Bulletin de surveillance
de la récession
2e édition ― Été 2009
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Voici le deuxième d’une série de rapports analytiques du Service des politiques sociales et économiques du Congrès du travail du Canada sur les répercussions de la crise économique mondiale sur les emplois, les salaires et la sécurité économique des travailleuses et des travailleurs canadiens. |
Ce rapport porte principalement sur le taux de chômage à la hausse et démontre que – lorsqu’on considère la « hausse cachée » du chômage – nous atteignons déjà des taux à deux chiffres.
Le chômage à la hausse est entièrement motivé par les importantes pertes d’emplois qui touchent presque toutes les communautés au Canada. Depuis octobre 2008, nous avons perdu plus de 400 000 emplois à temps plein et la grande majorité sont des mises à pied permanentes.
Les récessions n’entraînent pas seulement des taux de chômage plus élevés, mais crée une tendance vers des emplois plus précaires et moins bien rémunérés. Toutefois, dans les premiers temps, il y a eu une tendance marquée et involontaire vers le travail à temps partiel.
Notre régime d’assurance-emploi (AE) continue de laisser la majorité des travailleuses et des travailleurs sans emploi et qui sont sans aide, particulièrement dans les endroits où la récession a commencé avec des taux de chômage relativement bas.
Chômage :
Les pertes d’emplois se multiplient et le chômage monte en flèche
L’économie est tombée dans une récession durant le dernier trimestre de 2008. Les répercussions sur le marché du travail ont commencé à être ressenties presque immédiatement, particulièrement à compter d’octobre 2008.
Le taux de chômage national a atteint son plus bas point à 5,8 % en juin 2008 pour ensuite augmenter graduellement à 6,3 % en octobre 2008. Depuis ce temps, il a connu une hausse marquée pour atteindre 8,4 % en mai 2009, le dernier mois pour lequel nous avions les données au moment de la rédaction. Plusieurs économistes s’attendent maintenant à ce que le taux de chômage dépasse les 10 % d’ici la fin de 2009 ou le début de 2010. Entre octobre 2008 et mai 2009 :
Le taux de chômage national a augmenté de 2,1 points de pourcentage, passant de 6,3 % à 8,4 %.
Le nombre de travailleuses et de travailleurs sans emploi (données désaisonnalisées) a augmenté de près de 400 000 pour atteindre 1,5 million.
Le taux de chômage a augmenté plus rapidement chez les hommes (de 6,8 % à 9,7 %) que chez les femmes (5,7 % à 7,0 %). Ceci reflète une perte relativement plus importante dans les secteurs manufacturiers et de la construction où il y a beaucoup plus d’hommes.
L’augmentation dans le taux de chômage a été la plus grande chez les jeunes travailleurs et travailleuses (de 12,2 % à 14,9 %), reflétant le fait que les personnes nouvellement embauchées sont les premières à être mises à pied et que la création de nouveaux postes est essentiellement à un point mort.
La proportion des sans emploi qui n’ont pas de travail depuis plus de trois mois (14 semaines) est passée de 27,8 % en mai 2008 à 35,5 % en mai 2009, et la proportion des sans emploi qui sont sans travail depuis plus de six mois (27 semaines ou plus), est passée de 12,8 % à 14,1 % au cours de la même période. Comme il est décrit dans l’article plus détaillé ci-bas, le fait que de plus en plus de sans emploi sont sans travail pour des périodes plus longues, soulève la possibilité que de plus en plus de demandeurs réguliers de l’AE épuiseront leurs prestations avant de trouver un emploi. Malheureusement, ni RHDCC ni Statistique Canada n’a publié des données courantes sur les prestataires ayant épuisé leurs prestations, contrairement au ministère du travail américain qui fournit mensuellement ces données.
La hausse du taux de chômage est entièrement justifiée par les pertes d’emplois, et non pas par une augmentation de la participation au marché du travail.
Entre octobre 2008 et mai 2009, nous avons perdu 406 000 emplois à temps plein, ou un peu moins de 3 % de tous les emplois à temps plein durant une période d’un peu plus de sept mois. Ceci a été légèrement compensé par une petite hausse des emplois à temps partiel.
