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Le Programme pour le travail décent et le Pacte mondial pour l’emploi de l’OIT : Plan populaire pour bâtir l’économie de demain

Affiché le vendredi, 4 juin 2010

bullletinDepuis le début de la crise financière vers la fin de 2008, les pays membres du G20 se sont réunis trois fois.

Le Sommet sur les marchés financiers et l’économie mondiale a été tenu à Washington en novembre 2008 afin d’adopter un Plan d’action pour la mise en œuvre des principes de réforme.

Pendant le Sommet de Londres tenu en avril 2009, les chefs d’État ont indiqué ce qui suit : «...notre plan global pour le recouvrement économique doit installer les besoins et les emplois des familles laborieuses au cœur du projet...C’est pourquoi nous nous sommes engagés aujourd’hui à mettre en œuvre tout ce qui est nécessaire pour restaurer la confiance, la croissance et les emplois » afin de «...construire une approche écologique globale permettant un redressement économique durable ». De plus, ils ont « appelé l’OIT à évaluer, de concert avec les autres organisations appropriées, les mesures déjà prises et celles qu’il faudra prendre » pour amenuiser l’effet de la crise économique sur les marchés financiers.

Le Sommet de Pittsburgh tenu en septembre 2009 a permis d’examiner les engagements pris pendant le Sommet de Londres et l’avancement de la mise en œuvre du Plan d’action. Les chefs d’État se sont entendus pour maintenir les efforts faits afin d’épauler l’activité économique et de faciliter la reprise. De plus, ils ont adopté une stratégie de rétablissement et de réforme désignant le G20 en tant que principale tribune de coopération économique internationale.

Au cours de la prochaine réunion du G20, qui sera la quatrième et qui aura lieu à Toronto, les chefs d’État devraient pousser cette stratégie plus loin en adoptant le Pacte mondial pour l’emploi établi par l’Organisation internationale du Travail (OIT) et en mettant en œuvre les politiques recommandées sur les programmes de stimulation, la création d’emplois et la protection des travailleurs et travailleuses et de leurs familles.

Le Pacte mondial pour l’emploi

En juin 2009, les membres tripartites des 183 pays faisant partie de l’OIT, c’est-à-dire les personnes représentant les gouvernements, les employeurs et les travailleurs et travailleuses, ont adopté une résolution au cours de la 98e session de la Conférence internationale du Travail. Il s’agit d’un texte intitulé Surmonter la crise : un Pacte mondial pour l’emploi.

Le Pacte mondial pour l’emploi est un cadre d’action qui engage les gouvernements et les organisations représentant les travailleurs et travailleuses et les employeurs à riposter collectivement à la crise mondiale de l’emploi en adoptant des politiques tirées de l’Agenda du travail décent. Il incite à la prise, aux paliers national, régional et mondial, de mesures pressantes qui seraient coordonnées à l’échelle mondiale. Le Pacte mondial pour l’emploi pose plus précisément un ensemble d’options en matière de politiques convenu internationalement et destiné à réduire le décalage entre la reprise économique et le rétablissement de l’emploi, qui peut être de 5 à 6 ans.

Le Pacte mondial pour l’emploi reconnaît que, pour régler la crise, il faut favoriser l’adoption de stratégies de croissance équilibrées, une mondialisation plus équitable et plus durable et l’établissement de nouvelles structures de gouvernance mondiales.

L’Agenda du travail décent

Le travail décent a été défini par l’OIT et appuyé par la communauté internationale en tant que travail productif des femmes et des hommes accompli dans des conditions de liberté, d’équité, de sécurité et de dignité humaine. L’Agenda du travail décent est un programme équilibré et intégré destiné à permettre d’atteindre les objectifs d’instaurer le plein emploi et d’assurer à tous un travail productif et décent, aux échelles mondiale, régionale, nationale, sectorielle et locale.

Le travail décent résume les aspirations des êtres humains au travail : leurs aspirations à accéder aux possibilités d’emploi et de rémunération, à jouir de droits, de moyens d‘expression et de reconnaissance et à bénéficier d’une stabilité familiale et d‘un développement personnel, de justice et d’égalité entre les sexes et les races. Ces aspirations doivent être traitées par le G8 et favorisées par les mesures d’aide, de développement et d’investissement. Ces diverses dimensions du travail décent sont les fondements de la paix dans les communautés et la société.

