010 était de 7,9 %, bien supérieur au 6,0 % connu deux ans plus tôt en 2008 et le taux d'emploi chez les hommes adultes avait perdu 2,5 points de pourcentage comparativement à deux ans plus tôt. En juin 2010, le nombre total des employés permanents était encore inférieur d'environ 300 000 comparativement à la période avant récession. La mesure la plus vaste du chômage de Statistique Canada, qui inclut les personnes qui quittent la main-d'oeuvre active et les travailleurs à temps partiel involontaires, s'élevait à 10,6 % en juin 2010.
Une grande partie de la récente remontée dans l'emploi se retrouve dans les emplois à salaires inférieurs, à temps partiel et temporaires. Ceci est dû au fait que le salaire horaire moyen, ajusté pour l'inflation, était plus bas en juin 2010 que l'année précédente. En juin 2010, plus de 300 000 travailleurs ― la plupart des hommes adultes ― étaient sans emploi depuis six mois ou plus.
Le Canada connaît toujours une profonde crise de l'emploi qui doit être traitée sérieusement. Comme il a été récemment réitéré par l'OCDE, il existe un danger très réel que les personnes sans emploi pour une longue période perdront de vue le marché du travail et les compétences nécessaires actuellement. De ce fait, ils deviendront des sans emploi de façon permanente. Ceci serait des plus regrettable sur les plans humain et économique puisque très peu de nouveaux travailleurs et travailleuses joindront la main-d'oeuvre active dans un proche avenir lorsque de nombreux membres de la génération du baby-boom prendront leur retraite.
En conclusion, j'incite le gouvernement à poursuivre les mesures spéciales mises en place, y compris le prolongement des prestations, la flexibilité des arrangements du partage d'emplois et l'usage des prestations régulières d'AE pour appuyer le recyclage des sans emploi.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier ministre, mes sentiments les meilleurs.
Le président,
Kenneth V. Georgetti
c.c. : L'hon. Jim Flaherty, ministre des Finances
L'hon. Diane Finley, ministre des Ressources humaines et du
Développement des compétences
Conseil exécutif du CTC
Dirigeant, dirigeantes, adjointe et adjoints du CTC

Le CTC demande au Premier ministre de prolonger les mesures spéciales à l’assurance-emploi