Le chômage aurait augmenté encore plus rapidement en raison des pertes d’emplois si certains travailleurs et travailleuses n’avaient pas quitté la main-d’oeuvre active. Le taux de participation à la main-d’oeuvre active (la proportion de la population en âge de travailler qui travaille ou recherche activement un emploi), a chuté de 67,8 % à 67,5 % et le déclin était beaucoup plus marqué pour les jeunes gens.
Tandis que le nombre des emplois à temps plein a baissé, le nombre des emplois à temps partiel a augmenté de 44 000 au cours de cette période et la proportion de tous les travailleurs et travailleuses dans des emplois à temps partiel a augmenté de 18,6 % à 19,2 %. Il est probable que certains travailleurs, particulièrement les jeunes, soient passés d’emplois à temps plein à des emplois à temps partiel (moins de 30 heures semaine) en raison d’une réduction des heures, tandis que les nouvellement embauchés sont probablement concentrés dans les emplois à temps partiel.
Le « véritable » taux de chômage monte en flèche pour atteindre un niveau dépassant les deux chiffres
Statistique Canada publie des taux de chômage supplémentaires qui tiennent compte du fait que le taux de chômage indiqué dans les journaux nationaux n’inclut pas :
Les travailleuses et les travailleurs découragés―les sans emploi qui ont cessé de chercher activement un emploi parce qu’ils croient qu’il n’y a pas d’emplois disponibles.
Le groupe en attente ―les sans emploi qui ne cherchent pas activement parce qu’ils s’attendent à retourner dans leur poste prochainement.
Les travailleuses et les travailleurs à temps partiel, par obligation―Les gens qui travaillent à temps partiel mais qui désirent un emploi à temps plein. Le taux supplémentaire compte les heures que les gens désirent travailler, mais n’y arrivaient pas.
La mesure la plus large du chômage (R8) qui inclut tous ces groupes, a augmenté passant de 8,9 % en mai 2008 à 11,7 % en mai 2009. (Ces données ne sont pas désaisonnalisées).
Les pertes d’emplois liées principalement aux mises à pied permanentes
L’Enquête sur la population active démontre qu’en mai 2009, 1 290 000 personnes étaient en chômage ou ne travaillant pas depuis qu’elles avaient quitté leur emploi précédent en raison d’une perte d’emploi. De ce nombre, seulement 112 000 étaient mis à pied temporairement. Les autres, de façon permanente.
Plusieurs travailleurs et travailleuses sans emploi sont laissés à eux-même
Le tableau 2 démontre que seulement 48 % des travailleurs et travailleuses sans emploi recevaient des prestations régulières d’AE en avril 2009 – et que seulement 37 % recevaient des prestations en Ontario et seulement 38 % en Alberta. Le soi-disant rapport prestataires/chômeurs ou ratio P/C a augmenté un peu depuis janvier parce qu’un plus grand nombre de travailleurs et travailleuses qui occupaient des postes stables ont été mis à pied... mais moins de la moitié de tous les chômeurs et chômeuses reçoivent présentement des prestations. Certains avaient originalement répondu aux critères d’admissibilité, mais ils ont ensuite épuisé leur période de prestation. Toutefois, plusieurs travailleurs à temps partiel, temporaires et à contrat (particulièrement les femmes et les jeunes) n’ont simplement pas accumulé suffisamment d’heures de travail pour avoir droit aux prestations. En mars, 60 % des chômeurs, mais seulement 48 % des chômeuses, recevaient des prestations.
Les régions de l’AE qui, au début de la récession avaient des bas taux de chômage, ont des taux de prestations reçues peu élevés puisque le nombre d’heures donnant droit à l’AE est aussi élevé que 700 heures et les prestations dans les régions à bas taux de chômage peuvent être épuisées en aussi peu que 19 semaines. Le tableau 2 en annexe démontre le nombre de prestataires d’AE en pourcentage des travailleurs et travailleuses sans emploi par région. Les points bas sont de moins de un sur trois à Regina et Saskatoon. Les prestations hebdomadaires régulières d’AE se chiffraient en moyenne qu’à 348 $ en décembre, bien en deçà du maximum de 447 $. Le maximum se chiffrait à 600 $ par semaine durant la dernière récession.