Le travail décent peut s’appréhender à travers quatre objectifs stratégiques : les principes et droits fondamentaux au travail et les normes internationales du travail; les possibilités d’emploi et de rémunération; la protection et la sécurité sociales; le dialogue social et le tripartisme. Ces objectifs valent pour tous, hommes et femmes, dans l’économie formelle ou non, qu’ils occupent un emploi salarié ou travaillent à leur compte, dans les champs, les usines ou les bureaux, à domicile ou à l’extérieur. Ils englobent des notions telles que l’accès universel à la prévention, au traitement et aux soins relatifs à des maladies telles que le VIH-sida.

L’Agenda du travail décent préconise une répartition mieux équilibrée de la richesse à l’intérieur d’un pays, grâce à des mesures telles que l’amélioration de la représentation des travailleurs et travailleuses, la négociation collective et le tripartisme (gouvernements, employeurs et travailleurs).

De plus, il incite à une répartition mieux équilibrée de la richesse entre les pays et il exige que les intervenants nationaux et internationaux s’engagent à atteindre l’objectif de créer des emplois de qualité dans le monde entier et à poursuivre des solutions de coopération. La mise en œuvre de politiques sur le travail décent dans tous les pays aiderait à rééquilibrer le coût de la main-d’œuvre entre les pays et favoriserait un meilleur respect des droits et de meilleures conditions de travail pour tous les travailleurs et les travailleuses, et particulièrement ceux qui se trouvent au bas de l’échelle des revenus, tels que les jeunes travailleurs et travailleuses, les travailleurs et les travailleuses migrants et les femmes.

Les prochaines réunions du G8 et du G20 devraient être axées sur la création d’emplois décents pour tous afin de mettre un terme à la crise mondiale de l’emploi. Le travail décent doit jouer un rôle crucial dans les efforts de réduction de la pauvreté et de promotion de la santé et il peut aider à instaurer un développement équitable, inclusif et durable.

Le Canada et le Pacte mondial pour l’emploi

Les principaux volets du Pacte mondial pour l’emploi pour le règlement de la crise sont les programmes publics de stimulation économique, la création d’emplois et la protection des travailleurs et travailleuses.

En tant que membre de l’OIT, le Canada s’est engagé à mettre en œuvre le Pacte mondial pour l’emploi. Toutefois, il a lancé, dans le discours du Trône de mars 2010, un appel à l’adoption d’une approche coordonnée à l’échelle mondiale à l’égard de l’élimination des programmes de stimulation économique établis en réponse à la crise. Dans son budget de mars 2010, le gouvernement fédéral a confirmé que son programme de stimulation se terminera à la fin de l’année financière courante.

Le gouvernement fédéral a en outre annoncé qu’il ne prolongera pas les mesures adoptées pour aider les travailleurs et les travailleuses et leurs familles frappés par la crise de l’emploi. La prolongation temporaire des prestations d’assurance-emploi pour tous les Canadiens et les personnes ayant de longs états de service – qui est une des mesures prévues par le Pacte mondial pour l’emploi – commencera à expirer en juin 2010.

En outre, bien que le budget fédéral le plus récent soit censé aider à la création d’emplois, les mesures qu’il prévoit pour équilibrer le budget en cinq ans la défavorisent. Le gel des budgets et l’examen des programmes fédéraux réduiront la taille de l’appareil gouvernemental et le nombre des emplois au Canada.

Le Canada doit, de concert avec ses partenaires du G8 et du G20 :

  • Maintenir la stimulation économique jusqu’à ce qu’un niveau de croissance suffisant ait été atteint et que le rétablissement de l’emploi s’entretienne de lui-même
  • Accroître les mesures de protection sociale, notamment en faisant augmenter le niveau et la durée des prestations de chômage et en aidant les jeunes travailleuses et travailleurs
  • Reconnaître le besoin d’une transition équitable vers une économie à faible production de carbone et créer des projets permettant de voir à ce que la réduction des changements climatiques crée un maximum d’emplois
  • Permettre aux femmes et aux hommes d’acquérir des compétences et d’occuper des emplois de qualité en donnant une formation professionnelle et en mettant l’accent sur l’acquisition des compétences nécessaires aux emplois « verts »
  • Favoriser l’accès universel à la prévention, au traitement et aux soins dans l’optique de la santé et du bien-être publics
  • Voir à ce que les gouvernements et les institutions internationales alignent leurs politiques sur les normes de l’OIT et le Pacte mondial pour l’emploi de l’OIT
  • Donner voix au chapitre aux syndicats en créant un groupe de travail tripartite chargé de surveiller la mise en œuvre des mesures nationales en matière d’emploi.