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Le CTC demande à l’OCDE d'effectuer des études justes et impartiales sur les soins de santé

Affiché le jeudi, 23 septembre 2010

Le président du CTC, Ken Georgetti, a adressé un courrier à Angel Gurria, le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), en vue de protester contre les orientations récemment recommandées par l’Organisation concernant le système de soins de santé du Canada. En effet, celle-ci recommande d’augmenter les frais pour les patients et de privatiser davantage la prestation des soins. Or les Canadiennes et Canadiens sont nombreux à soutenir fortement leur système de soins de santé, qui offre un accès universel aux services médicaux et hospitaliers, sans frais pour les patients, au sein d’un système majoritairement assuré par le secteur public.


Le 20 septembre 2010

Angel Gurria
Secrétaire général
OCDE
2, rue André Pascal
75775 Paris Cedex 16
France

Monsieur le secrétaire général,

Je vous écris au nom du Congrès du travail du Canada pour exprimer ma très forte opposition aux recommandations de l’OCDE au sujet des soins de santé au Canada que comprend l’Étude économique du Canada publiée hier dont les grandes lignes ont été reprises au cours de nombreuses entrevues accordées aux médias canadiens par Peter Jarrett, économiste de l’OCDE.

La grande majorité des Canadiennes et Canadiens appuie notre système de santé public qui assure un accès universel et gratuit aux services médicaux et hospitaliers fournis principalement par le secteur public. Des pressions sont faites actuellement par une minorité de droite pour imposer des frais modérateurs ou des franchises sur les services de l’assurance-maladie et accroître le rôle des fournisseurs privés à but lucratif de soins de santé.

Plutôt que d’évaluer équitablement les preuves canadiennes et de respecter la nature du débat sur les politiques au Canada, lequel est fortement empreint de politique, l’OCDE s’est prononcée nettement en faveur de l’imposition de plus de frais aux patientes et patients et d’un accroissement de la privatisation de la prestation des services. Cela discréditera le travail accompli par l’OCDE aux yeux de bien des Canadiennes et Canadiens, y compris les spécialistes en politiques sur la santé.

Pour ce qui est d’imposer des frais modérateurs ou des franchises sur l’accès aux services financés par l’assurance-maladie publique, la Commission royale Romanow a conclu que les droits modérateurs décourageraient l’accès des patientes et patients à faible revenu et finiraient par faire augmenter les coûts du système. Le rapport de l’OCDE indique d’ailleurs (p. 137) que le système canadien est le meilleur de ceux des pays membres de l’OCDE pour ce qui est d’assurer un accès équitable aux services médicaux et hospitaliers. Le rapport indique en outre (figure 3.6) que les coûts de l’assurance-maladie publique n’ont pas augmenté en tant que part du PIB depuis le début des années 1990 et qu’ils cadrent très bien avec les coûts d’autres systèmes nationaux publics de soins de santé. C’est dans la partie privée et non publique de notre système que l’augmentation des coûts a été la plus forte.

Le rapport de l’OCDE appuie une augmentation de la prestation privée des services hospitaliers sans bien tenir compte des preuves canadiennes et internationales selon lesquelles cela priverait le système public de personnel et d’autres ressources et permettrait aux riches de couper la file au détriment des personnes ayant le plus grand besoin de soins. Dans ce cas aussi, les recherches de la Commission Romanow sont négligées dans une grande mesure.

Les Canadiens et les Canadiennes comprennent que l’assurance privée et la prestation privée des soins caractérisent le système de santé américain, qui est le plus dispendieux des systèmes des pays membres de l’OCDE et qui assure l’accès le moins équitable aux services.

Je constate que le rapport de l’OCDE demande l’intégration des médicaments et des soins à domicile à la partie publique du système de santé afin d’accroître l’égalité de l’accès aux services et de réduire les coûts. Il est donc très étonnant que les auteurs du rapport semblent croire que la privatisation des services publics réduira les coûts et ne nuira pas à l’égalité d’accès.

En terminant, je vous incite fermement à ordonner au Département de l’économie de l’OCDE, dont relèvent les études économiques, de retirer ses œillères idéologiques de droite et d’accomplir son travail d’une manière beaucoup plus équilibrée.

Veuillez agréer, Monsieur le secrétaire général, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Le président,

Kenneth V. Georgetti

cc : John Evans, secrétaire général de la CSC
Conseil exécutif du CTC
Andrew Jackson, CTC
Lucien Royer, CTC