Une tendance vers des emplois moins stables
Tel que noté, le taux du temps partiel (la proportion des personnes travaillant à temps partiel) a augmenté. Bien que nous n’ayons pas les données désaisonnalisées pour cet indicateur, il y a des signes que certaines personnes qui désirent un emploi à temps plein sont poussées à prendre un emploi à temps partiel. Comparativement à la dernière année (mai 2009 comparativement à mai 2008), la proportion des travailleurs à temps partiel qui travaillent des heures partielles en raison des conditions de l'entreprise (contrairement à une préférence pour le travail à temps partiel) a augmenté de 23,3 % à 27,7 % ou plus d’une personne sur quatre. Pour les femmes – qui comptent pour une grande majorité des personnes travaillant à temps partiel – la proportion de gens travaillant à temps partiel par obligation, a augmenté de 22,9 % à 26,0 %.
Tel que démontré dans le tableau 1, malgré les importantes pertes d’emplois, le nombre de travailleuses et de travailleurs autonomes a augmenté légèrement, entraînant une hausse minime de la proportion générale de travailleurs autonomes. Dans la catégorie générale des travailleurs autonomes, il y a aussi une tendance vers le travail autonome moins stable et mal rémunéré – ceux qui ne sont pas incorporés et n’ont pas d’employés.
Les salaires sont-ils à la baisse?
Il y a des signes troublants à l’effet que les pertes d’emplois bien rémunérés en raison du taux de chômage à la hausse et les réductions de salaires dans les emplois existants, telles que celles imposées aux travailleurs de l’automobile syndiqués, font en sorte que les salaires sont en baisse.
Entre mars 2008 et mars 2009, le salaire hebdomadaire moyen (incluant le temps supplémentaire) a augmenté que de 2,4 %, bien en deçà des augmentations en 2008. Le salaire hebdomadaire moyen a baissé de 2,8 % dans le secteur manufacturier durement touché. Les augmentations de salaire des travailleurs, tant syndiqués que non syndiqués, ont ralenti de façon significative depuis 2008. Selon la plupart des économistes, les réductions de salaires, ajoutés aux pertes d’emplois ont aggravé le ralentissement économique.
Les travailleuses et les travailleurs du secteur public sont également touchés
Plusieurs personnes croient faussement que les emplois du secteur public sont à l’épreuve de la récession. Bien que le secteur privé ait réduit ses effectifs plus sévèrement que le secteur public en terme d’emplois, 44 000 emplois dans le secteur public ou 1.3 % de la feuille de paie totale du secteur public ont été éliminés entre octobre 2008 et octobre 2009, y compris 19 500 emplois directs gouvernementaux dans l’administration publique et 24 000 emplois du secteur public (principalement, mais non exclusivement) dans les services éducatifs. (Voir tableau 3) Il est évident que ce ne sont pas uniquement les employeurs du secteur privé qui réduisent le nombre d’emplois durant cette récession et les réductions d’emplois au sein du gouvernement qui aggravent le ralentissement économique. Deux provinces, la Colombie- Britannique et le Nouveau-Brunswick, ont imposé des gels de salaires dans le secteur public.
La crise des emplois manufacturiers s’intensifie et se propage dans le secteur de la construction
Tel que démontré dans le tableau 3, les plus grandes pertes d’emplois par industrie entre octobre 2008 et mai 2009 étaient dans les secteurs manufacturiers et de la construction. Le secteur manufacturier a perdu un autre 186 000 emplois, totalisant près de 500 000 depuis 2002. La construction a pour sa part perdu 186 000 emplois ou 9,4 % depuis octobre et les industries forestière, de la pêche, minière et pétrolière et gazière combinées a baissé de 7 % au cours de cette courte période.
Toutes les provinces sont sévèrement touchées
Le tableau 4 résume les principales données sur le marché du travail par provinces durant la période d’octobre 2008 à mai 2009. Presque la totalité des endroits au Canada ont été touchés par la crise des emplois.
