Affiché le jeudi, 13 mai 2010
Les syndicats libres du Mexique continuent de subir les actions musclées du gouvernement, ce qui prouve que l'accord additionnel sur le travail conclu dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) n’a pas réussi à relever les normes du travail dans ce pays.
À son retour du Mexique au début de mai, où il a rencontré l’ambassadeur du Canada au Mexique pour parler de l’ingérence dans la démocratie interne du Syndicat national des mineurs et des métallurgistes, Los Mineros, le président du CTC, Ken Georgetti a affirmé que « l’indifférence flagrante du gouvernement du Mexique à l’égard du bien-être de ses citoyens et citoyennes viole l’esprit de l’ALENA et ridiculise l’Accord nord-américain de coopération dans le domaine du travail ».
Le gouvernement du Mexique a lancé une campagne visant à renverser la direction démocratiquement élue de Los Mineros, qui a donné lieu à l’emprisonnement de dirigeants syndicaux sans accusation et à des accusations de fraude douteuses contre le secrétaire général du syndicat, Napoleon Gomez. M. Gomez vit au Canada depuis qu’il a fui le Mexique en 2006 parce qu’il craignait pour sa sécurité et celle de sa famille. Le gouvernement l’a démis de son poste de dirigeant de Los Mineros lorsqu’il a demandé une enquête dans l’explosion à la mine de Pasta de Conchos, qui a causé la mort de 65 mineurs en février 2006. Les corps des victimes n’ont jamais été retrouvés.
En juillet 2007, le syndicat a déclenché une grève à la mine de cuivre de Cananea, dans le nord du Mexique, contre l’entreprise minière Grupo México. Cette longue et difficile grève se poursuit, presque trois ans plus tard. Georgetti a visité les grévistes à Cananea et a constaté que la cupidité de l’entreprise ne connaît pas de frontières. Le PDG de Grupo México, German Larrea Mota Velasco, occupe le 72e rang de la liste Forbes des milliardaires du monde.
« Le mouvement syndical du Canada appuie Los Mineros et leur lutte pour protéger leur syndicat démocratique contre l’ingérence du gouvernement », a affirmé Georgetti à la fin de sa visite de solidarité à Cananea.

Les syndicalistes mexicains victimes des actions musclées du gouvernement et de la cupidité des entreprises