Le taux de chômage a augmenté partout sauf au Nouveau-Brunswick (et là il a baissé à cause de la chute du taux de participation), et le taux d’emploi (la proportion de la main-d’oeuvre ayant des emplois) a chuté dans toutes les provinces – incluant la Saskatchewan et le Manitoba qui ont les plus bas taux de chômage au pays.
Le taux de chômage a augmenté le plus en Ontario (jusqu’à 2,7 points de pourcentage) pour atteindre 9,4 %, de même que les deux provinces qui avaient antérieurement les taux de chômage les plus bas, l’Alberta (une augmentation jusqu’à 2,9 points de pourcentage pour atteindre 6,6 %) et la Colombie Britannique, (jusqu’à 2,4 points de pourcentage pour atteindre 7,6 %).
Le tableau 1 en annexe démontre la hausse du taux de chômage pour les régions économiques à travers le Canada (selon une moyenne chevauchante de trois mois). Une seule région a échappé à une hausse du chômage.
Combien de chômeuses et de chômeurs canadiens épuiseront leurs prestations d'AE?
Il existait un problème avant la récession en ce qui a trait aux prestataires qui épuisaient leurs prestations avant de trouver un emploi et les choses s'empireront.
En 2006-07, avant la récession, le taux de chômage national moyen était d'un peu plus de 6 %. Malgré cela, il y avait 1,3 million de nouvelles demandes régulières d'AE chaque année, reflétant le fait que plusieurs travailleuses et travailleurs canadiens connaissaient des périodes de chômage, sans l'avoir causé, même dans des périodes relativement bonnes. Pour obtenir des prestations d'AE, un travailleur ou une travailleuse doit avoir été involontairement mis à pied de son emploi précédent, rechercher activement un nouvel emploi et avoir accumulé le nombre d'heures nécessaires pour qualifier dans la région où il ou elle habite.
Le prestataire moyen régulier d'AE avait droit à 31 semaines de prestations en 2006-07, la plus récente année pour laquelle DRHCC (Ressources humaines et Développement des compétences Canada) fournit les données. Toutefois, la demande moyenne était que pour 18,7 semaines, parce que la plupart des travailleuses et des travailleurs sans emploi avaient réussi à trouver un nouvel emploi avant d'épuiser leurs prestations.
Cependant, même avant la récession, plus d’un prestataire sur quatre (27.9 %) épuisait ses prestations (29.9 % des femmes et 26.5 % des hommes). Basé sur un total de 1,3 million de nouveaux prestataires en 2006-07, approximativement 350 000 demandes ont pris fin au cours de l’année. Plus d’un travailleur plus âgé sur trois (34.3 %) qui recevait de l’AE a épuisé ses prestation. (Calcul fait à partir des données de RHDCC, Rapport de contrôle et d’évaluation – Régime d’assurance-emploi, 2008 : 74-75.)
Ni Statistique Canada ni RHDCC n’a publié des données courantes sur la période moyenne d’admissibilité aux prestations d’AE pour les nouveaux prestataires, ou sur le nombre de prestataires qui ont épuisé leurs prestations durant un mois particulier. Ce manque d’information fait en sorte qu’il est difficile d’évaluer comment le régime fait face à la crise économique.
Présentement, les prestataires ont droit à des prestations de 19 à 50 semaines, selon le nombre d’heures travaillées durant la période d’admissibilité de 52 semaines et le taux de chômage régional. Ces diverses périodes d’admissibilité inclut la période de cinq semaines qui a été temporairement ajoutée au régime par le dernier budget, dans toutes les régions.
Dans une région « moyenne » ayant un taux de chômage de 8 % – identique au taux national moyen – l’admissibilité va de 23 à 47 semaines, selon le nombre d’heures travaillées durant l’année précédente, avec plus de 1 820 heures ou essentiellement un registre d’emploi à temps plein et un emploi permanent est nécessaire pour obtenir le maximum de 47 semaines de prestations. Le maximum actuel de 50 semaines dans tout le Canada s’applique seulement dans les régions dont le taux de chômage dépasse 12 %.
On peut estimer qu’aujourd’hui, un nouveau demandant d’AE aura droit, en moyenne, à environ 38 semaines de prestations. Ceci représente la moyenne de 31 semaines pour 2006-07, en plus des cinq semaines additionnelles ajoutées par le dernier budget, plus deux semaines générées par une augmentation moyenne de deux points de pourcentage du taux de chômage national. (À l’échelle nationale, le taux de chômage est passé de 6 % à 8 %, bien que l’augmentation actuelle varie entre les régions. Le taux de chômage a augmenté le plus rapidement en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta.)
La principale question qui doit être posée est : combien de prestataires épuiseront probablement leurs prestations dans les semaines et mois à venir?
En février 2009, le nombre de nouveaux prestataires de l’AE avait augmenté de 53 % comparativement à l’année précédente. Si cette tendance continue, nous pouvons nous attendre à ce que le nombre total des nouveaux prestataires pour 2009 atteigne approximativement 1,7 millions. Si le taux d’épuisement des prestations se maintient au niveau de 2006-07, nous pourrions éventuellement voir quelques 475 000 prestations épuisées à la fin 2009 et début 2010.
Il reste à voir si le taux d’épuisement demeurera au même point qu’il était avant la récession. D’une part, tel que noté, un taux de chômage plus élevé entraîne automatiquement des périodes d’admissibilité plus longues et cinq semaines ont été ajoutées temporairement pour une période de deux ans. D’autre part, ceux qui reçoivent des prestations auront beaucoup de difficultés qu’en 2006-2007 à trouver un nouvel emploi avant que leur période d’admissibilité prenne fin.
En 2008, avant la récession, la durée moyenne d’une période de chômage avait chuté à un taux inférieur historique de 16,3 semaines pour les travailleurs âgés de 25 ans et plus (17,5 semaines pour les hommes et 14,8 semaines pour les femmes), mais la période était beaucoup plus longue, 19,7 semaines, pour les travailleurs âgés de 55 ans et plus. (Données tirées de la Revue chronologique de la population active avec un code maximal de 99 semaines de chômage.)
Les récessions antérieures ont vu une augmentation importante dans la durée moyenne d’une période de chômage. Au cours de la dernière récession, la durée moyenne de chômage chez les adultes âgés de 25 ans et plus a augmenté d’un point bas de 19 semaines en 1990 à 21,4 semaines en 1991, à 25,3 semaines en 1992, à des points culminants de 28,1 semaines en 1993 et 28,8 semaines en 1994, avant de descendre à nouveau. Généralement, la durée du chômage augmente lentement mais constamment au début de la récession et atteint le point le plus élevé longtemps après le début de la relance. La raison est partiellement que l’embauche de nouveau personnel s’effectue seulement lorsque la production reprend son rythme normal. Aussi, plus longtemps une personne est en chômage, plus il est difficile pour elle de trouver un emploi dans un marché du travail changeant qui exige les compétences du jour.
En raison de la crise de l’emploi dans le secteur manufacturier qui a précédé la récession, il y a déjà un nombre important de travailleuses et de travailleurs en chômage à risque de perdre leurs prestations dans un avenir proche. En avril 2009, il y avait 210 500 chômeuses et chômeurs qui étaient sans emploi depuis 27 semaines ou plus (117 600 hommes et 92 900 femmes). (Données non désaisonnalisées de Statistique Canada, tableau CANSIM 282-0047.) Il est impossible de dire combien de ces nouveaux travailleurs et travailleuses sont présentement des prestataires d’AE, mais la grande majorité (90 %) sont âgés de 25 ans et plus, et conséquemment beaucoup plus appelés à être admissibles pour l’AE que les jeunes travailleuses et travailleurs. Tel que noté ci-haut, un sur sept de tous les sans emploi est maintenant sans travail depuis plus de six mois.
Il y a un nombre important de travailleuses et de travailleurs à risque de perdre leurs prestations dans un futur proche et leur nombre augmentera probablement très rapidement dans les mois à venir si l’admissibilité n’est pas prolongée.
AJ: lc:sepb225: 30 juin 2009
V:\\2\03\20302\04\R01\Issue02
Congrès du travail du Canada
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